Sir Alex Ferguson est de bonne humeur lorsqu'il apparaît à la porte de son bureau du centre technique de Cardington. Habillé d'un short et d'un t-shirt portant l'écusson de Manchester United, il ressemble à un garçon d'à peine... 65 ans. Impression que la journée printanière renforce. La trêve pour les équipes nationales lui a donné le temps de respirer un peu. Une bouffée d'air comme celle à laquelle il a eu droit le 13 mars dernier à l'occasion du match de gala disputé dans le cadre du 50e anniversaire du Traité de Rome mettant aux prises Manchester United et le Europe 11.
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Sir Alex Ferguson est de bonne humeur lorsqu'il apparaît à la porte de son bureau du centre technique de Cardington. Habillé d'un short et d'un t-shirt portant l'écusson de Manchester United, il ressemble à un garçon d'à peine... 65 ans. Impression que la journée printanière renforce. La trêve pour les équipes nationales lui a donné le temps de respirer un peu. Une bouffée d'air comme celle à laquelle il a eu droit le 13 mars dernier à l'occasion du match de gala disputé dans le cadre du 50e anniversaire du Traité de Rome mettant aux prises Manchester United et le Europe 11. " C'était fantastique de voir à l'£uvre tant d'étoiles du foot rassemblées pour une grande cause. Manchester United, l'Unicef et l'Uefa se sont réunis pour lutter contre la pauvreté, la drogue et l'exploitation des enfants, de graves fléaux qui contaminent le monde. C'était un match très spécial : sans obligation de résultats et donc absence de pression, les champions s'amusent ". Vous voulez dire Paul Newman avec un cigare ? ( il sourit) Il était déjà ici à Noël. Je l'ai invité à la fête de Manchester et nous avons passé de superbes moments ensemble. Il m'a d'ailleurs avoué qu'il aimerait de nouveau entraîner un club. Pourquoi pas ? On ne peut jamais dire jamais même si pour le moment je ne vois pas encore lequel. Non. Marcello peut regarder ailleurs. Rien à faire au moins pour encore deux ans. Ceci dit, tout président qui veut s'attacher les services d'un entraîneur de grand niveau doit placer Marcello en tête de sa liste. J'avais décidé de mettre un terme à ma carrière en 2002 et je l'ai regretté. Le fait d'avoir changé d'idée m'a rechargé, la pension peut attendre. Marcello est devenu un ami. Son anglais est assez réduit tout comme mon italien d'ailleurs mais nous nous entretenons en français. Je prends des leçons toutes les semaines et je passe toutes mes vacances d'été en France. Et puis, j'aime bien étudier. Non, lorsque Marcello a fait entrer Daniele De Rossi à la place de Francesco Totti, je me suis dit qu'il avait passé la camisole de force à la France. J'étais sûr que la décision tomberait aux tirs au but. Pensez donc : j'avais parié l'Italie victorieuse aux tirs au but à du 12 contre 1. Nous avons réussi un excellent départ mais, contrairement aux deux années précédentes, nous sommes parvenus à conserver notre rythme. Voilà pourquoi nous avons renversé les données du problème et que, cette fois, c'est Chelsea qui est engagé dans une course poursuite. Et il ne sera pas facile de nous rattraper. Avant tout, la préparation. Traditionnellement, nous pointions tout sur la seconde partie de la saison Il est en train de réaliser des choses qui obligent même ses plus farouches détracteurs à l'applaudir. Le bon côté des Anglais est qu'ils sont incapables de ne pas applaudir un champion. Cristiano a un talent fou, il réussit des numéros géniaux et en plus il a du courage à revendre. Bref, il a tout d'un grand. C'était déjà arrivé à David Beckham après Angleterre-Argentine en 1998. J'ai alors expliqué à Cristiano qu'il ne devait pas s'inquiéter, que tout se limiterait à des coups de sifflet et à des bou-ouh-ouh. Heureusement, il m'a fait confiance et il a obligé tout le monde à se taire. En effet, ses détracteurs ont compris que plus on le siffle, plus il se déchaîne. Les supporters de Fulham vous le confirmeront. Impossible d'éliminer un de ces objectifs mais un club comme Manchester doit gagner plus en Europe : deux Ligues des Champions, c'est insuffisant surtout quand on regarde le palmarès du Real, Milan, Liverpool et Bayern. Avec Ronaldo, Wayne Rooney, Ryan Giggs, Paul Scholes et Jamie Carrick, nous avons une équipe capable de remonter sur le trône européen. Effectivement, j'étais d'avis qu'il fallait tenir la formation française à l'£il, qu'elle avait tout pour créer la surprise mais l'AS Rome dispose de grands joueurs comme De Rossi et Mancini. Et même après sa défaite au Camp Nou face à Liverpool, je pensais que le Barça était en mesure de renverser la vapeur à Anfield Road... Pour moi, c'était le grand favori, toutes les autres formations se trouvant sur un pied d'égalité. Le recours aux techniques vidéo. Mon plus jeune neveu a déjà son ordinateur alors que la FIFA reste ancrée à de vieux dogmes. Après l'intervention du quatrième arbitre à l'occasion de l'incident qui a opposé Zinédine Zidane à Marco Materazzi au Mondial, j'avais espéré qu'une porte se serait ouverte. Qu'on allait pouvoir utiliser la vidéo sur le terrain pour les phases litigieuses ayant une incidence directe sur le déroulement de la rencontre. Mais je crains que cela n'arrivera que quand j'aurai pris ma pension. par giancarlo galavotti (esm) - photo: reuters