A ntonioDiNatale a fêté son 31e anniversaire le 13 octobre, mais Marcello Lippi l'a encore retenu en équipe nationale pour les rencontres contre la Bulgarie et le Monténégro. Forcément, à Chypre, l'attaquant était sur le terrain et a inscrit les deux buts qui ont valu la victoire à l'Italie.
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A ntonioDiNatale a fêté son 31e anniversaire le 13 octobre, mais Marcello Lippi l'a encore retenu en équipe nationale pour les rencontres contre la Bulgarie et le Monténégro. Forcément, à Chypre, l'attaquant était sur le terrain et a inscrit les deux buts qui ont valu la victoire à l'Italie. Après le premier match pour le Mondial 2010, le quotidien romain ilCorrieredelloSport s'était amusé à calculer l'âge moyen des onze de départ des différentes sélections européennes : bilan, la Squadra (28 ans et quelques mois) était la plus âgée de toutes. Du coup, Lippi rajeunit ses cadres mais garde Totò ! Quand un joueur fait parler de lui à un âge aussi avancé, la suspicion existe. Dans le cas de Di Natale, il ne faut toutefois pas chercher trop loin : il a la langue bien pendue. Comme il l'a souvent répété, il n'a jamais appris à compter jusqu'à dix avant de l'ouvrir. En plus, il est anticonformiste dans sa façon de jouer. Il suffit pour cela de revoir son goal contre Palerme à l'occasion de la première journée de championnat. Alors qu'il lui suffisait de taper sèchement le ballon au fond des filets, il a tenté un lob, qui a fait bondir de joie les 13.000 spectateurs. Avec des gestes pareils, pour les fans de l'Udinese, il figure dans le top 5 mondial au niveau technique. Excessif certes, mais Di Natale a affiné ses gestes dans les ruelles de son quartier de Naples en rêvant de Diego Maradona. Aujourd'hui au hit-parade des supporters d'Udine, il se retrouve au même échelon que Zico, qui a porté le maillot du club de 1983 à 1985. Un fameux compliment même si, ballon au pied, des similitudes entre les deux joueurs existent, le PeléBlanc était quand même plus doué sur les coups de pied arrêtés. Di Natale a commencé sa carrière à Castel Cisterna. A 13 ans, un scout l'amena à Empoli, qui testait des jeunes de trois ans ses cadets ! Sa technique largement supérieure à la moyenne frappa le responsable de l'école des jeunes du club toscan, qui l'affilia directement. Mais la partie était loin d'être gagnée : Tonino (c'est ainsi que ses proches l'appellent) ne supporte pas l'éloignement de sa famille. Un jour de 1994, il met les voiles. Pour le faire changer d'avis, le club organise un repas avec Vincenzo Montella, l'actuel avant de l'AS Rome qui avait été découvert par le même scout. Originaire de Castel Cisterna et titulaire en C1, Montella était l'idole de Di Natale et ses paroles l'incitèrent à continuer son aventure à Empoli... Di Natale y fit toutes ses classes sur l'aile gauche et en soutien d'attaque avant d'être intégré au noyau A en 1996-97. En fin de saison, le club retrouvait la D1 mais le joueur n'avait pas l'occasion de faire la fête : il était envoyé successivement à Iperzola (D4), deux mois à Varèse (D3) et à Viareggio (D4) où ses 12 goals en 25 matches incitent Empoli à le faire revenir lors de l'été 1999 où il devient enfin titulaire. Trois saisons plus tard, Empoli revient en Serie A, en grande partie à ses 16 buts. Di Natale est gonflé à bloc et annonce qu'il va marquer dix fois le championnat suivant. Forfanterie ou pas, il fait mieux encore : grâce à ses 13 goals, il assure le maintien. Et le 17 novembre 1999, un hat-trick contre la Reggina lui vaut sa première sélection contre la Turquie (1-1). A 25 ans, Di Natale nage en plein bonheur. Le 15 juin 2002, il épouse IleniaBetti, rencontrée cinq ans plus tôt. Aujourd'hui, Di Natale raconte que, chez des amis, il avait vu une fille qui lui avait tapé dans l'£il mais qu'il ne savait pas si c'était sa future femme ou sa s£ur jumelle Genny... L'attaquant n'est pas un romantique : quand sa compagne lui demande de fixer la date des fiançailles, il opte pour le 1er avril. Il confirme d'ailleurs qu'il n'a jamais dédié un but à son épouse, ni même à ses deux enfants, Filippo (6 ans) et Diletta (2 ans). Mais si elle enrage, Madame Di Natale rappelle que son mari est tellement anticonformiste qu'il ne le fera pas comme tant de collègues. Sur le terrain, la saison 2003-2004 se révèle moins prolixe : 5 petits goals, Empoli descend en D2 et Giovanni Trapattoni l'écarte de la sélection pour l'Euro 2004. Et ce malgré son premier but en équipe nationale lors d'un match de février face à la Tchéquie. L'heure de changer d'air est arrivée. Alors que tant de joueurs demandent des garanties à leur coach, l'anticonformiste Di Natale accepte de rejoindre l'Udinese où il est barré par VincenzoIaquinta et DavidDiMichele. Hasard ou pas, LucianoSpaletti décide de le déplacer sur l'aile gauche, aligne un trio d'attaque qui se révèle performant : 35 buts et la quatrième place avec la Ligue des Champions à la clé. En 2005-2006, l'avant continuera à marquer mais Lippi l'ignore pour le Mondial en Allemagne. En revanche, Roberto Donadoni en fait un incontournable et le 12 septembre 2007, grâce à deux splendides buts en Ukraine, il ouvre à la Squadra grandes les portes de la qualification pour l'Euro 2008. Il dédie cet exploit à sa mère Giovanna gravement malade, qui décédera le 4 octobre. Mais sa saison se termine par un échec : il manque la conversion d'un tir au but en quarts contre l'Espagne. Ce raté n'empêchera pas les offres d'affluer de Naples, la Fiorentina et Wolfsburg. Mais selon GiampaoloPozzo, le patron de l'Udinese, c'est la Roma de Spaletti qui s'est montrée la plus concrète : 10 millions et une augmentation du salaire du joueur, qui perçoit actuellement 1,6 million brut. Pourtant, dès avant l'EURO, l'attaquant avait annoncé qu'il resterait dans le Frioul jusqu'en 2013. Le 28 juin, il signait son nouveau contrat : un choix d'anticonformiste, à la Di Natale. Mais on l'aime à Udine : il a été fait citoyen d'honneur de la ville le 29 septembre. par nicolas ribaudo - photo: reporters