On avait dit le temps des essais terminé. On a rappelé les cadres et on a sorti Yves Vanderhaeghe de la naphtaline. Pourtant, force est de constater que le sélectionneur national a, une nouvelle fois, joué son va-tout en Egypte en tentant des options jusqu'alors inédites. Résultat : une sévère défaite 4-0. A croire qu'en cette période de vacances scolaires, on avait oublié de prévenir les Diables Rouges que le voyage aux pieds des pyramides n'avait rien d'un périple d'agrément.
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On avait dit le temps des essais terminé. On a rappelé les cadres et on a sorti Yves Vanderhaeghe de la naphtaline. Pourtant, force est de constater que le sélectionneur national a, une nouvelle fois, joué son va-tout en Egypte en tentant des options jusqu'alors inédites. Résultat : une sévère défaite 4-0. A croire qu'en cette période de vacances scolaires, on avait oublié de prévenir les Diables Rouges que le voyage aux pieds des pyramides n'avait rien d'un périple d'agrément. On pourra toujours pester sur ce terrain bosselé du stade Osman Ahmed Osman ou sur un but injustement annulé d' Emile Mpenza alors que le score n'avait pas encore bougé. Mais ce serait de la mauvaise foi tant la prestation des Diables Rouges au Caire fut pitoyable. A qui la faute ? Aux joueurs bien sûr mais également au système. Aimé Anthuenis tablait sur cette rencontre pour asseoir certaines certitudes. Il en sort sans équipe tant toutes ses options se sont avérées vaines voire carrément suicidaires. Anthuenis avait misé sur la complémentarité brugeoise mais face aux Pharaons, il n'en fut jamais question. Peter Van Der Heyden semblait toujours hésiter entre velléité offensive et présence défensive, Timmy Simons n'a jamais, dans une rencontre internationale, fait preuve d'autant d'imprécisions, Philippe Clement avait toujours un temps de retard dans les duels et Olivier De Cock a éprouvé beaucoup de difficultés face à l'ancien Anderlechtois Tarek Said. Pourquoi cette faillite collective dans le chef de joueurs qui se connaissent parfaitement bien ? Car Anthuenis s'était basé sur une fausse complémentarité. Simons et Clement n'évoluent jamais ensemble dans l'axe défensif sous les couleurs brugeoises. Et cela s'est vu. Clement manque de rythme et Simons doit se satisfaire de huit matches par an (avec les Diables Rouges) pour affiner ses aptitudes de défenseur. Cette saison, en club, il évolue toujours en médian défensif. Vous avez dit automatisme ? Le capitaine du jour a dû également sans cesse couvrir son flanc gauche, délaissé un peu trop souvent par Van Der Heyden. Il est vrai que le futur défenseur de Wolfsburg n'a pas eu la tâche facile. Il devait couvrir le flanc, tout seul, tellement Walter Bassegio avait tendance à repiquer vers le centre. Les Egyptiens ont vite compris ce jeu de domino : quand Van Der Heyden était absent du flanc gauche, Simons était obligé de couvrir cet espace et donc de délaisser la charnière centrale. Enfin, la disponibilité de Clement, capable de dépanner à plusieurs places avec un allant toujours irréprochable, a cette fois joué contre lui. Absent trop souvent du onze de base à Bruges, Clement manque à la fois de vitesse de réaction et de repère à une place où il n'évolue plus. A Bruges, sa dernière prestation plus que convaincante face à Ostende a été réalisée en lieu et place de Gaëtan Englebert à droite dans la ligne médiane. La défense des Diables Rouges a joué trop bas en étant sans cesse bluffée par la technique et la rapidité des avants africains. Pour gagner des duels, il aurait déjà fallu les disputer... Encore une fois, Anthuenis a tenté un coup de poker. En changeant ce secteur de fond en comble. Anthuenis avait opté pour le système de Bruges animé par... des Anderlechtois. Cherchez l'erreur. Soit un milieu de trois hommes. Pour cela, il avait choisi trois joueurs à vocation centrale ( Yves Vanderhaeghe, Walter Bassegio et Vincent Kompany). On nous dit que le temps des essais est révolu mais faire jouer Bassegio à gauche et Kompany à droite de l'entrejeu ne coule pas vraiment de source. Le capitaine des champions de Belgique a totalement délaissé le flanc gauche, plaçant Van Der Heyden dans une impasse. Quant à Kompany, gêné par un mal de dos, il a avoué qu'il aurait été encore plus inefficace en défense. Ne fallait-il donc pas le remplacer plus vite ? Il s'est cantonné à son flanc droit, aidant bien plus son défenseur à droite que ne le fit Baseggio à gauche. Tous les mouvements dangereux égyptiens venant de ce flanc, Kompany n'avait pas trop le choix. Il devait prêter main forte à De Cock. Le dernier Soulier d'or a aussi tenté d'apporter son soutien à Vander-haeghe à la récupération mais sur le plan offensif ne fut d'aucune utilité. Quant à Vanderhaeghe, il a sauvé la baraque en première mi-temps avant de couler quelque peu en deuxième. Et inévitablement, la question brûle les lèvres. Comment voulez-vous que ces joueurs apprennent un système que les Brugeois ont mis plusieurs mois à comprendre ? Seul Englebert et Simons maîtrisent cette occupation de terrain. Or l'un n'était pas repris et l'autre était aligné en défense. Une nouvelle fois, Anthuenis s'est montré bien naïf en pariant sur l'entente entre deux frères qui n'avaient été titularisés qu'une seule fois ensemble en équipe nationale lors d'un match amical à Chypre en 1999. On savait que les frères Mpenza n'étaient pas des buteurs. Et ils ont une nouvelle fois confirmé cette donne. Certes, ils ont apporté leurs qualités (surtout Emile) en jouant sur la profondeur, en créant des espaces, en provoquant sans cesse. Mais ils manquaient de présence dans le rectangle. Et à quoi sert-il de créer des espaces si personne ne suit pour s'y engouffrer ? Quant à Thomas Buffel, il a montré qu'il pouvait, en début de match, apporter quelque chose derrière les deux attaquants. Son court séjour en Ecosse lui a déjà appris à être davantage présent dans les duels. Pourtant, il doit encore avoir plus d'emprise sur le jeu. A part Silvio Proto, Anthuenis ne possède aucune vérité après ce match même si le sélectionneur semble tenté de rééditer l'expérience Vanderhaeghe et Emile Mpenza. Le 4-3-3 a failli et paraît voué à l'échec. Reste maintenant à savoir motiver ses troupes. L'envie fait souvent la différence entre duels gagnés et duels manqués. Car le mal est profond. Neuf matches, six défaites et personne pour sentir l'urgence de la situation du côté de l'Union Belge ! Qu'on ne s'y trompe pas. Il ne nous faut pas une équipe seulement capable de battre la Bosnie et Saint-Marin, il nous faut un groupe prêt et habilité à aller au combat contre l'Espagne et en Serbie. Or, perdre 4-0 en Egypte en louant les qualités techniques d'un adversaire, quatrième de son groupe qualificatif pour la Coupe du Monde, c'est déjà se voiler la face... Stéphane Vande VeldeA quoi sert-il de créer des espaces si PERSONNE NE SUIT pour s'y engouffrer ?