Tjörven De Brul (43 ans) nous reçoit dans sa maison moderne à Hillegem, un village de quelque 3.500 habitants dans la région de la Dendre. Ce sont les vacances de carnaval et le professeur d'éducation physique est à la maison, comme ses enfants. Son fils Maxime (8 ans) se glisse à table et partage son attention entre un ballon et l'écoute de l'entretien. Il a manifestement hérité des gènes footballistiques de son père.
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Tjörven De Brul (43 ans) nous reçoit dans sa maison moderne à Hillegem, un village de quelque 3.500 habitants dans la région de la Dendre. Ce sont les vacances de carnaval et le professeur d'éducation physique est à la maison, comme ses enfants. Son fils Maxime (8 ans) se glisse à table et partage son attention entre un ballon et l'écoute de l'entretien. Il a manifestement hérité des gènes footballistiques de son père. " Il m'admire ", sourit le papa. " Il s'amuse avec ses copains à Borsbeke, en troisième provinciale, mais je pense qu'il veut viser un niveau supérieur. La saison prochaine, nous allons donc rejoindre Olsa Brakel, en deuxième division amateur. C'est son choix car je ne le pousse pas, même s'il souhaite marcher dans mes pas. Je trouverais ça bien quand même, évidemment. " Le défenseur a été formé par Lokeren, dont il a rejoint le noyau A avant d'être transféré au Club Bruges. De Brul a disputé plus de 250 matches pour le représentant de la Venise du Nord. Il y a notamment gagné trois titres et autant de coupes mais il a aussi découvert le revers de la médaille. " Il régnait à Bruges une pression terrible. " C'est donc à Zulte Waregem, de 2005 à 2007, que De Brul a retiré le plus de plaisir du football, à l'automne de sa carrière professionnelle. " C'était plus convivial. Notre groupe était soudé. Nous formions une bande de copains. " Zulte, promu en D1, a gagné la coupe de Belgique 2006. " C'était fantastique, pour le club comme pour les joueurs ", se souvient-il. " Nous étions tous semi-pros. Nous avions tous un boulot en dehors du football. " Ce n'était pas nouveau pour l'Alostois... " Quand je jouais à Bruges, RENO (KATHO-RENO, une haute école de Torhout, qui s'appelle maintenant VIVES-RENO, ndlr) cherchait un professeur de football, explique le jeune quadra. " Le directeur était un fervent supporter du Club et il avait lu que je détenais une licence en éducation physique. Il a pris contact avec feu Antoine Vanhove pour lui demander si j'accepterais le poste. Pourquoi pas ? Ça ne représentait que trois heures de cours par semaine. " L'idéal pour acquérir de l'expérience pendant sa carrière de footballeur, a-t-il réalisé. " Comme ça, je ne serais pas obligé de repartir de zéro après ma retraite footballistique, qu'il s'agisse de mon expérience comme du salaire. " L'ancien international donne cours depuis quelques années aux Dames de Marie d'Alost, une école technique et professionnelle essentiellement destinée aux filles. Il remarque qu'elles sont d'un naturel plus obéissant, même si elles ne raffolent pas des cours de sport. " Certaines soupirent ou scient mais j'essaie de rendre le cours le plus agréable possible pour toutes. " Ce n'est pas toujours facile mais heureusement, le poste a aussi ses bons côtés. " Quand je parviens à leur faire repousser leurs limites, je suis récompensé par leur joie. C'est ce qui me motive ", raconte De Brul. " Autre point positif, je n'ai pas de leçons à corriger ", ajoute-t-il en riant. Les élèves savent à qui elles ont affaire, même si elles ne vénèrent pas leur prof. " J'ai de bons rapports avec mes étudiantes mais elles ne m'admirent pas parce que je suis un ancien footballeur. " Logique, puisque ces adolescentes ne l'ont sans doute jamais vu jouer. De temps à autre, elles l'interrogent toutefois sur son passé professionnel, surtout quand elles découvrent qu'il a été Diable Rouge. " Elles me demandent alors : - Vous êtes riche, pourquoi donnez-vous cours ? Je leurs réponds que je ne peux pas me passer d'elles ", sourit-il. Le Flandrien a tâté du métier d'entraîneur à Gand et à Jong Lede. Avec un succès mitigé. Il n'était pas vraiment heureux. " C'est très différent d'une classe. Les élèves sont plus faciles à motiver. Les footballeurs sont souvent des petits enfants. Attention, j'ai fait du bon boulot au poste d'entraîneur mais je n'aime pas les aspects extra-sportifs. Je n'éprouve pas le besoin de m'accrocher à ce milieu non plus. Je l'ai quasiment quitté et je ne l'ai encore jamais regretté. " Il assiste encore à des matches, mais pas très souvent. " Quelques fois par an ", dit-il. " Seulement sur invitation. Je suis heureux qu'on me demande de venir. Récemment, j'ai assisté à Gand-Club Bruges. " Son fils est supporter du Club mais Tjörven n'a pas de préférence. " Pour autant que je voie un bon match. " L'ancien défenseur a donc pris ses distances par rapport au football, sans toutefois complètement fermer la porte. De Brul est actif à Foot4All, une école de football qui dispense des entraînements qualitatifs aux enfants. Elle a été fondée par Peter Van der Heyden (ex-Club) et emploie, outre De Brul, Wim De Corte, le directeur technique d'OHL, et Chris Van Puyvelde, le directeur technique de l'UB, entre autres. L'académie regorge donc de savoir. Maxime De Brul y peaufine aussi sa formation. Enseignant dans le secondaire et entraîneur dans une école de football pour enfants de huit à douze ans : De Brul aime manifestement travailler avec les enfants. Pourrait-il devenir entraîneur des jeunes ? " Qui sait ? " Il reste vague. " Je ne le souhaite pas encore à 100 %. Je préfère en tout cas travailler avec des jeunes, qui jouent pour le plaisir. Si je dois redevenir entraîneur, ce sera dans les catégories d'âge ", conclut-il, d'un ton convaincu. PAR JONAS VAN HIMBEECK - PHOTOS BELGAIMAGE" Les élèves sont plus faciles à motiver. Les footballeurs sont souvent des petits enfants. " - TJÖRVEN DE BRUL