En 1978, c'est un héros du football polonais qui débarque au Beerschot, en provenance du LKZ Lodz après avoir joué au Slask Wroclaw et au Legia Varsovie. A cette époque, je coache Alost en D2 et je me souviens parfaitement de l'étonnement suite à cette arrivée. Jan Tomaszewski (né en 1948) est une pointure européenne au même titre que deux de ses compatriotes attaquants qui ont fait les beaux jours de Lokeren : Wlodzimierz Lub...

En 1978, c'est un héros du football polonais qui débarque au Beerschot, en provenance du LKZ Lodz après avoir joué au Slask Wroclaw et au Legia Varsovie. A cette époque, je coache Alost en D2 et je me souviens parfaitement de l'étonnement suite à cette arrivée. Jan Tomaszewski (né en 1948) est une pointure européenne au même titre que deux de ses compatriotes attaquants qui ont fait les beaux jours de Lokeren : Wlodzimierz Lubanski (1975-1982) et Grzegorz Lato (1980-1982). En octobre 1973, Toma s'est dressé sur la route de l'Angleterre à Wembley. Grâce à une série d'arrêts plus miraculeux les uns que les autres, il est le héros de cet Angleterre-Pologne (1-1) qui écarte l'équipe à la Rose du Mondial. Tomaszewski inaugure l'âge d'or du foot polonais, troisième de la Coupe du Monde 74 organisée en Allemagne. Tomaszewski est tout de suite à la hauteur de sa réputation au Kiel grâce à sa souplesse, sa taille, son talent et son grain de folie. Il s'y distingue comme face au RWDM qui mène 1-2. Le Polonais monte sur une phase de jeu et marque de la tête. Le but est finalement attribué à son équipier, feu l'international haïtien Manu Sanon qui effleure le ballon avant qu'il n'entre dans la cage bruxelloise. Mais ce goal appartient à qui fait sensation. Bien plus tard, Silvio Proto et Sinan Bolat ont aussi marqué de la tête sur phase arrêtée. Tomaszewski a gagné la Coupe de Belgique 1979 (1-0 face au Club Bruges) avant de signer à Alicante et de rentrer à Lodz. La suite est moins drôle. Tomaszewski se lance dans les affaires et la politique (il est député), devient consultant pour différents médias, s'attaque à la corruption qui mine le foot polonais, est accusé d'avoir espionné les footballeurs au profit de l'ancien régime communiste (ce qu'il dément) avant de s'en prendre violemment aux naturalisés récents de l'équipe polonaise de l'EURO, Ludovic Obraniak et Damien Perquis en tête. Tomaszewski traite Perquis de " déchet du foot français ". Je connais Obraniak qui a joué à Lille avant de rejoindre Bordeaux et ces propos scandaleux l'ont peiné mais il a eu la sagesse de ne pas réagir. Dans l'autre sens, des Polonais naturalisés ont beaucoup apporté à la France ( Raymond Kopa), à l'Allemagne ( Miroslav Klose, Lukas Podolski) ou à la Belgique ( Alex Czerniatynski). PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC