Djamba avait 16 ans lorsqu'il quitta le nid familial pour rejoindre le centre de formation du club nordiste. A l'époque, il habitait à Charleroi et jouait au RWDM : "Après un match d'Espoirs contre Harelbeke, le délégué de l'équipe est venu me dire que des recruteurs de Lille avaient été charmés par ma prestation. J'ai cru à une blague car je n'aurais jamais imaginé qu'on vienne visionner des joueurs de ce niveau. Moi, je jouais pour m'amuser mais la même semaine, les gens de Lille sont venus discuter avec mes parents et, trois mois plus tard, nous acceptions leurs conditions".
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Djamba avait 16 ans lorsqu'il quitta le nid familial pour rejoindre le centre de formation du club nordiste. A l'époque, il habitait à Charleroi et jouait au RWDM : "Après un match d'Espoirs contre Harelbeke, le délégué de l'équipe est venu me dire que des recruteurs de Lille avaient été charmés par ma prestation. J'ai cru à une blague car je n'aurais jamais imaginé qu'on vienne visionner des joueurs de ce niveau. Moi, je jouais pour m'amuser mais la même semaine, les gens de Lille sont venus discuter avec mes parents et, trois mois plus tard, nous acceptions leurs conditions".Ce fut d'autant plus facile que Djamba était en fin de contrat au RWDM. Lille lui offrait une formation footballistique et scolaire, un toit près du centre d'entraînement et un bon contrat de quatre ans."Pourtant, les premiers mois furent terriblement difficiles", dit-il. "Au Congo, la famille, c'est très important et j'étais loin des miens. A l'entraînement aussi, c'était dur car le niveau était bien plus élevé qu'en Belgique: vitesse d'exécution, condition physique... Je me suis demandé ce que je faisais là. Heureusement, les centres de formation français sont préparés à cela et j'ai pu compter sur l'aide d'un psychologue pour m'adapter. Et sur le terrain aussi, j'ai progressé. Parfois, on nous faisait faire des exercices dont je ne voyais pas l'utilité mais on nous expliquait à quoi ils servaient".Selon Marc Van Geersom, l'entraîneur national des jeunes, Djamba a beaucoup progressé à Lille. "Il ose désormais rentrer dans le rectangle", dit-il. Envie de rencontrer EmileDjamba approuve en expliquant pourquoi on le surnomme parfois Thierry Henry : "J'aime être servi en profondeur car je suis assez rapide. Et mon style de jeu fait penser au sien, c'est depuis le début qu'on m'appelle comme ça. Et ça me fait plaisir". Serge Djamba-Shango est arrivé en Belgique à l'âge de quatre ans et n'est plus jamais retourné au Congo depuis lors. Pourtant, il se sent toujours Congolais. "J'écoute de la musique africaine et c'est au milieu de mes compatriotes que je me sens le mieux. Je regrette d'ailleurs que ma famille ne soit jamais retournée au pays. Plus tard, si je réussis au football, je veux faire quelque chose pour ce peuple: fonder une école de football, un hôpital ou quelque chose comme ça. Car j'y retournerai, c'est sûr".Son grand regret, c'est de ne jamais avoir rencontré Emile Mpenza : "Nos parents se connaissent et j'aimerais discuter de notre pays avec lui". Malgré le sang congolais qui coule dans ses veines, il a opté pour la nationalité belge et a déjà fait parler de lui au championnat d'Europe des -19 ans en inscrivant des buts face à l'Espagne et la Pologne, le futur champion : "Cette compétition m'a appris à faire face à la pression et à éviter certaines situations. Mais j'apprends beaucoup à Lille également où des joueurs comme Mikkel Beck, l'international danois, me donnent souvent de bons conseils car je vais régulièrement prendre un verre avec les joueurs de l'équipe Première". En fin de saison, il sera libre. Cela ne semble guère le tracasser : "Je dois bientôt discuter avec les dirigeants et je saurai alors si on renouvelle mon contrat ou pas. On verra mais on m'a déjà fait comprendre qu'on était content de moi. Je m'entraîne avec l'équipe Première et la Réserve est en tête du championnat avec huit points d'avance. Ce qui me freine, ce sont les bons résultats du club car, en vue de la Ligue des Champions, l'entraîneur a opté pour des joueurs plus expérimentés. A vrai dire, je me suis fixé pour objectif d'être repris en première cette saison, sans quoi je partirai dans un club belge moyen, où j'aurai l'occasion de jouer".Matthias Stockmans, ,