Tu es resté près de six mois sans club. Ton sentiment, maintenant que tu es à nouveau un footballeur de D1 ?

Thomas Chatelle : Je prends du plaisir, aux entraînements et pendant les matches. Dès que je suis arrivé à Mons, tout s'est bien passé. L'accueil a été très bon, les conditions de travail sont idéales. En plus, l'équipe tourne !
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Thomas Chatelle : Je prends du plaisir, aux entraînements et pendant les matches. Dès que je suis arrivé à Mons, tout s'est bien passé. L'accueil a été très bon, les conditions de travail sont idéales. En plus, l'équipe tourne ! C'est vrai que le contraste est total. A Saint-Trond, rien n'a fonctionné. Au départ, c'était déjà compliqué. J'avais débarqué dans les dernières heures du mois de janvier, j'appartenais toujours à Anderlecht et je n'étais donc qu'un prêt, l'équipe ne tournait pas du tout, je devais m'adapter au terrain synthétique, etc. J'ai cru que ça pouvait fonctionner parce que j'avais le nez dans le guidon, mais avec le recul, je comprends que c'était fort compromis dès le départ. Pour moi et pour tout le club. Et donc, il a fini par basculer en D2. Quand je repense à tout ce que j'ai connu là-bas, je comprends mieux la saison du Cercle : l'équipe a beau avoir des qualités, elle rame parce qu'elle a tout contre elle. J'avais bien travaillé pendant la période où je n'avais pas de club. Dès le premier entraînement, j'ai eu un bon feeling. J'avais les jambes, j'avais toujours une bonne pointe de vitesse. Je n'avais perdu que ce qui s'acquiert via un travail collectif et une véritable préparation. J'avais contacté Enzo Scifo pendant les grandes vacances. Il m'avait expliqué que mon profil l'intéressait mais qu'il n'avait pas de place pour moi dans son noyau. Le deuxième contact, en novembre, a été le bon. Le malheur des uns fait le bonheur des autres : je suis bien conscient que la blessure de Tim Matthys a joué pour moi. J'en avais mis un en Coupe des Pays-Bas lors de mon prêt à NEC Nimègue, mais en championnat, il fallait remonter à près de trois ans avec Anderlecht : une volée magnifique contre Gand, lors des play-offs. Oui, ça faisait un bout de temps. Ça peut paraître anecdotique, mais quand j'ai scoré face à Waasland-Beveren, j'ai repensé à tout ce que j'avais enduré entre-temps. J'ai vécu ce goal comme un soulagement et comme une récompense de tout mon travail dans l'ombre. J'ai pris deux matches de suspension suite à ma carte rouge contre Lokeren. Puis, je me suis fait une petite blessure. J'aurais pu remonter sur le terrain à la fin du mois mais Enzo Scifo a préféré me laisser souffler parce que j'avais fait beaucoup d'efforts pour revenir. Après une aussi longue inactivité, c'était sûrement une bonne décision. La trêve arrivait et j'ai profité de la semaine de stage en Espagne pour achever de me remettre à flot. Il y a une option pour me prolonger. Nous avons convenu de nous revoir avant la fin du mois de mars. J'entends des échos positifs. Mais je ne suis pas inquiet. Après ce que j'ai vécu l'été dernier, il en faut plus pour me faire paniquer. Ma reconversion, j'y ai déjà réfléchi attentivement. J'ai stoppé le processus quand Mons s'est manifesté. C'était sans doute mon destin. Maintenant, je n'ai plus envie de traverser une période aussi difficile. Et je n'accepterais pas n'importe quoi, simplement pour pouvoir dire que je prolonge encore un peu ma carrière professionnelle. Il me faut un truc solide, un vrai projet. La solidarité dans l'équipe n'a jamais été aussi forte. Le meilleur exemple, c'est notre victoire au Standard. Tout le monde s'est donné à 200 % pour remporter ses propres duels. Quand on fait ça, Mons peut battre n'importe qui. Mais si un seul joueur abandonne ses coéquipiers, nous pouvons être battus par toutes les équipes. PAR PIERRE DANVOYE