Quatre ans de suspension et 50.000 dollars d'amende, telle est la sanction infligée à l'encontre de l'équipe du Togo par la Confédération Africaine de Football (CAF) à la veille de la finale de la CAN entre l'Egypte et le Ghana. Non-respect du règlement intérieur de la CAF (article 78-chapitre 36, qui sanctionne un forfait avant le début de la compétition) et ingérence gouvernementale..., la fédération togolaise avait fauté et devait en payer les conséquences. En tous cas, c'est ce que les grands manitous de la CAF, Issa Hayatou, son président, en tête ont finalement décidé. Car au...

Quatre ans de suspension et 50.000 dollars d'amende, telle est la sanction infligée à l'encontre de l'équipe du Togo par la Confédération Africaine de Football (CAF) à la veille de la finale de la CAN entre l'Egypte et le Ghana. Non-respect du règlement intérieur de la CAF (article 78-chapitre 36, qui sanctionne un forfait avant le début de la compétition) et ingérence gouvernementale..., la fédération togolaise avait fauté et devait en payer les conséquences. En tous cas, c'est ce que les grands manitous de la CAF, Issa Hayatou, son président, en tête ont finalement décidé. Car au lendemain de la fusillade de Cabinda, pour rappel, ces mêmes hauts représentants avaient annoncé que les Eperviers ne seraient pas sanctionnés. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, c'est bien connu... Le gouvernement togolais ne pouvait évidemment en rester là et a logiquement contre-attaqué. Le 29 janvier dernier, une plainte à été introduite au tribunal de Paris visant le Flec-PM (Forces de Libération de l'Etat du Cabinda-Position Militaire) - dont le secrétaire général, Rodrigues Mingas, est de nationalité française - pour acte de terrorisme, assassinats et complicité, atteinte involontaire et volontaire à la vie d'autrui à des risques de mort et de blessure. Mais également la CAF et Hayatou pour ne pas avoir mis tout en £uvre pour protéger l'équipe togolaise. Rappelons que le secrétaire général de la FIFA, Jérôme Valcke, avait averti la CAF, et ce avant le début de la CAN, des menaces pesant sur l'enclave de Cabinda. Si l'opinion publique en Afrique et bien au-delà a témoigné de son indignation à propos de la suspension des Eperviers, à Lomé, on a décidé de crier son mé-contentement dans la rue. Samedi dernier entre 30.000 et 50.000 personnes ont répondu à l'appel d'une vingtaine d'ONG et d'associations pour " dénoncer la décision inique de la CAF ", a déclaré Hans Masro, le président de l'Association des journalistes sportifs du Togo. Lors de la manifestation, on pouvait notamment lire comme slogans " Issa Hayatou, voleur et criminel ", " Issa Hayatou, la CAF n'est pas ton domicile, démissionne ". Le clash entre le Togo et la CAF ne date pas d'hier. En 2007, l'organisation panafricaine avait tenté d'interdire à vie l'accès au Stade Tata Avlessi (l'arène de l'équipe nationale) pour une histoire de corruption. La fédération togolaise s'en était alors référé au TAS qui avait débouté la CAF ! Mais qu'importe, Hayatou (président depuis 1988) et sa bande aiment prouver que ridicule ne tue pas. Le très controversé arbitre béninois, Koffi Codjia, qui siffla la demi-finale entre l'Egypte et l'Algérie (avec trois exclusions côté Fennecs) vient lui d'être banni par la CAF sans durée déterminé. Logique. Moins quant au motif : Codjia aurait dû exclure plus tôt le gardien algérien FaouziChaouchi après que ce dernier se soit rebellé suite au pénalty sifflé (et à l'exclusion du défenseur fautif) qui allait permette à l'Egypte d'ouvrir le score. La CAF nous étonnera toujours... THOMAS BRICMONT