Pour lui comme pour les supporters colchoneros, la séparation avec l'Atletico Madrid fut douloureuse. Mais aujourd'hui, Fernando Torres (23 ans) est heureux dans la cité des Beatles. Très heureux. Son intégration s'est parfaitement déroulée. Les supporters des Reds l'ont adopté et baptisé TheKid (l'enfant, traduction littérale d' ElNiño, qui était son surnom en Espagne). Ce soir, le plus cher transfert de l'été dernier (36,5 millions d'euros) s'apprête à disputer un quart de finale de la Ligue des Champions 100 % anglais, à l'Emirates Stadium d'Arsenal.
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Pour lui comme pour les supporters colchoneros, la séparation avec l'Atletico Madrid fut douloureuse. Mais aujourd'hui, Fernando Torres (23 ans) est heureux dans la cité des Beatles. Très heureux. Son intégration s'est parfaitement déroulée. Les supporters des Reds l'ont adopté et baptisé TheKid (l'enfant, traduction littérale d' ElNiño, qui était son surnom en Espagne). Ce soir, le plus cher transfert de l'été dernier (36,5 millions d'euros) s'apprête à disputer un quart de finale de la Ligue des Champions 100 % anglais, à l'Emirates Stadium d'Arsenal. FernandoTorres : En effet, lorsque je regarde dans le rétroviseur, je vois encore, au loin, mon départ de l'Atletico Madrid et la préparation d'avant-saison avec les Reds, une équipe nouvelle dont je ne connaissais aucun des membres. Il m'a fallu sortir de mon cadre, mais mes compagnons m'ont facilité la tâche. Sportivement, tout s'est bien passé également. Positif. Je pensais que j'éprouverais plus de difficultés à m'adapter à un football très différent. Je me demandais si j'allais être titulaire, si je parviendrais encore à inscrire des buts. Je me suis fait du souci pour rien. Les gens sont très accueillants, et c'est ce qui m'a le plus réconforté, car jusqu'ici, j'avais toujours vécu dans la même ville, dans le même club et côtoyé les mêmes personnes. Je pensais en maîtriser les rudiments mais en débarquant dans les îles, je me suis rendu compte qu'il n'en était rien, que l'anglais que l'on parle ici n'a rien à voir avec celui appris à l'école. Lorsqu'on me parlait de foot, je comprenais ce à quoi on faisait référence, mais lorsqu'on abordait d'autres thèmes, j'étais perdu. Oui, sans problème. Les gens respectent beaucoup plus la vie privée des joueurs ici qu'en Espagne. Bien sûr, ils me reconnaissent lorsque je me balade dans le centre-ville mais ils me laissent tranquilles. A Madrid, avant de pouvoir parler à un ami, je devais répondre aux sollicitations de 20 autres personnes. Ici, on attend que j'aie terminé ma conversation avant de m'accoster. Il m'a surpris. J'ai côtoyé de nombreux entraîneurs et chacun d'eux m'a appris quelque chose, mais Rafa a gagné des trophées, mâté de nombreux vestiaires compliqués et a toujours su tirer le maximum de chaque joueur. Il est au-dessus du lot. Il insiste sur des détails qui peuvent paraître insignifiants mais dont on mesure toute l'importance lorsqu'on y est confronté. Il vous fait progresser énormément. Pas seulement les joueurs espagnols. Il a engagé de nombreux joueurs, de toutes nationalités, et les défend. C'est réciproque. On espère tous que cela finira par s'arranger de la meilleure manière. Je n'ose imaginer Liverpool sans Benitez. J'ignore ce qui se passerait s'il s'en allait. Ce n'est pas qu'une impression, c'est la réalité. J'ai toujours aimé le football anglais. Avant d'y jouer, je le suivais régulièrement à la télévision et j'avais toujours rêvé de traverser un jour la Manche. Bien sûr, on ne peut jamais être certain de son coup, mais j'avais un bon pressentiment et cela s'est vérifié. Les caractéristiques du foot anglais sont la rapidité et les contacts. Ce n'est pas évident. Dans mon cas, j'ai l'impression que ces caractéristiques sont très bénéfiques pour mon jeu. J'ai un contrat de six ans et j'espère rester longtemps à Liverpool. Il est différent. Les équipes anglaises, à l'exception du Top 4, délaissent un peu l'aspect tactique. Elles jouent surtout avec le c£ur. On aborde toujours un match avec l'intention de le gagner, on ne renonce jamais, on se bat pour chaque ballon. Avec, pour conséquence, qu'on laisse beaucoup d'espaces. Les meilleures équipes parviennent souvent à profiter de ces espaces pour arracher la victoire. Les contacts sont parfois durs, mais moins vicieux qu'en Espagne. On voit des tacles très appuyés, qui peuvent parfois faire des dégâts, mais en règle générale, la correction prévaut. Même vos propres supporters vous le reprocheraient. Honnêtement, moi non plus. J'avais confiance et savais que je pouvais réussir mais je n'imaginais pas que tout irait si vite. Au bout du compte, je parviens encore davantage à exprimer mes qualités à Liverpool qu'en Espagne. Dans cette équipe, chacun connaît son rôle. Des joueurs comme Steven Gerrard, Harry Kewell ou Jermaine Pennant me cherchent toujours, même s'ils ont d'autres options. Il suffit de bien se positionner. Ici, chaque offensive est menée en trombe et va se terminer par un tir au but. Malgré la présence de nombreux étrangers de renom, j'ai été surpris par la qualité de certains Anglais. Gerrard, par exemple. Il est bien meilleur qu'on ne l'imagine. J'ai l'impression qu'il s'exprimerait encore mieux dans un autre football, où l'on garde davantage le ballon. On se rendrait alors mieux compte de toutes ses qualités techniques. Je m'entraîne tous les jours avec lui et c'est un véritable phénomène. Oui, c'est sympa. Ici, on affuble beaucoup moins les joueurs de sobriquets qu'en Espagne ou en Argentine. Le fait qu'on m'ait déjà donné un surnom est le signe que j'ai été adopté. Oui, on chante mon nom sur le même air que Robbie Fowler et de Kenny Dalglish. On m'avait prévenu que lorsque le Kop chantait le nom d'un joueur, c'était toujours impressionnant, mais lorsqu'on m'a expliqué que l'air était le même que pour Dalglish autrefois, cela m'a encore plus ému car l'Ecossais est le footballeur n°1 dans l'histoire du club. Cela m'a aussi conféré des responsabilités. J'en suis très fier. J'avais besoin de jouer au plus haut niveau contre les meilleures équipes d'Europe, ce que l'Atletico ne pouvait pas m'offrir. La saison dernière, j'ai fait le maximum pour qualifier mon ancien club pour une compétition européenne, mais je n'y suis pas parvenu. Liverpool m'a offert la possibilité de disputer la Ligue des Champions et je ne pouvais pas la laisser passer. Aujourd'hui, d'autres joueurs doivent prendre le relais au stade Vicente Calderon et essayer de faire mieux que moi. C'est l'objectif de tout footballeur. A Liverpool, on n'imagine pas terminer au-delà de la quatrième place. A l'Atletico, on luttait pour l'atteindre, mais on n'y parvenait pas. La différence peut paraître minime alors qu'elle est de taille. Certes, la saison des Reds n'est pas une réussite à ce jour au niveau national avec également une élimination en Coupe d'Angleterre face à Barnsley, mais on pourra peut-être compenser en Ligue des Champions. En football, il y a des cycles. Pour que l'Atletico progresse, il valait mieux que je m'en aille. Mon départ a permis d'engager cinq ou six joueurs capables de faire la décision. Mon ancien club a les moyens de se qualifier pour la Ligue des Champions. J'espère qu'il réussira. Oui. Je suppose que tout le monde est content : Liverpool de payer et l'Atletico de percevoir. Je n'en ai pas encore eu l'occasion. Ce n'est pourtant pas l'envie qui me manque. Le jour où j'y retournerai, beaucoup de souvenirs me reviendront en mémoire. J'espère y rejouer, un jour. Ce serait un rêve. Cela signifierait que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, dans les deux clubs.par alfredo martinez (esm)