24 mai 2016. Brendan Rodgers a des rêves plein la tête. De temps en temps, le reporter du journal The Scotsman voit une étoile briller dans ses yeux. Une étoile de la Ligue des Champions, probablement. Quatre jours plus tôt, le Nord-Irlandais avait été engagé comme nouveau manager du Celtic Football Club, le club dont il était supporter durant son enfance. Il raconte comment, lorsqu'il avait 11 ans et vivait à Carnlough, une petite ville portuaire de 1.400 habitants sur la côte occidentale, il avait coché des semaines à l'avance la date du match amical que le Celtic devait disputer sur le petit terrain des Finn Harps. Un voyage de 140 kilomètres sur des routes étroites et sinueuses, mais il n'aurait raté cet événement pour rien au monde.
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24 mai 2016. Brendan Rodgers a des rêves plein la tête. De temps en temps, le reporter du journal The Scotsman voit une étoile briller dans ses yeux. Une étoile de la Ligue des Champions, probablement. Quatre jours plus tôt, le Nord-Irlandais avait été engagé comme nouveau manager du Celtic Football Club, le club dont il était supporter durant son enfance. Il raconte comment, lorsqu'il avait 11 ans et vivait à Carnlough, une petite ville portuaire de 1.400 habitants sur la côte occidentale, il avait coché des semaines à l'avance la date du match amical que le Celtic devait disputer sur le petit terrain des Finn Harps. Un voyage de 140 kilomètres sur des routes étroites et sinueuses, mais il n'aurait raté cet événement pour rien au monde. Et il n'a pas regretté son déplacement. Rodgers se souvient du milieu de terrain Tommy Burns, son héros de jeunesse, dont il croisera la route lorsqu'il est devenu un jeune coach et qui est décédé il y a quelques années d'un cancer de la peau, à 51 ans. Sa voix tremble encore lorsqu'il en parle. " Il y a quelques jours, je suis tombé sur une photo de lui dans le stade. Je pense que Tommy, une icône du Celtic, serait fier de voir que j'ai suivi ses traces. " Pour Rodgers, c'est une nouvelle vie qui commence après son limogeage douloureux à Liverpool, sept mois plus tôt. Il estime ne pas avoir effectué un pas en arrière. " Celui qui pense le contraire, ne connaît pas le Celtic. Ce club compte des supporters à travers le monde entier. La différence, c'est qu'un manager de Liverpool peut se contenter de ramener un point d'un déplacement à Manchester United. Au Celtic, on doit tout gagner. Je connais peu de clubs où la pression est aussi forte. Le Celtic, c'est une institution. " Rodgers savait, en rejoignant le Celtic, que le club s'apprêtait à célébrer un anniversaire historique. Le 25 mai 2017, il y avait exactement 50 ans que les Bhoys ont remporté leur unique Coupe d'Europe des Clubs Champions, à Lisbonne, contre l'Inter Milan. Les Lisbon Lions sont restés des joueurs mythiques au Celtic Park. Au départ, on pensait qu'ilsn'auraient aucune chance face aux stars d'en face, placées sous la direction d'Helenio Herrera, l'inventeur du catenaccio qui avait déjà remporté la coupe aux grandes oreilles en '64 et en '65. Mais il en fallait plus pour impressionner Jock Stein, le manager écossais. Il avait déjà dévoilé la composition de son équipe deux jours avant le match. Elle comprenait onze joueurs nés dans un rayon de 40 kilomètres autour de Glasgow. Des Local boys qui allaient courir et attaquer comme ils ne l'avaient jamais fait auparavant. Le Celtic a gagné 2-1. Les supporters ont fait la fête pendant plusieurs jours dans la capitale portugaise. " Je ne veux pas seulement être le roi d'Ecosse, je veux également briller en Europe comme les Lisbon Lions l'ont fait autrefois ", a révélé Rodgers lors de sa présentation. Cette déclaration lui est revenue en plein visage, comme un boomerang : le Celtic a perdu son premier match officiel de la saison - le deuxième tour préliminaire de la Ligue des Champions - sur le score de 1-0, sur le terrain des Lincoln Red Imps, champion de...Gibraltar. Les journalistes écossais ont rappelé le Nord-Irlandais, qui n'avait signé que pour un an, à la dure réalité. " Nous allons rectifier le tir ", a-t-il promis. De fait, le Celtic a gagné 3-0 à domicile, et dans la foulée, s'est qualifié pour la phase de poules en éliminant Astana et l'Hapoël Beer Sheva. Trois points, c'est tout ce que le Celtic et Rodgers ont conquis la saison dernière en Ligue des Champions. Trois partages : sur le terrain du Borussia Mönchengladbach et deux fois contre Manchester City. Point noir : lors de la journée d'ouverture, le Celtic a été laminé 7-0 au Camp Nou, contre le FC Barcelone. Ce n'était pas un cadeau de devoir se produire sur la pelouse des Blaugranas trois jours après l'Old Firm - le derby contre les Rangers, remporté 5-1 - s'est excusé le manager. En ajoutant : " Nous avons réussi notre début de saison. " Grâce à Moussa Dembélé, l'homonyme français du Diable Rouge qui avait inscrit le premier hat-trick de l'Old Firm depuis 1973, et qui était arrivé gratuitement de Fulham à l'âge de 20 ans. " Tout le monde doutait de moi ", a-t-il confié au magazine FourFourTwo. " Je me suis affilié à six ans à l'US Clergy Clos, le petit club de mon village. Ils avaient déjà trop de joueurs et ne voulaient pas de moi. Mon frère a insisté : "Donnez-lui une chance, laissez-le participer à un entraînement. " Une intervention décisive." Deux ans plus tard, il a été accueilli au centredeformation du Paris Saint-Germain. Il est parti à Fulham à 16 ans, où il n'est devenu titulaire que lors de sa dernière saison, en deuxième division. " J'ai voulu relancer ma carrière au Celtic et me jauger en Ligue des Champions face aux meilleurs joueurs d'Europe. " Pour sa première saison à Glasgow, Dembélé a marqué 32 fois et a largement contribué au triplé historique, le quatrième de l'histoire du club : titre, Coupe d'Ecosse et Coupe de la Ligue. " C'est sans doute moins marquant que l'exploit des Lisbon Lions, mais nous nous créons une identité à notre manière ", a expliqué Rodgers au terme de cette saison durant laquelle le Celtic a battu tous les records : le plus de points (106), le plus de buts marqués (106) et le plus de matches gagnés (34 sur 38) dans un championnat où l'équipe est restée invaincue. Là aussi, c'est un fait unique. " Je dois être le supporter le plus heureux du monde ", s'est extasié Rodgers en prolongeant son contrat de quatre ans. " Il y a quelques années, j'aurais sans doute tenté de monnayer ce succès dans un championnat plus relevé, mais j'ai appris à me contenter de ce que j'ai. Et j'espère pouvoir aider ce club à progresser. " Le Nord-Irlandais a répété ce qu'il avait dit lors de sa présentation : " Je veux jouer un rôle en vue en Europe. " C'est aussi le souhait du président Ian Bankier. " Nous espérons suivre les traces des LisbonLions. " C'est mal parti... Lors de la première journée de la Ligue des Champions, le Celtic a été humilié 0-5 à domicile par le PSG. Les Bhoys espèrent prendre leur revanche à Bruxelles. Anderlecht est prévenu. PAR CHRIS TETAERT - PHOTO BELGAIMAGE" Au Celtic, on doit tout gagner. Je connais peu de clubs où la pression est aussi forte. Le Celtic est une institution. " - Brendan Rodgers