A 33 ans, Marco Casto n'a pas encore quitté les pelouses du Royaume. Après avoir fait du football son métier, il en fait désormais son loisir puisqu'il continue à être animé de la passion de la victoire en Promotion, dans un petit club du Namurois, à Aische. Deux ans après avoir quitté la D1 et Mons où il était sur une voie de garage pour relever le défi de l'UR Namur, le voilà dans un nouveau club. Son coach n'est autre que son ancien coéquipier, Roch Gérard. " Cela s'est mal terminé sur la fin à Namur avec Jean-Claude Olio alors que je comptais y terminer ma carrière. Je me suis senti un peu saboté. A Aische, cela se passe super bien. Il y a un climat familial et Roch fait du bon boulot. Il est passé de 1re Provinciale en Promotion. Ce n'est pas mal pour un jeune entraîneur. Il sait élever la voix quand il le faut et a retiré beaucoup des entraîneurs qu'il a côtoyés. Il a la psychologie de Robert Waseige et la fermeté d'un Georges Leekens. De plus, il est très fort tactiquement. Déjà, lorsqu'il était joueur, on sentait que cela lui plaisait ".
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A 33 ans, Marco Casto n'a pas encore quitté les pelouses du Royaume. Après avoir fait du football son métier, il en fait désormais son loisir puisqu'il continue à être animé de la passion de la victoire en Promotion, dans un petit club du Namurois, à Aische. Deux ans après avoir quitté la D1 et Mons où il était sur une voie de garage pour relever le défi de l'UR Namur, le voilà dans un nouveau club. Son coach n'est autre que son ancien coéquipier, Roch Gérard. " Cela s'est mal terminé sur la fin à Namur avec Jean-Claude Olio alors que je comptais y terminer ma carrière. Je me suis senti un peu saboté. A Aische, cela se passe super bien. Il y a un climat familial et Roch fait du bon boulot. Il est passé de 1re Provinciale en Promotion. Ce n'est pas mal pour un jeune entraîneur. Il sait élever la voix quand il le faut et a retiré beaucoup des entraîneurs qu'il a côtoyés. Il a la psychologie de Robert Waseige et la fermeté d'un Georges Leekens. De plus, il est très fort tactiquement. Déjà, lorsqu'il était joueur, on sentait que cela lui plaisait ". S'il est encore joueur, Casto entraîne déjà les Espoirs à Aische et les Diablotins de Seneffe dans l'espoir, d'un jour, tenir les rênes d'une équipe Première : " Les gamins sont différents des vieux roublards mais cela me plairait. La formation est une autre alternative ". A l'occasion du derby hennuyer entre Charleroi et Mons, il s'est replongé dans ses souvenirs en se rendant au stade du Pays de Charleroi. Si Charleroi s'est imposé par le plus petit écart suite à un bon travail de Brice Jovial et à l'opportunisme de Joseph Akpala (la paire d'attaque préférée par Jacky Mathijssen au duo Orlando-Jérémy Perbet), Casto a été davantage charmé par le jeu montois : " Charleroi a eu beaucoup de déchets techniques. Par contre, quand les Zèbres décident de jouer davantage dans la profondeur, c'est tout de suite plus dangereux. L'entrejeu carolo est passé à travers. Je n'ai vu ni Grégory Christ, ni Tim Smolders. Christ aurait dû apporter plus par ses dribbles et ses crochets. Il n'avait pas de marquage mais on le voyait rarement aider ses équipiers. Je doute que l'entraîneur lui ait demandé de ne pas aller vers l'avant. Seul Fabien Camus a tenté de faire bouger les choses. Il est rapide, vif et surtout, il apportait seul un soutien et une solution aux attaquants. Quant à Christian Leiva, il a joué beaucoup trop près de la défense. Il est le prototype du footballeur sud-américain. Il ne fait que des passes latérales et ne va pas souvent de l'avant. De plus, il a besoin de toucher énormément de ballons. Il joue très court pour qu'on lui redonne le cuir et il ne passe que très rarement le centre du terrain. Si je m'entraîne un mois à fond, je peux prendre sa place ( il rit). On ne peut pas trop juger de la prestation des deux attaquants car ils n'ont jamais été soutenus. Ils ont su être là au bon moment mais ce sont eux qui font la différence. Akpala a montré de belles choses. Sa déviation sur le but est de la trempe de celle de vrais buteurs. Cependant, il est encore inconstant. Le jeu de Mathijssen était risqué. Il ne laisse que deux défenseurs puisque les deux flancs, Frank Defays et Majid Oulmers montent très haut. C'est un peu le schéma des grandes équipes européennes qui disposent deux hommes dans l'axe et des flancs très haut ". Que ce soit en première ou en deuxième mi-temps, Mons a fait bonne figure : " L'organisation des Dragons a posé des problèmes aux Carolos. En accélérant à deux reprises, Wilfried Dalmat a obligé Oulmers à ne pas prendre trop de risques. A certains moments, la bataille de l'entrejeu était remportée par Mons. Eric Rabesandratana a très bien tenu la distance ; Hocine Ragued est une vraie teigne qui ne lâche rien et presse sans cesse son homme ; dans un rôle inhabituel, Benjamin Nicaise a offert de beaux mouvements. Ils ont juste manqué d'imagination et ont péché à la concrétisation. Je peux comprendre qu'on donne sa chance à un pivot du style d' Ilja Stolica mais à partir du moment où Mons est mené, il ne sert plus à rien. Il fallait mettre davantage de vitesse devant pour mieux servir Mohamed Dahmane. Peut-être qu' Aliyu Datti est rentré trop tard... " 10.000 personnes garnissaient les travées du stade du Pays de Charleroi. Trop peu d'après Casto : " Je m'attendais à beaucoup d'ambiance car c'est un derby mais le jeu n'a pas non plus permis aux spectateurs de donner de la voix. En deuxième mi-temps, lorsque le match a commencé à s'emballer, on a vu que le stade se réveillait ". " Je ne m'y retrouve plus. Alors que Charleroi veut faire des économies, ses dirigeants oublient l'identité régionale. Je ne prône pas pour qu'il y ait 11 joueurs du cru mais on devrait certainement opter pour une stabilité et des éléments qui connaissent le championnat belge. Quand je suis arrivé à Mouscron, il y avait un groupe de Wallons et quelques Flamands et on a forgé des résultats. Pareil à Charleroi. Il n'y avait pas que des Carolos. Rudy Moury venait du Centre, Fabrice Silvagni de Namur, Michel Rasquin de Liège, Eric Van Meir de Flandre. A cela s'ajoutaient trois ou quatre étrangers. Il y avait une réelle possibilité de s'identifier à son équipe. Maintenant, les deux noyaux comptent 14 ou 15 étrangers mais sont-ils forcément meilleurs ? Je vois que les clubs flamands arrivent à développer une politique avec des joueurs du cru. Roulers, Zulte Waregem, Westerlo, Saint-Trond agissent dans ce sens. Cependant, pour mener une telle politique, il faut avoir une réelle envie de former et de lancer des jeunes. Quand le président de Charleroi prétend qu'il vise le Top3 et qu'il faut gagner quelque chose, il met une certaine pression. Dans cette optique-là, on ne peut pas lancer un gamin de 19 ans dans le bain ". Casto ne manque pas de critiquer le peu d'éléments belges à Mons, également : " On part dans la même voie que Charleroi qui a été pionnier sur le marché français. Mons a vu que cela avait marché et s'est dit qu'il y avait quelque chose à faire. Pourtant, quand j'y étais, le club venait de forger des résultats avec des gars d'expérience et de la région mais dès les premiers mois de la deuxième année de Marc Grosjean, on a perçu qu'on voulait mettre quelqu'un d'autre. Je n'avais jamais senti un climat aussi négatif. Les premiers matches n'étaient pas bons mais on n'a jamais laissé à Grosjean le temps de remettre l'équipe sur les rails. Cédric Roussel venait de partir et il fallait que l'équipe s'habitue à son absence. Je n'en veux pas au président DominiqueLeone. C'est un passionné et quand on lui a proposé Sergio Brio, il a vu la Juventus et les titres mais savait-il seulement que Brio n'avait jamais entraîné ? A l'époque, on avait parlé de Luka Peruzovic et je pense que ce choix aurait été bien plus bénéfique ". Pour Casto, toutes les difficultés montoises découlent de là. Les dirigeants ont clamé qu'ils avaient tiré les leçons du passé et qu'on ne les y reprendrait plus. " Rien n'a changé. Je suis parti en janvier 2005 et je suis curieux de voir le nombre d'éléments recrutés depuis. On critique les joueurs mais ce sont les têtes pensantes qui vont les chercher. Où sont les incompétents ? Quand tu es champion en D2, tu dois garder la majeure partie de ton effectif et le renforcer par quelques pions d'expérience. Ce ne fut pas la politique de Mons. Du noyau champion de D2, combien de joueurs sont montés en D1 ? Les dirigeants disent qu'ils ont été pris de cours et qu'ils n'ont pu monter leur effectif que tard dans la période de transferts. Tu es champion en mai et tu n'as pas le temps de préparer une équipe pour fin août ? Il faudra qu'on m'explique. En début de championnat, l'excuse était de dire que l'équipe n'était pas prête mais un promu ne peut pas se permettre d'attendre six semaines avant d'être compétitif ". Casto pointe également le nombre élevé de décideurs. " L'année où je suis arrivé, c'était impensable le nombre de personnes qui donnaient leur avis. Rien n'a changé. C'est dans la culture du club et les gens ne sont pas étonnés. J'ai signé mon contrat avec Jean-Claude Verbist et deux mois plus tard, Geo Van Pyperzeele vient faire un discours dans les vestiaires. Je ne l'avais jamais vu de ma vie et j'ai dû demander son nom et sa fonction à Thaddée Gorniak. Maintenant, il y a Jean-Pol Colonval, Alain Lommers, Van Pyperzeele, l'ami d'un tel ou l'ami d'un autre. Je suis curieux de voir le nombre de personnes présentes à table lors d'un conseil sportif ". " Je trouve le travail de José Riga exceptionnel. Il a fait monter son équipe de D2 (ce n'est pas une sinécure) et maintenant, il sort la tête de l'eau avec un onze renouvelé de fond en comble. Il est calme, posé et réfléchi et arrive à faire la part des choses. De plus, il propose un jeu chatoyant et offensif. Son équipe a des occasions comme on a pu s'en rendre compte contre Charleroi. Il pourrait se contenter de fermer le jeu mais c'est un entraîneur qui a envie de forcer le destin. Le seul problème, c'est qu'il devra composer avec 25 nouveaux joueurs la saison prochaine ( il rit). J'ai été agréablement surpris par la décision de Leone de le maintenir. Il est sanguin et explosif et je me suis dit - Il va lui couper la tête. Je crois qu'il a fait le bon choix. J'avais connu cela avec Mouscron. Nous restions sur un 3 sur 21 mais Jean-Pierre Detremmerie avait conservé Hugo Broos ". Casto ne manque pas non plus de louer le travail de Mathijssen. " Si le Sporting est à ce niveau, c'est en grande partie au Limbourgeois qu'il le doit. Il a organisé son équipe. Il arrive à tenir le noyau et à le recadrer. Dans un premier temps, il a donné une assise défensive. Maintenant, cette équipe a acquis de la maturité et elle montre un jeu plaisant. Le milieu de terrain est solide même s'il fut décevant contre Mons. Quand on voit la maturité d'un Smolders, on se dit que son expérience étrangère lui a été bénéfique et qu'on a bien fait de le rapatrier. Mathijssen a tout d'un grand mais il y a un truc qui me gêne : il diabolise la fédération. Il devrait rester plus souple et diplomate et ne pas ruer tout le temps dans les brancards ". " A chaque fois que je passe devant le stade de Charleroi, j'ai un pincement au c£ur. Par contre, quand je passe devant le stade Tondreau, ça ne me fait rien. Sans des Chemcedine El Araichi, Eric Joly, Olivier Suray, Jean-Claude Laplaca, Liviu Ciobotariu ou Zoran Ban j'aurais donné ma démission d'entrée car j'avais le sentiment que les dés étaient pipés. Je venais faire mon travail comme un fonctionnaire. Regardez comment on a jeté les Gorniak, Ciobotariu, Joly, Mustapha Douai ou Olivier Berquemanne. Quand je regarde l'équipe actuelle, je ne connais plus que Rabé, Daré Nibombe et Alessandro Cordaro. Contre Charleroi, Rabé a fait un bon match mais deux ans plus tôt, on l'avait jeté avec moi dans le noyau B. On nous envoyait à Jemappes et on devait se déshabiller dans la voiture. Comment pouvait-on faire cela à quelqu'un qui avait joué au PSG et qui veut rendre service ? Nibombe a vécu aussi le noyau B. On s'est débarrassé d'El Araichi et depuis trois ans, il est titulaire à Roulers. Vous savez que Mons l'a re-contacté pour qu'il revienne. Sa réponse ? Il a re-signé trois ans de plus à Roulers ". par stéphane vande velde - photos : reporters/buissin