Il avait préparé une bonne bouteille de Bordeaux qui attendait notre visite. A bientôt 47 ans, MarcWuyts a bien vieilli et le récit de sa vie ressemble à un vin qui a pris assez de corps pour surmonter les coups durs de l'existence. Une chose est certaine : l'ancien attaquant bruxellois, qui fit ses classes à l'Olympic de Stockel et à Anderlecht, a toujours craché dans ses pognes. A 23 ans, il ouvrait ainsi son premier magasin d'articles de sports.
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Il avait préparé une bonne bouteille de Bordeaux qui attendait notre visite. A bientôt 47 ans, MarcWuyts a bien vieilli et le récit de sa vie ressemble à un vin qui a pris assez de corps pour surmonter les coups durs de l'existence. Une chose est certaine : l'ancien attaquant bruxellois, qui fit ses classes à l'Olympic de Stockel et à Anderlecht, a toujours craché dans ses pognes. A 23 ans, il ouvrait ainsi son premier magasin d'articles de sports. " Je n'avais pas envie de glander ", dit-il. " Je souris quand des footballeurs de D1 prétendent qu'ils n'ont pas une minute à eux. C'est de la foutaise. Ils ont tout le temps nécessaire pour faire autre chose, à condition d'être bien organisés. Quand je suis arrivé au Sporting Charleroi, en 1990, j'ai appris que notre coach, Georges Heylens, cherchait à remettre un de ses magasins de sports, situé drève olympique, à Neerpede. Cette affaire était gérée par son père qui prenait de l'âge et désirait vivre plus calmement. Je me suis lancé avec enthousiasme dans une grande aventure. Nous avons géré cette affaire en famille. Dès que je le pouvais, je donnais un coup de main. " " J'ai appris à prendre des décisions. Un indépendant engage son argent dans l'aventure et je ne pouvais pas me tromper en achetant mes collections de chaussures de football, de trainings et de vêtements divers. A la moindre erreur, la marchandise reste dans les stocks et c'est de l'argent perdu. Notre clientèle provenait de tous les milieux sportifs : football bien sûr, mais aussi tennis, golf, hockey, etc. Comme cette activité était rentable, j'ai ouvert une deuxième boutique, toujours sur le territoire d'Anderlecht. Un peu plus tard, Decathlon s'est installé pas loin de mes magasins en proposant de la marchandise à des prix imbattables pour un petit commerçant. Même si notre service à la clientèle était plus chaleureux que dans une grande surface, j'ai dû mettre un terme à mon expérience dans ce secteur. " Plus tard, tout en entraînant une série de petits clubs, Wuyts passe des séances de formation afin de décrocher son permis de conduire pour poids lourds. " J'ai toujours été attiré par ce métier qui exige le sens des responsabilités. Je ne désirais pas être routier international et j'ai sillonné toute la Belgique, souvent des cargaisons de bière. Quand on pilote un bahut de 44 tonnes, il faut faire attention à tout, anticiper les dangers de la circulation, charger correctement son camion pour éviter les déséquilibres. Il m'est arrivé de tomber du camion en déchargeant de la marchandise. Pour le moment, je suis sans emploi. J'espère retrouver au plus vite un camion et un club car je dois bouger. " Des tomates-cerises aux crevettes grises font leur apparition. Wuyts adore passer ses congés à la mer, à Bredene, en toute simplicité. Il y loge dans une caravane ultra-moderne. Il a toujours apprécié l'ambiance des campings et se souvient avec émotion des voyages de son enfance avec ses parents : " A l'étranger, nous dormions sous tente : c'était merveilleux. Et ces crevettes de la mer du Nord ? " Délicieuses évidemment. De 1986 à 2002, le Bruxellois a joué tour à tour à Anderlecht, au Racing Malines, à Charleroi, au RWDM, à Saint-Trond et Mouscron. On l'a même vu en CE 1 avec Anderlecht contre le Bayern de Munich. " J'aurais pu vivre plus de joies sportives mais je suis fier de mon parcours avec, à la clef, des moments super à Charleroi et à Saint-Trond. Comme coach, j'ai progressé au RWDM, Tournai, Namur, Visé, OHL, Union et même avec l'équipe des joueurs sans contrat. " ?PAR PIERRE BILIC