Fred The DJ pour vous servir ! Eh ouai, je suis devenu DJ. Des mecs un peu fous ont, aussi, senti chez moi quelques sillons de folie. Flatté je fus quand Hafid de Radio Bistrot m'a demandé d'être leur guest pour mixer pendant une heure. Pour leur annif, ça n'a pas été ma fête. Jamais fait ça moi. Je mixe comme un pied mais quel pied ! Un vrai plaisir ambidextre. Et puis l'endroit ! Le Hangar à Liège. Magnifique parenthèse hors du temps. Avec Vincent, le patron supporter du FC Liège. Depuis toujours. C'est trop tentant.
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Fred The DJ pour vous servir ! Eh ouai, je suis devenu DJ. Des mecs un peu fous ont, aussi, senti chez moi quelques sillons de folie. Flatté je fus quand Hafid de Radio Bistrot m'a demandé d'être leur guest pour mixer pendant une heure. Pour leur annif, ça n'a pas été ma fête. Jamais fait ça moi. Je mixe comme un pied mais quel pied ! Un vrai plaisir ambidextre. Et puis l'endroit ! Le Hangar à Liège. Magnifique parenthèse hors du temps. Avec Vincent, le patron supporter du FC Liège. Depuis toujours. C'est trop tentant. Pour décorer mon " stand ", faire plaisir à Vincent mais aussi un peu pour me rassurer, j'emmène quelques vareuses de mon époque au RFC Liégeois. Et tant qu'y faire quelques souvenirs d'échanges en Coupe d'Europe. Et donc vlà que pour mon set, je pends derrière moi, la " Buvez du Lait ", la " AJJA ", celle de la Juve, de Benfica, d'Akranes, etc. J'vous dis pas l'émeute. Les oreilles se bouchent, les yeux s'exorbitent. On me propose des milliards d'euros pour me les acheter. La nostalgie camarade. Elle bat son plein. Dans ce cas-ci, pour les bonnes raisons. Un maillot de foot, c'est une partie de ton enfance, de ta vie. C'est un nom de famille qu'on porte sur les épaules. Comme un cadeau. Pas un fardeau. C'est un sentiment d'appartenance à quelque chose qu'on a choisi. Ce sont des émotions partagées. Avec des milliers, voire des millions d'autres amoureux. Et partout dans le monde. Y a même un fameux business sur le net. Plein de sites qui te vendent un peu de ton passé. Le mien me ramène à un superbe souvenir. D'un soir d'après match au RFC Liège. À une époque où dans cette enclave surréaliste et magnifique, les après-matchs passaient toujours par la buvette. Celle où les supporters nous attendaient. Parce qu'ils savaient qu'on allait repasser par là pour repasser ensemble les émotions d'un match à peine fini. La bière coulait à flot. Mais pas de cirrhose. Juste une symbiose. Merveilleuse. Entre ceux qui font et ceux sans qui ils ne feraient pas. À notre époque, dans notre monde parallèle qu'était le RFC Liège, les joueurs aimaient leurs supporters. Sincèrement. On allait à toutes leurs fêtes. Gratos car pas de pathos. Juste la lucidité de savoir que, sans eux, les émotions et le plaisir du " boulot " manqueraient de tout. De l'essentiel, du partage. Bon, tous les joueurs ne venaient pas, hein. On était une bande à avoir besoin de sentir les yeux dans les yeux, la tchatche dans la tchatche, le tchin contre le tchin qu'on était de la même famille. Celle qui porte le rouge et bleu au sommet de la finalité. Celle du sang. Y avait Morè, Rapha, Luc, Pierre et les autres. Lisez Giusto, Quaranta, Ernès, Drouguet et les autres. Un soir, un supporter vient me demander mon maillot du match. Faut savoir les jeunes, qu'à l'époque l'équipement sportif n'était pas encore un business. Faut savoir qu'on avait que deux vareuses...par saison. Faut savoir que notre bon Léon (le responsable des équipements) nous l'arrachait des mains dès le match fini pour être sur qu'on ne le fourre pas dans notre sac. Et donc ce supporter me demande mon maillot, je lui raconte ce qui a précédé. Mais je lui promets que si on élimine Benfica en 16e de finale de la Coupe UEFA (l'ancêtre de l'Europa League) je lui échange ma vareuse contre le magnifique...Perfecto qu'il portait. Superbe le cuir. Plein de vécu. Là aussi, un moyen d'expression d'appartenance. On a éliminé Benfica. J'ai toujours le Perfecto. Il me colle à la peau. Comme les souvenirs d'un foot tellement bien hors la vie. Le foot de maintenant, ça devient la vie. C'est encore pire. C'est une prise d'otages. Voir imprimé sur les maillots des noms de sites de paris en ligne, d'états dictatoriaux, de multinationales faiseuses de guerre pour faire toujours plus de pognon, ça me rend fou. Cela dit, fou je le suis depuis longtemps. Tant mieux. Et d'ailleurs je vais quand même vous préciser que le " AJJA " qu'il y avait sur notre maillot mythique du RFC Liégeois, c'était une marque de... tabac. Donc je vous laisse avant que ma crédibilité ne se consume.