Thierry, dit Titi, est né à Paris le 17 août 1977 et passe son enfance aux Ulis, un quartier pauvre du sud de la capitale française. Il fait ses premières classes à l'INF de Clairefontaine avant de rejoindre Monaco en 1990. Son père est originaire de la Guadeloupe et sa mère de la Martinique. Ce patrimoine génétique venu des Caraïbes a son importance: il permet de comprendre pourquoi les goals de ce footballeur sont différents de ceux des autres attaquants et pourquoi il lui est plus difficile de se contenter d'un tap-in que de vouloir éblouir tout le monde en tentant un tir incroyable, quitte à le manquer.
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Thierry, dit Titi, est né à Paris le 17 août 1977 et passe son enfance aux Ulis, un quartier pauvre du sud de la capitale française. Il fait ses premières classes à l'INF de Clairefontaine avant de rejoindre Monaco en 1990. Son père est originaire de la Guadeloupe et sa mère de la Martinique. Ce patrimoine génétique venu des Caraïbes a son importance: il permet de comprendre pourquoi les goals de ce footballeur sont différents de ceux des autres attaquants et pourquoi il lui est plus difficile de se contenter d'un tap-in que de vouloir éblouir tout le monde en tentant un tir incroyable, quitte à le manquer. Arsène Wenger, qui l'avait vu grandir à Monaco et qui l'a voulu à tout prix à Arsenal, ne cache pas que cette situation le dérange un peu. En bon Alsacien pragmatique qu'il est, il répète qu'il admire le génie exotique de Titi mais qu'il doit sans cesse insister pour qu'il mette fin à ce dégoût pour la facilité : il doit se décider à expédier le ballon dans le but de n'importe quelle manière, y compris avec la cuisse. Ailier pour jouerCe problème n'est pas nouveau et tout le monde n'a pas envie d'accepter les petites particularités d'Henry. Les dirigeants de la Juventus, par exemple, n'ont pas cru en ses qualités. Le transfert a été signé le 18 janvier 1999 et la cession à Arsenal est intervenue le 3 août! Mais le temps efface les mauvais souvenirs. Devenu le prince des buteurs du championnat anglais, l'attaquant explique que l'expérience turinoise a été unique même si elle n'a pas duré sept mois. Sous le maillot turinois, il disputa 16 rencontres et n'inscrivit que trois buts. Il y eut donc plus d'incompréhensions que de goals : "Mais mes rapports avec les joueurs et les supporters ont été excellents dès le premier jour. Pourtant, je me rappelle qu'avant de débarquer à Turin, j'étais anxieux. Je me demandais comment Del Piero, Inzaghi et Davids allaient me traiter et comment j'allais faire pour m'entendre avec tant de joueurs de haut niveau. En fait, ils ont tout fait pour que je me sente immédiatement l'un d'eux. J'ai été surpris par tant de cordialité et par un tel esprit de groupe. Quant aux supporters, ils m'ont adopté dès le premier jour. Evidemment, il n'en a pas été de même avec les dirigeants puisque c'est leur comportement qui m'a incité à aller voir ailleurs. Je ne veux pas entrer dans les détails, certaines choses doivent rester privées. Mais je dirais que j'ai un caractère fort et que je défends ma dignité. Voilà pourquoi me céder à Arsenal était la meilleure solution". Il n'empêche que ses deux entraîneurs, Lippi et Ancelotti, ne se sont pas rendu compte de son potentiel technique. Le premier le fit monter au jeu six jours après son arrivée face à Perugia. Henry remplaça Fonseca à 20 minutes du terme et se distingua en loupant quatre superbes occasions. D'accord, il manifestait quelques lacunes techniques et une certaine imprécision devant le but, mais sa vitesse extraordinaire et son énorme potentiel étaient évidents. Arrivé en février, Ancelotti l'a même aligné au demi latéral gauche. A l'époque, la rumeur voulait que cette position fût à la base de son envie de quitter la Juventus. Henry : "Attention, ce n'est pas de leur faute. Quand je suis arrivé de Monaco, j'étais considéré comme un élément évoluant sur le flanc et non pas comme un centre-avant. C'est vrai que j'étais plus ou moins devenu un ailier et j'étais aussi convaincu que c'était mon rôle de prédilection. Et tout ça alors que j'avaient fait mes classes en pointe jusqu'à mes 16 ans. Mais, en août 1994, pour pouvoir jouer en équipe Première de Monaco, j'ai dû me réinventer. L'attaque était composée de deux éléments talentueux, Sonny Anderson et Victor Ikpeba et, pour jouer, j'aurais même accepté de prendre place dans le but". Le souvenir de Wenger"Le mérite de mon évolution revient à Arsène Wenger. Il m'avait vu alors que je figurais dans les équipes de jeunes à Monaco mais il s'en était allé en septembre 1995. J'en étais à mes débuts et Jean Tigana, qui lui a succédé, m'a aligné à l'aile. Mais Wenger n'avait jamais oublié le Thierry Henry centre-avant et il me voulait à Arsenal en 1998, après la Coupe du Monde mais Monaco m'a poussé vers la Juventus. Quand il m'a finalement emmené à Londres, il m'a rapidement dit -Thierry si tu redeviens centre-avant, tu iras haut, très haut. Personnellement, je n'en étais pas convaincu mais je l'ai écouté parce que j'avais confiance en lui et en ses qualités de technicien". Depuis le doublé championnat-Coupe d'Angleterre en 1997-1998, Arsenal a marqué le pas. Le Français n'a-t-il jamais eu la sensation qu'il s'était trompé d'équipe?"Les explications ne manquent pas mais e club devait faire face au passage de Nicolas Anelka au Real Madrid et au mécontentement d'autres joueurs comme Emmanuel Petit et Marc Overmars, qui étaient décidés à s'en aller. Personnellement, j'ai dû beaucoup travailler pour retrouver les mouvements, les automatismes et les touches de balle d'un attaquant pur. Et maintenant, Arsenal se retrouve à nouveau dans la possibilité d'enlever un trophée". Nicolas Ribaudo, avec ESM,