Le réveil sonne en octobre. Parce qu'au soir de la défaite au Beerschot, qui scelle le sort d' Hannes Wolf, Theo Bongonda quitte la pelouse prématurément quand l'arbitre lui montre du rouge pour un coup de coude synonyme de trois rencontres loin des terrains. Le retour sur le pré se fait sous les ordres d'un Jess Thorup qui installe alors un 3-4-2-1 qui rapproche son gaucher du but adverse. Le résultat est presque immédiat.
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Le réveil sonne en octobre. Parce qu'au soir de la défaite au Beerschot, qui scelle le sort d' Hannes Wolf, Theo Bongonda quitte la pelouse prématurément quand l'arbitre lui montre du rouge pour un coup de coude synonyme de trois rencontres loin des terrains. Le retour sur le pré se fait sous les ordres d'un Jess Thorup qui installe alors un 3-4-2-1 qui rapproche son gaucher du but adverse. Le résultat est presque immédiat. Un match victorieux, mais muet contre Charleroi, avant une série folle de six matches consécutifs à trouver le chemin des filets. En 540 minutes, Bongonda marque neuf fois, et sept de ces buts s'empilent entre la onzième et la quatorzième journée, dates prises en compte pour l'élection du joueur du mois de novembre, où il devance le dernier rempart du Standard Arnaud Bodart, héroïque dans les deux surfaces le mois dernier. Salué d'un doigt d'honneur teinté de déception sur les réseaux sociaux, le départ de Thorup n'a pas enrayé la machine Bongonda, enfin lancée après une arrivée laborieuse dans le Limbourg à l'été 2019. Il aura fallu attendre un peu plus d'un an pour que les huit millions dépensés par Genk trouvent un écho sur le terrain, mais rien ne semble désormais pouvoir arrêter l'ancien du Celta Vigo. Pendant l'interim de Domenico Olivieri ou dès la prise de fonction de John van den Brom, le tarif reste identique. Bongonda facture des buts, et rarement à l'unité. Son trio avec Junya Ito et Paul Onuachu est l'un des plus redoutables du championnat. Avec Bongonda, le ballon ne doit pas arriver jusqu'à la surface adverse pour devenir un danger pour la défense. Si le rectangle est plutôt le domaine de prédilection du géant nigérian Paul Onuachu, souvent servi sur un plateau par les centres millimétrés d'Ito, Bongonda fait plutôt parler la poudre à l'entrée des seize mètres, grâce à une frappe sèche et flottante qui piège la plupart des gardiens de l'élite. Au rayon des victimes, on retrouve successivement Sinan Bolat, Ortwin De Wolf, Daniel Schmidt, Hervé Koffi et Thomas Didillon, témoins privilégiés malgré eux de la forme sensationnelle de l'homme à huit millions d'euros. Dans un secteur offensif national en manque de gauchers, son profil pourrait forcément taper dans l'oeil de Roberto Martinez, toujours attentif aux joueurs capables de faire de telles différences à proximité du but adverse. Bongonda peut-il maintenir cette forme diabolique jusqu'en mars, date du prochain rassemblement des Diables? Si la réponse est affirmative, il faudra incontestablement compter avec cette équipe de Genk jusqu'au sprint final du championnat. Parce que ce Bongonda-là n'est pas fait pour jouer les seconds rôles.