Si le grand peintre ostendais James Ensor était encore de ce monde, il aurait été impressionné samedi passé par les masques liégeois. A deux minutes du terme d'une rencontre bâclée par les Standardmen, Sergio Conceiçao hérita du penalty de la délivrance et du paradis européen. Le bonheur était à portée de ses crampons. L'artiste portugais gâcha cette chance, expédia le cuir à côté de la cage ostendaise. Tous les Liégeois étaient pétrifiés, malheureux comme les personnages des frères Dardenne. Mais, même si personne ne lui fit de reproches, Sergio Conceiçao n'aura pas la palme d'or du film de cette rencontre. Pendant ce temps-là, Genk effaçait son retard et passait de 1-0 à 1-3 au Cercle Bruges en fin de match. Egalité sur toute la ligne après 34 matches : 70 points, 21 victoires. A la mi-championnat, le Standard et Genk affichaient déjà le même bilan : 30 points mais 9 succès pour les Liégeois et 8 à l'actif des Limbourgeois. Les tests matches, tant redoutés par les Rouches, souhaités par leurs adversaires qui étaient à la traîne avant la 34e journée, devenaient une réalité.
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Si le grand peintre ostendais James Ensor était encore de ce monde, il aurait été impressionné samedi passé par les masques liégeois. A deux minutes du terme d'une rencontre bâclée par les Standardmen, Sergio Conceiçao hérita du penalty de la délivrance et du paradis européen. Le bonheur était à portée de ses crampons. L'artiste portugais gâcha cette chance, expédia le cuir à côté de la cage ostendaise. Tous les Liégeois étaient pétrifiés, malheureux comme les personnages des frères Dardenne. Mais, même si personne ne lui fit de reproches, Sergio Conceiçao n'aura pas la palme d'or du film de cette rencontre. Pendant ce temps-là, Genk effaçait son retard et passait de 1-0 à 1-3 au Cercle Bruges en fin de match. Egalité sur toute la ligne après 34 matches : 70 points, 21 victoires. A la mi-championnat, le Standard et Genk affichaient déjà le même bilan : 30 points mais 9 succès pour les Liégeois et 8 à l'actif des Limbourgeois. Les tests matches, tant redoutés par les Rouches, souhaités par leurs adversaires qui étaient à la traîne avant la 34e journée, devenaient une réalité. Tout ne s'explique pas par la maladresse de Sergio Conceiçao mais quand même ! Défait, blême, le malheureux Dominique D'Onofrio critiqua vertement ses joueurs mais précisa tout de suite : " Maintenant, il va falloir relever la tête. Ce ne sera pas évident mais on ne peut pas jouer une deuxième fois aussi mal. Le Standard a signé son plus mauvais match de la saison à Ostende ". Bloqué sur le banc des réservistes depuis trois semaines, Eric Deflandre reconnaissait que Genk jouit désormais d'un avantage psychologique. " Ils voguent sur la vague de l'optimisme ", avance-t-il. " Mais nous avons les armes, et suffisamment de métier, afin de rebondir et d'arracher cette place en Coupe de l'UEFA que nous méritons. Personne ne peut contester que notre football fut souvent chatoyant cette saison. Je respecte Genk mais je ne crains pas ces duels. La machine va se remettre en route. Il le faut "... Vu le manque de stabilité de la défense à Ostende, Deflandre devrait retrouver sa place dans ce secteur. Son métier sera plus qu'utile face à la jeunesse et la pugnacité des attaquants de Genk. Ce double défi parfumera ou empestera une saison intéressante et un deuxième tour remarquable. Deflandre en commente 10 des 34 étapes. A la mi-août, rien n'est encore en place. Le Standard doit encore faire ses courses. Philippe Léonard, Sergio Conceiçao, Milan Rapaic ou Cédric Roussel ne sont pas là. Roberto Bisconti et Almani Moreira n'ont pas encore signé à Nice et à Hambourg. Eric Deflandre : Je savais que le Standard aurait besoin d'un peu de temps pour trouver ses marques. La défense était neuve. J'étais confiant car les joueurs déjà présents étaient de qualité. Certains ont tiré un gros profit de cette mise en place. Ce fut le cas de Charleroi qui a eu une animation de jeu d'abord défensive chez nous. Nous n'avons pas été capables de résoudre les problèmes alors que les Carolos ont exploité notre moindre hésitation. Avec un point sur six, le bilan était maigre. Pour être à la hauteur et déjà dévoiler de larges plages de progrès, il convenait de jouer à 120 %, en surrégime. Le Standard a été capable d'y arriver en Coupe de l'UEFA, sauf contre Bilbao, bien sûr, qui a profité aussi de notre manque de temps de jeu en commun. Cela dit, Charleroi n'aurait jamais dû gagner chez nous. L'équipe ressemble toujours à un chantier. Almani Moreira n'est plus là. Apparition de Sergio Conceiçao. Carlos Alberto et Michel Garbini ne justifient pas les espoirs placés en eux. L'attaque est légère. Emilio Ferrera surprend en plaçant ses deux attaquants près de Roberto Bisconti qui, isolé, n'a plus de munitions. Un détail supplémentaire : le coach bruxellois remarque que le mur liégeois ne saute pas sur les coups francs. Les frappeurs du néo-promu en profiteront. Eric Deflandre : Ce fut le même topo que face à Charleroi avec en prime un très mauvais match de notre part. Le manque de communication entre les différents secteurs de notre équipe a sauté aux yeux de tous. Nous nous sommes jetés à l'assaut de la défense bruxelloise sans réfléchir, sans être patients. Le Standard ne formait pas un bloc. Les coulissements laissaient à désirer. Les couvertures défensives étaient imparfaites, le Brussels a exploité ces imperfections. Si nous avions dominé Charleroi dans le jeu, ce ne fut pas le cas face au Brussels. Le Standard a mal joué. Après avoir résisté en première mi-temps, le Standard est promené au cours de la deuxième. Malgré la sévérité des chiffres, la défense prend forme. La ligne médiane aussi. La ligne d'attaque n'est pas assez consistante et Mohammed Tchite ne pourra pas tenir le coup toute la saison. Eric Deflandre : Le problème ne se situait pas au niveau des individualités. Je n'hésite même pas à dire que le Standard disposait déjà d'un plus grand nombre de joueurs de classe que Bruges. Sergio Conceiçao ferait la fortune de Bruges, d'Anderlecht et de pas mal de grands clubs étrangers. J'ai joué avec de très grands joueurs et Sergio fait partie de la crème. Techniquement, il a beaucoup apporté au groupe. Cela dit, l'équipe penchait un peu à droite. Jonathan Walasiak étant un homme d'axe, il y avait une grande zone déserte devant moi. J'y étais d'autant plus attiré que Sergio demandait beaucoup la balle. Il a tout de suite eu un bel impact sur le groupe. A gauche, tout n'était pas encore au point. Bruges, par contre, tournait à plein régime. Ce fut la dernière défaite chez nous. La défense est désormais parfaitement posée. Elle ne bougera plus durant des semaines. Dans l'axe de la ligne médiane, Karel Geraerts ne cesse de faire des progrès mais il manque un demi défensif de métier, un gars capable de jouer au brise-lames devant la défense soumise à trop de pression dans l'axe du jeu. A gauche, le temps des essais est terminé. Milan Rapaic s'installe devant Philippe Léonard. La star croate doit effacer son manque de condition physique et s'adapter à un jeu plus défensif que ce qu'il avait connu ailleurs. Ce succès acquis face à l'ennemi mauve constitue un déclic. Eric Deflandre : Chez nous, Anderlecht n'a pas eu deux occasions de but. Notre équipe était soudée, pensait et jouait comme un seul homme. Après avoir cherché, nous avons basculé vers le 4-4-2. J'avais l'impression que le Standard pouvait nourrir de belles ambitions. Le retard tactique par rapport à Anderlecht, et même Bruges, était résorbé. Le Standard négocie bien son 14e match sans défaite. L'équipe est solide. Venu de La Louvière durant le mercato d'hiver, Matthieu Assou-Ekotto est le chaînon manquant défensif devant le quatre arrière. Après le magnifique but d'ouverture de Sergio Conceiçao, le Standard recule, gagne la bataille physique mais ne peut empêcher Gert Verheyen d'égaliser. Les Liégeois ont-ils raté la montre en or à Bruges ?Eric Deflandre : Bruges tente toujours d'imposer sa supériorité athlétique. A l'aller, nous avions tenté de les surprendre en léchant notre jeu. Cela n'avait servi à rien du tout. Il n'était pas question de subir deux fois la même chose. Et, à mon avis, Bruges a été surpris par notre organisation. Hélas, suite à une série d'hésitations, Gert Verheyen a pu répondre au magnifique but de Sergio Conceiçao. En deuxième mi-temps, nous avons facilement tenu la distance. Bruges ne nous a pas vraiment posé de problèmes. Même si nous avons peut-être un peu trop reculé, le Standard était dans le bon. Après ses 724 minutes sans encaisser de but, du 15 janvier au 19 mars, le Standard négocie bien son 15e match sans défaite. Mons est défait sans problème. Les conditions sont idéales afin de préparer le voyage à Anderlecht.Eric Deflandre : Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Chacun était persuadé qu'Anderlecht nous convenait mieux que le Club Bruges. Le Standard avait la taille Europe. C'était la récompense d'un an de travail mais il ne fallait évidemment rien lâcher. Le meilleur match de la saison en D1. Franky Vercauteren surprend les Liégeois en jouant à trois derrière. De plus, Vincent Kompany met le nez à la fenêtre. Sur la droite, Anthony Vanden Borre pousse Milan Rapaic sur Philippe Léonard. Le Standard ne trouve pas la parade. Matthieu Assou-Ekotto et Jonathan Walasiak tremblent sous le poids des responsabilités. Anderlecht émerge en fin de match. Les Liégeois ne récoltent qu'un point sur six à Bruges et à Anderlecht où ils firent cependant bonne figure. Eric Deflandre : Nous avons tutoyé Anderlecht au stade Constant Vanden Stock. Sans cette fin catastrophique, tout le monde aurait encensé le Standard. Karel Geraerts a marqué deux buts et je ne lui en veux pas d'avoir concédé un coup franc près de notre rectangle. Il y avait mieux à faire, certes, mais Hannu Tihinen n'aurait jamais dû vaincre Ogushi Onyewu (qui devait le garder) et les autres dans le trafic aérien. La défaite ne doit pas faire oublier notre bon match. Nous avons été capables de revenir deux fois à la marque. Ivica Dragutinovic est rapidement et trop sévèrement puni (carte rouge) pour un hands bien involontaire devant son rectangle. Les Liégeois font bloc et arrachent les trois points. On remarque cependant que Dominique D'Onofrio a chipoté son équipe. Eric Deflandre relève d'une blessure. Matthieu Assou-Ekotto rentre un peu dans le rang. Karel Geraerts est désormais le seul médian défensif. Cédric Roussel s'installe à côté de Sambegou Bangoura. Eric Deflandre : Ce ne fut pas facile mais le Standard est revenu avec les trois points. Important car Genk restait dans notre sillage. Eric Deflandre, rétabli, est sur le banc. Le coach liégeois reconduit l'équipe victorieuse au Freethiel. Wiston Curbelo ne dégage cependant pas une grande autorité à l'arrière central. Ogushi Onyewu n'est pas à l'aise à l'arrière droit. Après 45 minutes d'observation, le Standard émerge en puissance. Idéal avant le dernier voyage à Ostende. Le public envahit le terrain. C'est la fête. Ivica Dragutinovic refuse de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Eric Deflandre : Ce fut un match plein. Comme tout le monde, j'ai apprécié le match de Karel Geraerts qui a bien balayé devant la défense. Je reste persuadé que ce joueur est encore plus utile dans un rôle plus offensif. C'est un énorme bosseur qui a l'art de surgir en zone de vérité. Après ce succès probant contre Gand, tout s'annonçait bien avant le dernier match à Ostende. Il n'y a pas eu le moindre relâchement en semaine. Ostende imite Gand, colle un homme sur Cédric Roussel et un autre sur Sambegou Bangoura. Paul Okon assume le rôle de libero. Après le but de Cédric Roussel, le jeu du Standard perd toute saveur face au descendant ostendais. Même si cette équipe veut réussir un dernier baroud d'honneur avant de retrouver la D2, c'est incompréhensible. Le Standard a-t-il pris ce voyage à la légère ? Avait-il oublié que ces footballeurs sans grade avaient gagné à Anderlecht et arraché un point à Genk ? Gonzague Vandooren a remplacé Philippe Léonard, blessé. Eric Deflandre cire toujours le banc des réservistes. Matthieu Assou-Ekotto aussi. Est-ce la meilleure équipe possible ? Le duo Cédric Roussel-Sambegou Bangoura n'est-il pas trop statique ? Etait-il nécessaire de changer l'équipe à ce point en fin de saison ? Personne n'aurait posé la question si Sergio Conceiçao avait été plus adroit et avait conjuré le sort qui s'abat sur le Standard chaque fois qu'il touche au but. A quelques secondes de la fin du match, Sergio Conceiçao rate donc la transformation d'un penalty. Le ciel tombe sur la tête des Liégeois désormais obligés de disputer deux tests matches contre Genk, victorieux à quelques kilomètres de là, au Cercle Bruges. Eric Deflandre : C'est épouvantable. Nous n'avons pas su aller chercher ce dernier succès. La déception est terrible. Ce match est à oublier au plus vite. Il faut que chacun accepte les responsabilités, la pression. Je ne veux pas que le fruit d'une saison de travail nous échappe. Sur l'ensemble de la saison, le Standard mérite sa place en Coupe de l'UEFA. Ce groupe est suffisamment armé afin de franchir cette difficulté. Si nous y arrivons, tout sera plus facile la saison prochaine. Notre vécu est plus important que celui des joueurs de Genk. Ils n'ont pas autant d'expérience que nous. Tout le monde a des regrets mais il faut les oublier au plus vite. J'espère apporter ma contribution lors des deux matches contre Genk. Il y a deux semaines que je suis prêt. Je suis le capitaine. Pourtant, le coach m'a laissé sur le banc sans la moindre explication. Pierre Bilic" NOTRE VÉCU EST PLUS IMPORTANT que celui des joueurs de Genk "