Heureux qui comme... Ulis a fait un beau voyage. La vie de Thierry Henry ressemble un peu à celle d'Ulysse, un des héros de la Guerre de Troie. Comme dans l'Iliade d' Homère, la star des Gunners d'Arsenal a traversé des mers de problèmes, évité les pièges de la vie, affronté courageusement son destin.
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Heureux qui comme... Ulis a fait un beau voyage. La vie de Thierry Henry ressemble un peu à celle d'Ulysse, un des héros de la Guerre de Troie. Comme dans l'Iliade d' Homère, la star des Gunners d'Arsenal a traversé des mers de problèmes, évité les pièges de la vie, affronté courageusement son destin. Aujourd'hui, à 25 ans, il est une idole, un des dieux vivants de la planète foot, un futur Ballon d'Or européen si on en croit de récents propos de son entraîneur, Arsène Wenger. Barcelone a raté le transfert de David Beckham, recruté par l'ennemi madrilène, mais tout le Camp Nou rêve désormais de Thierry Henry. Pourtant, sa route, surtout au début, ne ressembla pas à une lune de miel avec sa maîtresse football. Son père, Antoine, dit Tony, était venu de la Guadeloupe afin de trouver du travail, et un avenir, en France. Paris ne ressemblait pourtant pas à la Désirade, la plus pauvre, mais une des plus petites îles antillaises avec ses fleurs de paradis et sa léproserie heureusement abandonnée. Tony de la Guadeloupe se marie à Maryse, originaire de Fort-de-France en Martinique. Elle ne donne pas du rhum à son homme quand ils installent leur bonheur aux Ulis, au sud de Paris, pas loin de l'autoroute A 10 qui file vers Orléans et Chartres. C'est une ville de 30.000 habitants, avec ses quartiers, aérés, ses cités assez ordonnées, entourées de verdure où règnent deux sentiments : le désir d'en sortir, de se faire une place au soleil, et une forme de fatalisme. La population ne cache pas ses origines diverses : d'Afrique, d'Asie, des départements et territoires d'Outre-Mer, etc. Leurs rêves européens ne deviennent pas toujours réalité. Pas toujours ou jamais ? " Nous ne savons pas que faire de nos dix doigts ", affirme un jeune, très sympa, qui a bien connu Thierry Henry. L'optimisme et le négativisme se côtoient au quotidien et c'est à celui qui saura faire la part des choses et transformer les problèmes en atouts et en raisons de se battre. Comme Thierry Henry a su le faire en entamant ses premiers dribbles sur l'esplanade du Bosquet ? Oui pour certains, non pour d'autres, minoritaires. " Thierry est un exemple, la preuve qu'on peut réussir en démarrant des Ulis : il faut l'imiter ", nous a-t-on dit à deux pas du numéro 10 du Bosquet où la star est née et a grandi. " Thierry Henry ? Mais qu'est-ce qu'il a fait pour nous ? Rien, je l'enc... s'il vient ici ", lance un jeune qui a écouté notre conversation avec un gars du quartier. " Qu'est-ce que vous cherchez ? Henry, Henry : vous vous tirez maintenant "..., dit un autre à la mine patibulaire. Deux exceptions... Pourtant, la finalité des Ulis, ce n'est pas cela. Pas uniquement. Paris n'est pas loin mais un bois masque la Ville Lumière. Derrière les Ulis, c'est la campagne. Une ville au grand air avec, contrairement aux cités à gros problèmes, une zone d'activités abritant des entreprises de high-tech. Elle offre du travailmais les jeunes des Ulis n'ont pas tous un cursus scolaire suffisant. Alors, ceux qui n'ont pas de job tuent le temps comme ils peuvent. Ils ont raté des trains importants : sauront-ils prendre les autres, de plus en plus rares au fil du temps, afin de réussir leur vie ? Thierry Henry n'a pas toujours été à l'heure à la gare des ambitions. Il n'a pas pris de billet destination études mais n'oublia pas de bosser afin de se payer un aller simple pour le top du football. Il a eu le courage de ses choix, n'a pas hésité, sans l'oublier, à quitter son quartier. Pour vivre sa passion, pour acquérir une vraie dimension alors qu'il aurait été plus facile de rester au chaud dans son coin où les copains ont toujours quelque chose à partager : une blague, quelques mots de réconfort, une bière, une cibiche, un sandwich garni de merguez grillées, l'histoire de la conquête d'une super-nana, les paroles du tube de la dernière star du rap, se marrer, chambrer les autres, etc. Thierry Henry l'a parfois dit : il sait où retrouver ses potes d'antan mais se braque quand on parle de racaille pour qualifier certains d'entre eux. Il les défend... Pourtant, alors qu'il écritl'histoire de son sport, ils déambulent encore dans les hypermarchés de la région. A la recherche de leurs rêves en regardant les vitrines et étalages de Carrefour. Ils recherchent cette vie, peut-être ce désir de vie, qui leur échappe comme du sable dans le creux de lamain. La société n'offre-t-elle de chancequ'aux Thierry Henry ? Et eux ? Pourquoi n'ont-ils pas droit à une part du gâteau ? Cela se lit dans le regard des jeunes gars d'une ville qui, visiblement, fait beaucoup pour ses jeunes. C'est le même topo dans les grandes cités françaises même si les Ulis, c'est un havre de paix à côtés des HLM de Paris ou de Lyon. Violence, drogue, criminalité, vies gâchées ? Sans le football, Titi serait-il devenu un dés£uvré comme tant d'autres ? Il prétend que le football a été sa bouée de sauvetage. Il n'y en aurait pas eu d'autres, selon lui. Cela lui a permis, en s'accrochant, de prendre d'autres chemins. Il a eu de la chance mais a d'abord su la mériter avant de se retrousser les manches, disent les passants, et de devenir la plus belle icône des Ulis. " Je connaissaisbien la famille de Thierry Henry ", affirme Robert Bornet, un des gardiens de la cité. Son collègue, Eric Kubiak, est aussi enthousiaste que lui mais préfère ne pas poser pour une photo. Il n'a pas eu la chance de fréquenter les Henry. Fier de son travail, a-t-il peur de prononcer un mot qui heurterait les jeunes ? " On n'aime pas les photos par ici car certains imaginent qu'on les espionne ", dit Eric Kubiak. " Il y adeux ans, des architectes ont eu des problèmes avec les jeunes après avoir fait des clichés d'endroits à rafraîchir, où la municipalité entendait planter des arbres ". Une autre personne nous dira plus tard : " Ici, il y a des trafics de stups, des problèmes de vol dans les appartements, de violence. Je me méfie de certains jeunes ". Les Ulis n'échappent pas à ces maux de la civilisation. Un coup d'oeil sur l'intéressant site Internet de la ville nous apprend cependant que les Ulis sont attentifs aux malheurs des autres. Le conseil municipal a décidé d'affecter une subvention de 0,15 euro par habitant au secours populaire pour aider les victimes du tremblement de terre qui a secoué l'Algérie. Un peu plus de 3.900 euros, ce n'est rien mais c'est énorme par rapport à ceux, riches, qui n'ont pas bougé le petit doigt pour l'Algérie. Alors, si un restaurateur de la Vallée de Chevreuse nous dit que c'est dangereux aux Ulis après 21 heures, il y a aussi ces petits gestes généreux qui disent autre chose que les clichés qu'on ne veut pas déchirer. " Moi, j'aimais bien la famille Henry ", avance Robert Bornet. " J'ai travaillé durant 20 ans avec le père, Toni, de 5 heures du matin à 13 heures. Nous bossions chez Prodim, un immense centre de dispatching de produits alimentaires des grandes surfaces comme Champion, Carrefour, 8 à huit, etc. Toni était cariste et il jonglait avec les élévateurs. C'était un homme agréable qui n'hésitait jamais à rendre service aux autres. Mais ce collègue se doublait surtout d'un bon joueur de football. Toni était la vedette et le buteur de l'équipe de notre entreprise. Ses enfants l'accompagnaient parfois, surtout Willy qui était gardien de but et avait sept ans de plus que Thierry, je crois. Toni parlait beaucoup de Thierry. Il était certain que son cadet deviendrait footballeur professionnel ". La légende des Ulis raconte que Toni Henry était très sévère avec Thierry. Ce n'était pas le père de Jelena Dokic mais on nous a affirmé que cet homme difficile avait parfois la main légère pour son fils. Ils se sont parfois enguirlandés comme des charretiers. Il paraît que cela arrive encore, selon Titi lui-même. Au Bosquet, on apprend à se charrier, à se chambrer, à se faire respecter. Il faut se dépasser pour devenir un crack. " Je suis fier de Thierry Henry ", lance Robert Bornet. Quand il l'observe à la télé, Robert voit en lui un ambassadeur des Ulis. " Toni et les siens ont quitté le quartier. On m'a dit que le père Henry a désormais unemaison à Orsay ". Ce n'est pas loin mais c'est quand même une autre planète. " C'est normal : ils ont réussi et je suis content pour eux ", ajoute Robert Bornet. " Il y a deux ans, Thierry Henry a répondu présent lors d'une fête organisée par notre maire sénateur, Paul Loridant, et il y avait un monde fou pour la circonstance. Sa réussite ne m'étonne pas car Thierry était déjà au-dessus du lot quand il jouait avec des gosses plus âgés que lui devant le numéro 10 du Bosquet ". Avant que le béton n'envahisse cet endroit, il y avait là un petit bois qui servait de refuge au gibier, d'où le nom de ce quartier. Les chasseurs de talents du C.O.U. Football, le petit club régional des Ulis, y repérèrent très vite la classe naissante de Thierry Henry. Il avait tout au plus huit ou neuf ans, se mesurait à des gamins plus âgés que lui et son papa l'appelait déjà Titi. Un diminutif qui lui colle à la peau et que la star aime bien. Jean-Claude Chezelle fut son premier entraîneur. Les choses furent claires dès qu'il foula la pelouse du Stade des Villes-Neuves, rebaptisé en l'honneur de la mémoire d'un homme politique régional, Jean-Marc Salinier : ce gamin avait du talent à revendre. " Les temps ne sont pas faciles ", affirme Jean-Claude Chezelle. " Les jeunes ont beaucoup de problèmes et il faut parler, le plus souvent possible, de Thierry Henry. Le talent est un atout très important. Mais il faut le placer à la banque du travail. Titi est un artiste qui a sans cesse revu ses gammes. Sans cela, il ne serait pas arrivé et je suis persuadé qu'il doit beaucoup à son papa. Toni Henry était un sportif et il savait de quoi il parlait au moment de donner des conseils à son fils. Il y a des exigences qu'on doit respecter si on veut arriver au sommet. En Minimes, Titi était ressemblait déjà à la star que je vois actuellement à l'£uvre. Il était déjà vif, rapide comme une fusée, et possédait cette frappe magnifiquement enroulée du pied droit. La dégaine était déjà la même. C'est un attaquant né. Je crois qu'il n'a pas cessé de progresser. Je retiens la notion de plaisir en parlant de lui. Tout était source de bonheur quand on travaillait avec lui. Il était toujours joyeux. Le sport peut être une magnifique alternative pour les jeunes de notre ville. D'autres ont tenté leur chance en L1, même à l'étranger. Je m'en voudrais de ne pas citer le cas de Patrice Evra qui est désormais titulaire à Monaco ". Ce Sénégalais a aussi grandi aux Ulis mais a galéré et voyagé avant de faire son trou dans la Principauté. Evra joua à Marsala, à Monza et à Nice avant de saisir la perche tendue par Didier Deschamps. Il n'a pas la classe de Thierry Henry mais avance dans la vie. Les Ulis, ce n'est pas qu'une terre de footballeurs. De grands athlètes y déroulèrent leurs premières foulées. En 1990, l'équipe de France du 4 x 100 m en mit plein la vue à tout le monde. Aux Championnats d'Europe de Split, elle s'appropria le record du monde de la distance en 37'' 79. Un temps de rêve qui donna des boutons aux Américains. Le quatuor bleu-blanc-rouge était constitué de Max Morinière, Daniel Sangouma, Jean-Charles Trouabal et Bruno Marie-Rose. Sangouma et Trouabal sont tous deux des Ulis. Après ses exploits sur piste, Trouabal s'occupa de la préparation des footballeurs de l'Olympique de Marseille. Tout dans la foulée de Thierry Henry indique qu'il aurait également pu devenir un grand sprinter ou même un roi du tour de piste. Titi resta deux ans au club des Ulis avant que sa famille ne l'emmène à Palaiseau et à Viry-Châtillon. Après ces crochets, il se retrouva à l'Institut National du Football Français de Clairefontaine. Pour y rester, il se fit un devoir de boucler ses études moyennes au Collège des Essarts-le-Roi. A l'INF, c'était le régime football + études : il fallait réussir sur les deux tableaux. Peut-être pas évident quand on vient d'une famille où on parlait plus facilement créole que français. Titi a dû pimenter son ambition pour réussir, passer de l'INF à Versailles avant de se retrouver brutalement à Monaco en 1990. De la cité à la Principauté. Il a digéré ce saut, songeant aux fins de mois difficiles quand on n'a plus une pièce en regardant les milliardaires repus. Après, ce fut l'heure de la Juventus avant d'enchanter Arsenal. Aujourd'hui encore, bien qu'étant né en France, il se dit d'abord antillais, fier de la couleur de sa peau, et il aurait porté le maillot des Antilles si ce paradis avait été indépendant. Taraudé entre deux cultures, il est l'ambassadeur des deux : n'est-ce pas mieux, ou plus enrichissant ainsi ? Sa carrière, c'est la cuisine antillaise arrosée d'un bon vin français. Comme ses grands amis Thuram et Angloma qui sont aussi antillais. Les jeunes des Ulis naviguent souvent entre deux cultures. Naji Farid a connu la famille de Thierry Henry etla star. " Il y atoujours des gens qui n'apprécient pas les succès des autres ", dit-il. " Moi, je dis que c'est un rayon de soleil ". Il ne verse pas dans une adoration inutile mais admire le parcours d'un sportif de très haut niveau. " Il a réalisé le rêve de beaucoup de gosses ", dit-il. " C'est qu'il le voulait vraiment et il s'en est donné les moyens. Je suis sa carrière. Il nous a déjà donné des billets afin d'assister aux matches de l'équipe nationale ou d'Arsenal. C'est quand même un grand plaisir de le voir à l'oeuvre. En 1998, lors de la Coupe du Monde, il était en stage à Clairefontaine. C'est à deux pas de chez nous. Nous nous y sommes rendus. Pas facile d'approcher des monstres sacrés mais il est toute de suite venu à notre rencontre. Les Ulis entretiennent des liens de parrainage avec une ville anglaise : Thetford. Je suppose que Titi doit être un merveilleux ambassadeur des Ulis en Angleterre. Il parle souvent de nous dans la presse. Thierry n'a rien oublié. Il sait d'où il vient. C'est encourageant mais il faut comprendre ceux qui en ont marre qu'on leur parle souvent de lui. Ici, le chômage, ce n'est pas rien, et cela représente le premier souci de pas mal de jeunes ". Bel exemple d'intelligence et de maturité de Naji Farid observé de loin par ses copains. Il ne faudrait pas que la réussite de Thierry Henry signifie que, par rapport à cela, leur parcours personnel ne devienne finalement que synonyme d'échec : ce n'est pas le but du jeu. A la mairie des Ulis, Thierry Henry est présent dans bon nombre de publications. Au service communication, on vend même son maillot avec d'autres petits objets et souvenirs des Ulis. Jean-Marc Rombi est le directeur de la communication de la mairie. Il connaît l'histoire de sa ville sur le bout des doigts. " Il y a une identification remarquable entre les Ulis et Thierry Henry : le footballeur et la ville sont nés la même année, en 1977 ", raconte Jean-Marc Rombi. A l'époque, pour faire face aux développements industriel et scientifique de la Vallée de Chevreuse, des territoires de Bures et d'Orsay sont regroupés et on y érige plus de 10.000 logements. La ville, consacrée aux piétons, a été conçue par l'architecte Robert Camelot, lauréat du Prix de Rome. Encore faut-il trouver un nom pour la ville de Thierry Henry. Les édiles optent finalement pour les Ulis. Ce plateau agricole est réputé pour la qualité de ses terres surtout consacrées à la culture des fraises. Après la récolte, les agriculteurs procèdent à l'écobuage (usler en latin), un procédé de culture ancienne consistant à brûler les herbes des champs avant de les fertiliser avec les cendres. Usler se transforma en... Ulis. Des fouilles mettent aussi au jour un lopin de terrain appartenant à un propriétaire de l'époque gallo-romaine, le chevalier Uslo, d'où le nom de la ville, Ulis ? Jean-Marc Rombi préfère la première version de l'histoire mais, quoi qu'il en soit, malgré sa jeunesse, la ville des Ulis a des racines qui viennent de loin. Cette fois, grâce à Thierry Henry, elle en a en Guadeloupe. " La réussite de Thierry Henry a tout de suite constitué un message fort et surtout positif pour les Ulis ", affirme Jean-Marc Rombi. " Titi est le joueur de talent, un attaquant de classe mondiale qui sera probablement un jour le numéro 1 de sa corporation. C'est, indiscutablement, un sujet de fierté, une référence sportive et morale. Personne n'atteint un tel niveau par hasard. Et, dans ce contexte, les Ulis ont leurs mérites. C'est chez nous que ce champion sportif, comme d'autres, a pris son envol, créant un source de motivation pour tous nos jeunes. Le talent et le travail se complétaient à merveille. Ce message, important, a surtout eu un sens pour la ville des Ulis durant et après la Coupe du Monde 98. La France et Thierry Henry étaient champions du monde. Les Ulis aussi, finalement, grâce à Titi qui parlait souvent de son parcours dans les médias. Il est venu chez nous et nous l'avons biens sûr accueilli et honoré comme il se devait en 1998. Toute la ville était là, évidemment. C'est un fils du peuple et notre maire a voulu qu'il aille à la rencontre des citoyens, de ses amis, de ses connaissances. Ce fut une grande fête populaire. Les jeunes étaient présents en masse, nous avons imprimé des tee-shirts pour célébrer cet événement ". " Titi, c'était l'incarnation de la gagne, de la réussite, du travail et de la gentillesse ", continue-t-il. " Notre fierté est restée la même, parfaitement intacte, mais le temps passe vite. Thierry Henry ne cesse de progresser et cela l'entraîne désormais vers d'autres galaxies. Après la Coupe du Monde, la ville et son fils, pris par ses obligations, se sont naturellement éloignés l'un de l'autre. Titi est très sollicité, surtout en Angleterre. Il nous échappe en quelque sorte, c'est un constat, rien de plus. Nous ne pouvons pas exiger qu'il revienne à la première occasion. Les retrouvailles ne sont jamais faciles à mettre sur pied. Avant 1998, les Ulis n'étaient pas connus à ce point. Maintenant, dès qu'on pose une question à propos de la ville où est né Thierry Henry, la réponse fuse partout : aux Ulis. Il faut prendre du recul à présent afin de souligner que cette ville compte d'autres très grands champions sportifs : Trouabal, Sangouma, Evra, etc. Aux Ulis, il y a évidemment une culture du sport. Elle passe par Thierry Henry mais aussi par d'autres champions d'hier et d'aujourd'hui. Evra ne sera jamais un Thierry Henry mais sa progression vaut aussi le coup d'£il ". Il n'y aura qu'un Thierry Henry, mais d'autres, c'est vrai, ont desmérites qu'il serait tout à fait stupide d'ignorer. D'ailleurs, en pleine Beckhammania, la presse sportive n'oublie pas de tresser une couronne à Thierry Henry. Zinédine Zidane a été laissé au repos pour la Coupe des Confédération par Jacques Santini et le petit gars des Ulis est devenu le chef des file des Bleus. Un rôle qui lui va comme un gant. Le directeur de la communication des Ulis a déposé L'Equipe sur son bureau. Titi figure à la Une. Comme d'habitude. Quelques jours plus tôt, on a pu lire dans le même journal que Thierry Henry a passé deux semaines de vacances aux Etats-Unis, à San Antonio, afin de suivre la finale de la Conférence Ouest de NBA : les Spurs contre Dallas. Tony Parker, de San Antonio, est un de ses grands copains. Là, pour rejoindre les propos du directeur de la communication des Ulis, on est très loin de sa cité natale du Bosquet. Avant de rejoindre les Bleus, Titi prépara la Coupe des Confédérations au centre d'entraînement d'Arsenal et multiplia les séances de sprint court. Claude Chezelle, son premier entraîneur, aux Ulis, aurait certainement apprécié d'assister à ces travaux forcés de Thierry Henry. En juillet 1998, Mamadou, un des potes du Bosquet, déclara à Vivre aux Ulis, le bulletin de la ville de Thierry Henry : " Moi, je l'ai bien connu. J'ai tapé dans la balle avec lui. Bien sûr qu'il jouait bien. Mais finalement pas beaucoup mieux que les autres à l'époque. Aux Ulis, c'est fou le nombre de footballeurs de talent qui évoluent dans les clubs de la région. Mais, lui, il a dû beaucoup travailler ". Une habitude qu'il n'a pas perdue depuis son enfance aux Ulis. " C'est sa force ", dit Naji Farid. " Elle le poussera loin, très loin mais, où que cela puisse le mener, il sera toujours des Ulis ". " La réussite de Thierry Henry est un message fort et positif pour les Ulis " (Jean-Marc Rombi, de la mairie) " Qu'est-ce que vous cherchez ? Thierry Henry ? Vous vous tirez maintenant "... (Un jeune, dans la rue)