Quand sir Alex Ferguson a rendu son tablier en mai dernier, confiant les clés du club à son successeur, David Moyes, il pensait avoir lancé une nouvelle dynastie : les Moyes Babes. Moins d'un an plus tard, the chosen one (l'élu) a été débarqué après avoir concédé 11 défaites en championnat et laissé Manchester United à la septième place alors que les Red Devils ont toujours terminé dans les trois premières places depuis la création de la Premier League en 1992.
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Quand sir Alex Ferguson a rendu son tablier en mai dernier, confiant les clés du club à son successeur, David Moyes, il pensait avoir lancé une nouvelle dynastie : les Moyes Babes. Moins d'un an plus tard, the chosen one (l'élu) a été débarqué après avoir concédé 11 défaites en championnat et laissé Manchester United à la septième place alors que les Red Devils ont toujours terminé dans les trois premières places depuis la création de la Premier League en 1992. Ferguson a donc dû reconnaître son erreur de jugement, lui qui fit partie avec Ed Woodward, le vice-président, David Gill, l'ancien directeur exécutif, et Bobby Charlton du conseil des sages qui avalisa le licenciement de Moyes. Ironie du sort : celui-ci intervint après une défaite... à Everton, le club aux destinées duquel il présida pendant plus de dix ans. Pourquoi un tel désastre alors que les Mancunians restaient sur un 20e titre de champion ? Sans doute pour plusieurs raisons. La première réside en la personnalité de Ferguson. Il arrivait à tirer le maximum de ses hommes et certains ont pris davantage de pouvoir une fois Ferguson parti. Le Daily Mail a ainsi révélé que certains joueurs ne respectaient pas les règles édictées par Moyes. Si Ferguson a laissé à Moyes un noyau champion d'Angleterre, une de ses erreurs fut de ne pas avoir préparé la relève. C'est que le noyau avait pris un coup de vieux. Rio Ferdinand (35 ans), Nemanja Vidic (32 ans), Patrice Evra (32 ans), voire Ryan Giggs (40)n'ont été que l'ombre d'eux-mêmes cette saison. Et, en défense surtout, les jeunes comme Chris Smalling, Phil Jones ou Johnny Evans (qui restait pourtant sur une très bonne saison) n'ont pas su passer un palier. Le collectif, marque de fabrique des années Ferguson, s'étiolant, Manchester ne pouvait plus compter que sur ses individualités. Là, on s'est vite rendu compte que l'entrejeu laborieux de MU ne comptait pas en ses rangs d'hommes capables de faire basculer une rencontre. Moyes a tenté de remédier au problème en juillet (sans succès) et en janvier en faisant venir Juan Mata mais il était déjà trop tard. Dans ce contexte, le transfert de Marouane Fellaini pour une somme record n'a fait qu'empirer les choses. Fellaini passait pour une solution B achetée à prix d'or. Sa blessure ne lui a jamais permis de s'exprimer au premier tour et au deuxième tour, il coula comme toute l'équipe. Moyes n'a pas été aidé non plus par les blessures. Fellaini et Robin Van Persie en furent les principales victimes. Cependant, il n'a jamais su faire passer son message au vestiaire mancunien. Van Persie a promené son ennui (et ses blessures) tout au long de la saison et Giggs a plusieurs fois montré sa désapprobation. Enfin, Moyes n'a pas réussi à respecter le style de jeu très offensif de United. Sous sa conduite, Manchester n'avait plus la possession de balle et jouait de manière plus défensive, dictée sans doute par un manque de confiance généré par de mauvais résultats. On peut cependant se demander, alors que MU n'a plus rien à gagner cette saison, pourquoi licencier Moyes maintenant alors que les dirigeants ont clamé durant un an qu'ils lui laissaient du temps pour construire et que l'Ecossais présente le 3e meilleur bilan des entraîneurs dans l'histoire de Manchester United ? La pression des marchés financiers (MU est coté à la Bourse de New York) sans doute. Le club a affirmé pour sa part qu'il trouvait irrespectueux de commencer à chercher un nouvel entraîneur avec Moyes encore en poste. PAR STÉPHANE VANDE VELDE