En février dernier, Jess Thorup participait à une émission de télé en Flandre. Il avait évoqué ce qui pend au nez de chaque entraîneur : un C4 pour résultats insuffisants. " Je ne sais pas comment on se sent dans un moment pareil. On m'a déjà dit que pour devenir un vrai entraîneur, il fallait avoir connu un licenciement. Je pourrais supporter ça. "
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En février dernier, Jess Thorup participait à une émission de télé en Flandre. Il avait évoqué ce qui pend au nez de chaque entraîneur : un C4 pour résultats insuffisants. " Je ne sais pas comment on se sent dans un moment pareil. On m'a déjà dit que pour devenir un vrai entraîneur, il fallait avoir connu un licenciement. Je pourrais supporter ça. " Arrivé à La Gantoise en octobre 2018 en capitalisant sur son titre inattendu avec le FC Midtjylland, le Danois n'avait jamais été viré avant la semaine passée. Alors qu'il coache depuis mars 2011. La direction n'a pas voulu être patiente et a tranché dans le vif après deux matches de championnat seulement. Elle n'a pas voulu tenir compte de ce qu'il avait déjà réalisé chez nous : une accession à la finale de la Coupe de Belgique (perdue contre Malines), une bonne contribution à l'éclosion de Jonathan David et à sa vente pour 32 millions d'euros, et un parcours jusqu'en seizième de finale de l'Europa League. Mais on n'a jamais eu l'impression qu'il faisait l'unanimité dans les bureaux d' Ivan De Witte et Michel Louwagie. Là-bas, on continue à avoir la nostalgie de personnalités charismatiques comme Michel Preud'homme et Hein Vanhaezebrouck. Thorup n'a pas le même profil. C'est un pur Scandinave, un gars sobre, qui évite les déclarations tapageuses, qui reste calme le long de la ligne. On entend que les patrons de Gand avaient déjà commencé à lui couper les ailes en mai de cette année, quand on lui avait fourgué Wim De Decker comme nouvel adjoint. À la place de Peter Balette, son bras droit, envoyé au poste de directeur technique. Thorup considérait Balette comme un " ami ", comme un " symbole du club ". Mais la direction lui reprochait d'être toujours d'accord avec son T1. Pour comprendre le départ catastrophique et le C4 donné à Jess Thorup, on ne peut ignorer la perte de Jonathan David. Il y avait son opportunisme, ses statistiques et aussi sa participation énorme dans le pressing vers l'avant. Au cours des trois premiers matches, Gand n'a pas marqué un seul but sur une phase construite. Alors qu'il y a toujours du beau monde pour occuper les postes les plus avancés. Comme Giorgi Chakvetadze. Mais il a du mal à retrouver son niveau après une opération au genou. Comme Roman Bezus. Mais il n'arrive pas à être régulier dans la durée. Comme Alexandre De Bruyn. Mais il s'est déchiré les croisés juste avant le début du championnat et on ne le verra pas avant six mois. Laszlo Bölöni a signé pour deux ans. Il intéressait De Witte depuis 2013. Roger Henrotay, qui a été brièvement conseiller sportif de La Gantoise en 2018, a facilité son arrivée. Son fils Martin, via l'agence Vision Foot, est le manager de Roman Yaremchuk et Chakvetadze (deux des joueurs sur lesquels la direction compte pour faire entrer beaucoup d'argent dans la caisse), mais également de Jean-Luc Dompé, qu'il avait amené au club, sans succès sportif. Le coach roumain a reçu deux missions : qualifier les Buffalos pour la phase de groupes de la Ligue des Champions et conquérir un deuxième titre. " Évidemment, je voudrais qu'on arrive à pratiquer un foot artistique et flamboyant. Mais il n'y a rien qui tombe du ciel. Tout ce que j'ai réalisé jusqu'à présent, c'était au prix d'un très gros travail, de beaucoup de sérieux, de nombreux sacrifices. C'est agréable de parler de spectacle et de faire des miracles, mais pour ça, il faudra toujours énormément transpirer. " " Bölöni insiste beaucoup sur la nécessité d'afficher une mentalité de battant ", explique Dino Arslanagic, qui a côtoyé le Roumain à l'Antwerp et le retrouve à la Ghelamco. " Il exige un engagement permanent. Les défenseurs et les médians reçoivent des consignes strictes, surtout en perte de balle. Par contre, il considère les attaquants comme ses artistes et il leur laisse beaucoup de liberté. "