Thierry Siquet : " Bizarrement peut-être, l'échange de maillots qui évoque un souvenir tout particulier chez moi, est celui auquel j'ai procédé un jour avec l'attaquant des Bleu et Noir du Club, Sven Vermant. C'était en apothéose de la Coupe de Belgique, en 1996 et la rencontre n'avait pas pour cadre le stade Roi Baudouin, comme à l'accoutumée, mais l 'Olympiastadion brugeois, qui ne s'appelait pas encore Jan Breydel, à l'époque. La petite histoire avait effectivement voulu que tant le Cercle Bruges, où je militais, que son frère ennemi se retrouvent cette année-là en finale de l'épreuve et les deux directions concernées avaient obten...

Thierry Siquet : " Bizarrement peut-être, l'échange de maillots qui évoque un souvenir tout particulier chez moi, est celui auquel j'ai procédé un jour avec l'attaquant des Bleu et Noir du Club, Sven Vermant. C'était en apothéose de la Coupe de Belgique, en 1996 et la rencontre n'avait pas pour cadre le stade Roi Baudouin, comme à l'accoutumée, mais l 'Olympiastadion brugeois, qui ne s'appelait pas encore Jan Breydel, à l'époque. La petite histoire avait effectivement voulu que tant le Cercle Bruges, où je militais, que son frère ennemi se retrouvent cette année-là en finale de l'épreuve et les deux directions concernées avaient obtenu une dérogation afin que l'événement ait lieu sur leurs terres en lieu et place de Bruxelles. En raison du caractère historique de cette rencontre, je l'épinglerai en priorité même s'il n'y avait pas eu photo entre notre voisin et nous. Cet après-midi-là, les Clubmen l'avaient méritoirement emporté par 2-1. Je n'étais toutefois pas rentré les mains vides chez moi puisque j'avais quand même eu droit à deux chouettes souvenirs : la médaille du vaincu ainsi que le maillot frappé du 7 de Sven Vermant, mon adversaire direct. En l'espace de six saisons passées au Cercle, entre 1991 et 1997, nous avions souvent livré des duels épiques. Mais jamais encore, en toutes ces occasions, il ne m'avait fait le moindre cadeau. Cette fois-là, au moins, il avait eu le bon goût de me laisser un petit quelque chose (il rit). La toute première vareuse que j'ai troquée, je m'en souviens aussi comme si c'était hier. Elle avait pour cadre mes débuts européens avec le Standard contre le NK Rijeka, au premier tour de la Coupe de l'UEFA en 1986-1987. Au match retour, à Sclessin, j'avais été appelé à remplacer le Croate Zoran Jelikic au centre de la défense. Nous avions obtenu le nul, 1 à 1, grâce à un but inscrit par Gilbert Bodart sur penalty. Un goal qui était synonyme de qualification puisqu'à l'aller mes coéquipiers s'étaient imposés 0-1 grâce à Nico Claesen. Aujourd'hui encore, ce maillot-là, soigneusement encadré, pend à l'un des murs de la chambre que j'occupais chez mes parents. Le hic, c'est que je suis incapable de dire à qui il appartenait. En ce temps-là, en effet, les noms des joueurs n'étaient pas encore floqués. Dès lors, je me demande toujours aujourd'hui qui est l'attaquant qui m'a remis sa tunique : était-ce un certain Mtraljan ou était-ce son compère Vujicic, qui formaient tous deux la ligne d'attaque ce soir-là ? Le mystère reste entier. En Coupe d'Europe, j'ai d'ailleurs souvent joué de malchance lorsqu'il s'agissait de sacrifier au rituel d'usage d'après match tant les vedettes se montraient souvent très capricieuses. C'était le cas, notamment, de Dejan Stankovic que j'avais croisé sur ma route avec le Germinal Ekeren en 1997, au moment où il jouait encore à l'Etoile Rouge Belgrade avant d'être transféré à la Lazio Rome la saison suivante. Il avait tenu à conserver sa vareuse au lieu de la donner à un illustre inconnu (il rit). Plus tard, quand j'ai donné la réplique à Benfica avec La Louvière, je m'étais heurté à la même fin de non-recevoir de la part d'un des joueurs du club lisboète. Qu'à cela ne tienne, j'ai conservé mon maillot louviérois de cette soirée. Une pièce unique puisque, pour faire de l'effet sur les Benfiquistes, nous avions revêtu une tenue lignée vert et blanc, ressemblant comme deux gouttes d'eau à celui du Sporting Portugal. Malheureusement, cela n'avait pas suffi pour impressionner notre adversaire qui avait passé le tour logiquement ". par Bruno Govers