La Ryder Cup débute ce vendredi 30 septembre au domaine de golf américain de Hazeltine (Minnesota). C'est un tournoi unique et prestigieux (plus d'infos dans nos pages sportives). " Aucun autre tournoi ne dégage une ambiance aussi semblable à celle du football ", explique Davy De fauw. Avec deux de ses collègues golfeurs, il essaie de nous expliquer ce qui le passionne tant dans ce jeu.
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La Ryder Cup débute ce vendredi 30 septembre au domaine de golf américain de Hazeltine (Minnesota). C'est un tournoi unique et prestigieux (plus d'infos dans nos pages sportives). " Aucun autre tournoi ne dégage une ambiance aussi semblable à celle du football ", explique Davy De fauw. Avec deux de ses collègues golfeurs, il essaie de nous expliquer ce qui le passionne tant dans ce jeu.Médian du Sporting Lokeren. 33 ans. Joue depuis 2012. Handicap 24. KOEN PERSOONS : " Cette balle que je touche bien et qui fait exactement ce que je veux, c'est pour ce sentiment que je joue. Je veux toujours faire mieux. J'ai l'instinct de compétition. En même temps, c'est un sport apaisant. L'espace de quelques heures, on se vide la tête. J'essaie de jouer au moins une fois par semaine, généralement avec mon beau-père ou avec mon coéquipier Killian Overmeire, qui s'y est mis il y a deux ans. Je suis souvent le golf à la télévision et je suis attentif, via Twitter, au parcours de professionnels comme notre Thomas Pieters et le Suédois Henrik Stenson. Stenson m'impressionne par son calme, son absence totale d'émotions, son regard dur... Je vais essayer de suivre la Ryder Cup le plus possible. Il y a quatre ans, quand Nicolas Colsaerts avait joué à Medinah, il m'arrivait de regarder la télé jusqu'à deux heures du matin, au lit, ce qui agaçait ma femme. C'était terriblement passionnant. La Ryder Cup est unique : normalement, chaque golfeur est concentré sur lui-même mais là, il fait partie d'une véritable équipe et il laisse libre cours à ses émotions. Je me surprends parfois à sauter de mon fauteuil pour applaudir. Pieters va faire sa part de travail à Hazeltine ? C'est un long hitter, un joueur qu'on peut toujours utiliser pour mettre l'adversaire sous pression. Je suppose d'ailleurs que c'est ainsi qu'il a impressionné le capitaine Darren Clarke à l'Open du Danemark, où il a disputé un de ses meilleurs circuits. Il mérite largement sa sélection, sur base des résultats obtenus ces derniers mois. La Ryder Cup devrait lui convenir : normalement, il a toujours un jour sans dans un tournoi mais comme la Ryder Cup ne dure que trois jours au lieu de quatre, il va peut-être y échapper. " Analyste, entraîneur des jeunes au KRC Genk et ex-Diables Rouges. 38 ans. Joue depuis 2001. Handicap 8,4. WESLEY SONCK : " J'ai découvert le golf en 2001 quand je jouais à Genk mais faute de temps, avec l'équipe nationale et les rencontres européennes, je ne jouais qu'une dizaine de fois par an. Mes vrais débuts datent de 2010 : au Lierse, mon programme s'est allégé. Les footballeurs sont bons en golf comme dans la plupart des sports de balle. La grande différence, c'est qu'en golf, la balle est à l'arrêt et qu'on joue pour soi-même. Dans un mauvais jour, on est seul. Globalement, j'atteins un niveau potable mais le golf est un sport capricieux : une semaine n'est pas l'autre. Parfois, je suis tellement frustré que j'ai envie de casser mon club en deux. J'essaie de jouer trois à quatre fois par semaine, la plupart du temps dans mon club, à Enghien, ou à Houthalen, un superbe terrain près de Genk. Récemment, j'ai joué avec Thomas Pieters à Londres, où nous étions allés voir Tottenham-Monaco. Il envoyait la balle scandaleusement loin et avec une telle précision que je me sentais comme un footballeur de provinciale qui découvre la D1. Sans se concentrer, il a atteint -4 en 18 trous. Il est en pleine forme et je m'attends à ce qu'il joue un rôle de premier plan en Ryder Cup. Je regarderai sûrement ses matches. Il y a quatre ans, je n'ai pas loupé une minute de l'opposition entre Nicolas Colsaerts et Tiger Woods. Je suis d'ailleurs régulièrement des tournois. L'année dernière, je suis allé au KLM Open des Pays-Bas et au KPMG Trophy d'Aartselaar. Dans le monde du football, Marc Degryse jouit d'une bonne réputation de golfeur. Nous allons parfois jouer à Ostende. Sa force, c'est sa régularité. Frederik Boi, Tomasz Radzinski, Geert De Vlieger, Bernd Thijs et Jacky Mathijssen sont également de bons golfeurs. Parmi les Diables Rouges, Thomas Vermaelen et Jan Vertonghen sont accros au golf. Je les ai présentés à Thomas Pieters. C'était fou : ils se réjouissaient autant de la rencontre que Thomas. Celui-ci ne pouvait pas comprendre que ces Diables Rouges l'admirent tant. " Défenseur de Zulte Waregem. 35 ans. Joue depuis 2009. Handicap 19,6. DAVY DE FAUW : " J'ai chopé le virus quand je jouais à Roda JC, grâce à un événement de sponsoring d'un club de golf. Le kick qu'on ressent quand on frappe parfaitement la balle est indescriptible. On est dans la nature, loin de la pression inhérente au football. On peut jouer seul mais aussi faire la connaissance de gens issus de milieux complètement différents. C'est ce qui est intéressant. En fonction du programme, j'essaie de jouer deux fois par semaine. Le problème est que nous jouons souvent le dimanche. Je peux donc rarement participer à des tournois et améliorer mon handicap. Personne ne joue, à Zulte Waregem, mais au Club Bruges, j'allais souvent jouer avec Michel Preud'homme. Toujours maintenant. La plupart des gens ne connaissent que son côté nerveux pendant les matches mais sur les greens, Michel est très agréable. Et très compétitif. Il a un handicap de 7 environ. Je reconnais ne pas penser beaucoup au golf. L'année passée, j'ai regardé le KLM Open, où a triomphé Pieters et j'essaie déjà d'acheter des places pour la prochaine Ryder Cup, qui se déroulera à Paris. Peut-être Thomas Meunier pourra-t-il m'aider ! Je suis tous les tournois. J'ai même une appli pour les suivre en direct avec mon gsm. Le golf grandit en Belgique, notamment grâce aux trois Belges qui sont performants au niveau international : Colsaerts, Pieters et le jeune Thomas Detry. Je suis super content que Pieters soit repris dans l'équipe européenne. Je l'espérais après sa quatrième place à Rio. Sa participation rend cette édition encore plus spéciale mais la Ryder Cup est unique, de toute façon : on peut crier et jubiler. L'Américain Bubba Watson chauffe le public à lui seul. Cette atmosphère de football est inédite en golf. "PAR MATTHIAS STOCKMANS - PHOTO BELGAIMAGE