Marquer pas de chance pour Tristan Peersman. Au moment même où le gardien du RSCA a l'opportunité de s'inscrire dans la durée, suite à l'indisponibilité pour cause de blessure musculaire de Daniel Zitka, ne voilà-t-il pas que les Mauves ne carburent plus au super : élimination sans gloire par Beveren, vendredi dernier, en demi-finales de la Coupe de Belgique et, en championnat, sept unités gagnées seulement sur les 15 mises en jeu face à Westerlo, le Club Brugeois, Charleroi, le G. Beerschot et Heusden-Zolder. Deux défaites aussi, contre les Flandriens et les Anversois, alors que jusque-là, en l'espace de 22 rencontres, le Sporting n'avait concédé en tout et pour tout qu'un revers, sur son terrain, contre le Standard. En tant que dernier rempart, il y aurait peut-être là de quoi se poser quelques questions. Mais l'ancien portier de Beveren refuse de croire à un mauvais signe.

Tristan Peersman : Non, ma propre responsabilité n'est pas engagée dans cette succession de résultats en demi-teinte. Au contraire, je pense même avoir prouvé dans ce contexte très difficile que j'étais digne de confiance. Contrairement aux matches des Réserves, où je n'ai jamais eu, cette saison, que deux ou trois ballons chauds à négocier, j'ai été mis à contribution comme jamais auparavant depuis que j'ai repris le témoin en Première. Je n'ai nullement à rougir de ce que j'ai montré durant cette période. Si Aimé Anthuenis a songé à un moment donné à me sélectionner pour la rencontre des Aspirants à Nancy, avant de devoir renoncer à ce projet suite à ma titularisation devant Beveren en Coupe de Belgique, c'est que je n'avais pas démérité. Le seul reproche qu'on puisse peut-être me faire est de ne pas avoir pris de points jusqu'ici. Pour ce faire, il convient toutefois de savoir parfaitement à quoi s'en tenir, à n'importe quel instant, avec ses partenaires. Et ce vécu-là, je ne l'ai pas encore au Parc Astrid. C'est ce qui explique, notamment, pourquoi Hannu Tihinen et moi-même n'étions pas sur la même longueur d'ondes sur le deuxième but des Zèbres chez nous, oeuvre d'Adekanmi Olufade. Il y eut d'ailleurs d'autres incompréhensions encore pendant cette série de matches que j'ai disputés. Mais heureusement, elles n'ont pas porté à conséquence. Semaine après semaine, j'observe que le pourcentage de déchets s'amenuise. Il n'y paraîtra sans doute plus avec quelques matches supplémentaires dans les jambes.

Ce jour-là, vous devrez plus que probablement retourner sur le banc. Hugo Broos n'en fait pas mystère : à ses yeux, le Tchèque reste le numéro un dans la hiérarchie des keepers au RSCA.

Cette opinion, que l'entraîneur a ventilée après notre déplacement au Club Brugeois, m'a fait mal. Je l'aurais comprise si d'aventure j'avais été appelé à faire un intérim d'un match, suite à une suspension de mon concurrent direct pour abus de cartes jaunes par exemple. Mais j'allais être confirmé dans mon rôle pendant quelque temps. Aussi, je n'ai pas vraiment apprécié d'être rétrogradé au rang de simple substitut avant d'avoir pu me mettre en valeur l'espace de plusieurs parties. J'aurais admis qu'Hugo Broos se prononce en ce sens après m'avoir jugé sur l'ensemble de mes prestations mais pas après une seule. Ce langage-là, il ne l'a pas tenu avec d'autres jeunes qui ont été lancés dans la bataille comme Vincent Kompany ou Anthony Vanden Borre. A 24 ans, je ne vois pas pourquoi je devrais faire figure d'exception. Si Vince peut lutter d'égal à égal avec Glen De Boeck, j'estime avoir les capacités pour rivaliser avec Daniel Zitka. Après trois saisons de misère, marquées d'une blessure récurrente au pied, l'appétit est venu en mangeant. Avant de livrer la série actuelle, je m'étais déjà tiré d'affaire avec bonheur au cours du premier match de la saison, contre l'Antwerp, puis en Coupe de Belgique contre le FC Brussels, avant de dépanner en championnat face à La Louvière et au Cercle. Sans une seule fois démériter.

Sept opérations

L'entraîneur des gardiens, Jacky Munaron, observe que débarrassé de la concurrence de Filip De Wilde, Daniel Zitka a nettement progressé d'une saison à l'autre. Il tient aussi le même discours en ce qui vous concerne. Qu'est-ce qui a provoqué le déclic chez vous ?

Ma désignation comme numéro deux, derrière Daniel Zitka, en tout début de saison. Depuis mon arrivée à Anderlecht, lors de l'été 2000, c'était la première fois que je savais exactement de quoi il retournait alors qu'auparavant, ce fut le plus souvent le flou absolu. Au départ, il est évident que j'ai joué de malchance. En principe, j'aurais dû être le troisième homme après Filip De Wilde et Zvonko Milojevic, mais mes ennuis de santé en ont malheureusement décidé autrement. En un peu plus de deux ans, j'ai été opéré sept fois. L'origine de tous mes tracas, c'était une cavité dans la chair près du talon d'Achille que les médecins ne parvenaient pas à suturer. Dès que les fils étaient enlevés, la cicatrice s'ouvrait à nouveau. Après trois interventions à Reet et autant à Malines, c'est finalement le docteur Marc Martens qui m'a délivré de mes tourments. A son instigation, je suis allé consulter un grand spécialiste de la chirurgie plastique. Celui-ci a prélevé du tissu à hauteur de mes membres inférieurs et a effectué une greffe avec succès. A mon retour sur les terrains, en 2002, j'avais singulièrement rétrogradé dans le ranking des gardiens où l'on retrouvait, outre Flup et Milo, Zeljko Pavlovic, Kurt Carlier et Sven Van der Jeugt. Alors que j'avais été présenté, à 20 ans, comme le successeur tout désigné de Filip De Wilde, je devais subitement me satisfaire d'une place parmi ces six. Pendant des mois, je n'avais pas la moindre perspective. En tant que revenant, je me situais au bas de l'échelle. Les matches des doublures étaient réservés à Zvonko Milojevic et, dans une moindre mesure, à Zeljko Pavlovic aussi. Moi, je devais me contenter d'apparitions épisodiques dans des rencontres sans signification. Comme à Bassevelde, par exemple. C'était dur à encaisser pour quelqu'un, comme moi, dont la dernière apparition remontait à un match contre le Standard, le 4 mars 2000. Alors, c'est vrai, il y a eu des périodes de découragement et je me suis parfois laissé aller.

Aux dires du staff technique et des kinés, il vous est arrivé de louper des entraînements ou de vous y présenter de manière tardive. Et vous n'alliez pas toujours aux soins non plus.

J'admets qu'il y a eu quelques oublis de ma part. Mais ils ne représentant pas grand-chose, finalement, en regard du nombre incalculable d'heures passées dans la salle de musculation. J'en connais tous les tours et détours, croyez-moi. Mais quand on est au fond du trou, n'est-il pas normal de céder de temps à autre au découragement ? Certains ne l'admettaient pas au Sporting mais l'entraîneur, Aimé Anthuenis, par exemple, me comprenait bien. Plus d'une fois, il m'a travaillé au moral, au même titre que les kinés, d'ailleurs et je leur en serai toujours reconnaissant. Il n'empêche que le plus beau geste, je le dois au secrétaire général du club, Philippe Collin. En tant que responsable de l'Ecole des Jeunes de Neerpede, il m'a très souvent vu à l'£uvre là-bas et c'est lui qui a plaidé chaudement en faveur de la reconduction de mon contrat, la saison passée. A ce moment-là, je me demandais franchement si mon avenir se situait toujours au RSCA, où je n'avais pas même l'opportunité de me distinguer avec les doublures. Pour moi, jouer primait sur l'argent facile et l'idée me trottait en tête de m'épanouir ailleurs. Afin de m'en dissuader, Michel Verschueren me proposa un nouveau bail, jusqu'en 2006, ainsi que l'assurance d'évoluer à intervalles réguliers avec les réservistes. A la même époque, Filip De Wilde dut s'effacer au profit de Daniel Zitka et je sentais soudain qu'une place de numéro deux était à prendre. Pour moi, ce fut le tournant. Dès cet instant, je me suis appliqué comme je ne l'avais encore jamais fait au préalable.

Pas de truc

Vous vous êtes notamment illustré grâce à deux interventions judicieuses sur penalty : d'abord face à Frédéric Tilmant au Tivoli, puis devant Timmy Simons à Bruges. Arrêter un coup de réparation, c'est votre spécialité ?

J'ai eu souvent la main heureuse dans cet exercice, car au cours de mes années à Beveren, ma moyenne était d'un penalty stoppé sur deux. Mais de là à dire que j'ai un truc, c'est faux. Jean-Marie Pfaff s'était prononcé un jour en ce sens, soutenant qu'il le livrerait sitôt sa carrière terminée mais j'attends toujours qu'il lève un coin du voile aujourd'hui, alors qu'il a 50 ans bien sonnés. Je ne crois pas qu'il y ait vraiment de recette miracle. Tout au plus un gardien peut-il essayer d'influencer le tireur, tantôt en gesticulant, tantôt encore en le fixant dans les yeux. Personnellement, j'essaie de me remémorer les scènes qui ont impliqué les différents acteurs au moment de l'exécution de leur geste. Il y a deux ans, Timmy Simons avait botté le penalty victorieux sur la gauche de Filip De Wilde. C'est ce qui m'a incité à plonger dans ce coin après avoir feinté un mouvement vers l'autre coin du but.

Jean-Marie Pfaff aura été le premier d'une fameuse lignée de gardiens à Beveren, où se sont succédé Dirk Rosez, Filip De Wilde, Geert De Vlieger, Erwin Lemmens et vous, entre autres. Est-ce le simple fruit du hasard ?

Non. Nous avons tous eu la chance d'être confiés à des instructeurs hors normes : Vic Behiels pour les plus anciens et René Cool pour ceux de ma génération. Grâce à eux, le club waeslandien a encaissé pour plus de 2,5 millions d'euros en transferts suite à la vente de tous ces éléments. C'est assez dire si ces deux-là étaient compétents dans leur domaine. On me répète toujours que j'ai une fameuse détente. Mais comment aurait-il pu en aller autrement quand on sait qu'avant chaque entraînement spécifique, je devais monter et descendre les escaliers de la tribune principale avec une veste de vingt kilos sur les épaules. D'abord pendant trente secondes, en alternance avec un même laps de temps sans charge, puis l'effort passait à une minute, une minute et demie et enfin deux minutes. Quand, par après, j'étais délesté de ce poids sur le terrain, c'est comme si j'étais monté sur ressorts, tant je n'éprouvais pas la moindre difficulté à arriver au piquet au départ de ma position centrale dans le goal. C'est là, sans nul doute, que j'ai jeté les bases de mes points forts : le travail sur la ligne et la souplesse.

Tous vos devanciers au Freethiel ont fait une fameuse carrière : Jean-Marie Pfaff au Bayern Munich, Dirk Rosez au RWDM et au Standard, Filip De Wilde et Geert De Vlieger à Anderlecht, Erwin Lemmens au Racing Santander et à l'Espanyol Barcelone. C'est plutôt prometteur, non ?

J'ai 24 ans aujourd'hui. C'est, à peu de choses près, l'âge où tant Filip De Wilde que Geert De Vlieger ont débarqué au Parc Astrid. Vu la trajectoire qu'ils ont accomplie après coup, c'est vrai que je peux m'éveiller à certaines ambitions. Il n'empêche que je râle d'avoir perdu tant de temps précieux depuis que je suis ici. Mon premier match comme titulaire remonte au 9 août dernier face à l'Antwerp. Entre cette date et ma dernière apparition à Beveren, ce fameux 4 mars 2000 contre le Standard, près de trois ans et demi se sont écoulés. C'est énorme. Je reste persuadé que sans cette affection au pied, je serais d'ores et déjà titulaire. A voir le niveau de Filip De Wilde ou Dany verlinden, je me console toutefois en me disant que j'ai peut-être encore 15 ans devant moi. A condition d'être épargné par les sorcières, évidemment.

Bruno Govers

" Les paroles d'Hugo Broos M'ONT DéÇU "

Marquer pas de chance pour Tristan Peersman. Au moment même où le gardien du RSCA a l'opportunité de s'inscrire dans la durée, suite à l'indisponibilité pour cause de blessure musculaire de Daniel Zitka, ne voilà-t-il pas que les Mauves ne carburent plus au super : élimination sans gloire par Beveren, vendredi dernier, en demi-finales de la Coupe de Belgique et, en championnat, sept unités gagnées seulement sur les 15 mises en jeu face à Westerlo, le Club Brugeois, Charleroi, le G. Beerschot et Heusden-Zolder. Deux défaites aussi, contre les Flandriens et les Anversois, alors que jusque-là, en l'espace de 22 rencontres, le Sporting n'avait concédé en tout et pour tout qu'un revers, sur son terrain, contre le Standard. En tant que dernier rempart, il y aurait peut-être là de quoi se poser quelques questions. Mais l'ancien portier de Beveren refuse de croire à un mauvais signe. Tristan Peersman : Non, ma propre responsabilité n'est pas engagée dans cette succession de résultats en demi-teinte. Au contraire, je pense même avoir prouvé dans ce contexte très difficile que j'étais digne de confiance. Contrairement aux matches des Réserves, où je n'ai jamais eu, cette saison, que deux ou trois ballons chauds à négocier, j'ai été mis à contribution comme jamais auparavant depuis que j'ai repris le témoin en Première. Je n'ai nullement à rougir de ce que j'ai montré durant cette période. Si Aimé Anthuenis a songé à un moment donné à me sélectionner pour la rencontre des Aspirants à Nancy, avant de devoir renoncer à ce projet suite à ma titularisation devant Beveren en Coupe de Belgique, c'est que je n'avais pas démérité. Le seul reproche qu'on puisse peut-être me faire est de ne pas avoir pris de points jusqu'ici. Pour ce faire, il convient toutefois de savoir parfaitement à quoi s'en tenir, à n'importe quel instant, avec ses partenaires. Et ce vécu-là, je ne l'ai pas encore au Parc Astrid. C'est ce qui explique, notamment, pourquoi Hannu Tihinen et moi-même n'étions pas sur la même longueur d'ondes sur le deuxième but des Zèbres chez nous, oeuvre d'Adekanmi Olufade. Il y eut d'ailleurs d'autres incompréhensions encore pendant cette série de matches que j'ai disputés. Mais heureusement, elles n'ont pas porté à conséquence. Semaine après semaine, j'observe que le pourcentage de déchets s'amenuise. Il n'y paraîtra sans doute plus avec quelques matches supplémentaires dans les jambes. Cette opinion, que l'entraîneur a ventilée après notre déplacement au Club Brugeois, m'a fait mal. Je l'aurais comprise si d'aventure j'avais été appelé à faire un intérim d'un match, suite à une suspension de mon concurrent direct pour abus de cartes jaunes par exemple. Mais j'allais être confirmé dans mon rôle pendant quelque temps. Aussi, je n'ai pas vraiment apprécié d'être rétrogradé au rang de simple substitut avant d'avoir pu me mettre en valeur l'espace de plusieurs parties. J'aurais admis qu'Hugo Broos se prononce en ce sens après m'avoir jugé sur l'ensemble de mes prestations mais pas après une seule. Ce langage-là, il ne l'a pas tenu avec d'autres jeunes qui ont été lancés dans la bataille comme Vincent Kompany ou Anthony Vanden Borre. A 24 ans, je ne vois pas pourquoi je devrais faire figure d'exception. Si Vince peut lutter d'égal à égal avec Glen De Boeck, j'estime avoir les capacités pour rivaliser avec Daniel Zitka. Après trois saisons de misère, marquées d'une blessure récurrente au pied, l'appétit est venu en mangeant. Avant de livrer la série actuelle, je m'étais déjà tiré d'affaire avec bonheur au cours du premier match de la saison, contre l'Antwerp, puis en Coupe de Belgique contre le FC Brussels, avant de dépanner en championnat face à La Louvière et au Cercle. Sans une seule fois démériter. Ma désignation comme numéro deux, derrière Daniel Zitka, en tout début de saison. Depuis mon arrivée à Anderlecht, lors de l'été 2000, c'était la première fois que je savais exactement de quoi il retournait alors qu'auparavant, ce fut le plus souvent le flou absolu. Au départ, il est évident que j'ai joué de malchance. En principe, j'aurais dû être le troisième homme après Filip De Wilde et Zvonko Milojevic, mais mes ennuis de santé en ont malheureusement décidé autrement. En un peu plus de deux ans, j'ai été opéré sept fois. L'origine de tous mes tracas, c'était une cavité dans la chair près du talon d'Achille que les médecins ne parvenaient pas à suturer. Dès que les fils étaient enlevés, la cicatrice s'ouvrait à nouveau. Après trois interventions à Reet et autant à Malines, c'est finalement le docteur Marc Martens qui m'a délivré de mes tourments. A son instigation, je suis allé consulter un grand spécialiste de la chirurgie plastique. Celui-ci a prélevé du tissu à hauteur de mes membres inférieurs et a effectué une greffe avec succès. A mon retour sur les terrains, en 2002, j'avais singulièrement rétrogradé dans le ranking des gardiens où l'on retrouvait, outre Flup et Milo, Zeljko Pavlovic, Kurt Carlier et Sven Van der Jeugt. Alors que j'avais été présenté, à 20 ans, comme le successeur tout désigné de Filip De Wilde, je devais subitement me satisfaire d'une place parmi ces six. Pendant des mois, je n'avais pas la moindre perspective. En tant que revenant, je me situais au bas de l'échelle. Les matches des doublures étaient réservés à Zvonko Milojevic et, dans une moindre mesure, à Zeljko Pavlovic aussi. Moi, je devais me contenter d'apparitions épisodiques dans des rencontres sans signification. Comme à Bassevelde, par exemple. C'était dur à encaisser pour quelqu'un, comme moi, dont la dernière apparition remontait à un match contre le Standard, le 4 mars 2000. Alors, c'est vrai, il y a eu des périodes de découragement et je me suis parfois laissé aller. J'admets qu'il y a eu quelques oublis de ma part. Mais ils ne représentant pas grand-chose, finalement, en regard du nombre incalculable d'heures passées dans la salle de musculation. J'en connais tous les tours et détours, croyez-moi. Mais quand on est au fond du trou, n'est-il pas normal de céder de temps à autre au découragement ? Certains ne l'admettaient pas au Sporting mais l'entraîneur, Aimé Anthuenis, par exemple, me comprenait bien. Plus d'une fois, il m'a travaillé au moral, au même titre que les kinés, d'ailleurs et je leur en serai toujours reconnaissant. Il n'empêche que le plus beau geste, je le dois au secrétaire général du club, Philippe Collin. En tant que responsable de l'Ecole des Jeunes de Neerpede, il m'a très souvent vu à l'£uvre là-bas et c'est lui qui a plaidé chaudement en faveur de la reconduction de mon contrat, la saison passée. A ce moment-là, je me demandais franchement si mon avenir se situait toujours au RSCA, où je n'avais pas même l'opportunité de me distinguer avec les doublures. Pour moi, jouer primait sur l'argent facile et l'idée me trottait en tête de m'épanouir ailleurs. Afin de m'en dissuader, Michel Verschueren me proposa un nouveau bail, jusqu'en 2006, ainsi que l'assurance d'évoluer à intervalles réguliers avec les réservistes. A la même époque, Filip De Wilde dut s'effacer au profit de Daniel Zitka et je sentais soudain qu'une place de numéro deux était à prendre. Pour moi, ce fut le tournant. Dès cet instant, je me suis appliqué comme je ne l'avais encore jamais fait au préalable. J'ai eu souvent la main heureuse dans cet exercice, car au cours de mes années à Beveren, ma moyenne était d'un penalty stoppé sur deux. Mais de là à dire que j'ai un truc, c'est faux. Jean-Marie Pfaff s'était prononcé un jour en ce sens, soutenant qu'il le livrerait sitôt sa carrière terminée mais j'attends toujours qu'il lève un coin du voile aujourd'hui, alors qu'il a 50 ans bien sonnés. Je ne crois pas qu'il y ait vraiment de recette miracle. Tout au plus un gardien peut-il essayer d'influencer le tireur, tantôt en gesticulant, tantôt encore en le fixant dans les yeux. Personnellement, j'essaie de me remémorer les scènes qui ont impliqué les différents acteurs au moment de l'exécution de leur geste. Il y a deux ans, Timmy Simons avait botté le penalty victorieux sur la gauche de Filip De Wilde. C'est ce qui m'a incité à plonger dans ce coin après avoir feinté un mouvement vers l'autre coin du but. Non. Nous avons tous eu la chance d'être confiés à des instructeurs hors normes : Vic Behiels pour les plus anciens et René Cool pour ceux de ma génération. Grâce à eux, le club waeslandien a encaissé pour plus de 2,5 millions d'euros en transferts suite à la vente de tous ces éléments. C'est assez dire si ces deux-là étaient compétents dans leur domaine. On me répète toujours que j'ai une fameuse détente. Mais comment aurait-il pu en aller autrement quand on sait qu'avant chaque entraînement spécifique, je devais monter et descendre les escaliers de la tribune principale avec une veste de vingt kilos sur les épaules. D'abord pendant trente secondes, en alternance avec un même laps de temps sans charge, puis l'effort passait à une minute, une minute et demie et enfin deux minutes. Quand, par après, j'étais délesté de ce poids sur le terrain, c'est comme si j'étais monté sur ressorts, tant je n'éprouvais pas la moindre difficulté à arriver au piquet au départ de ma position centrale dans le goal. C'est là, sans nul doute, que j'ai jeté les bases de mes points forts : le travail sur la ligne et la souplesse. J'ai 24 ans aujourd'hui. C'est, à peu de choses près, l'âge où tant Filip De Wilde que Geert De Vlieger ont débarqué au Parc Astrid. Vu la trajectoire qu'ils ont accomplie après coup, c'est vrai que je peux m'éveiller à certaines ambitions. Il n'empêche que je râle d'avoir perdu tant de temps précieux depuis que je suis ici. Mon premier match comme titulaire remonte au 9 août dernier face à l'Antwerp. Entre cette date et ma dernière apparition à Beveren, ce fameux 4 mars 2000 contre le Standard, près de trois ans et demi se sont écoulés. C'est énorme. Je reste persuadé que sans cette affection au pied, je serais d'ores et déjà titulaire. A voir le niveau de Filip De Wilde ou Dany verlinden, je me console toutefois en me disant que j'ai peut-être encore 15 ans devant moi. A condition d'être épargné par les sorcières, évidemment. Bruno Govers" Les paroles d'Hugo Broos M'ONT DéÇU "