Cela fait maintenant trois semaines que Mons a repris le collier. Corsetés par un petit budget et marqués par les expériences du passé, les Hennuyers ne veulent pas galvauder la deuxième chance qui leur est offerte d'évoluer au plus haut niveau. Une fois la montée acquise, les dirigeants se sont attelés à faire le ménage, conservant une épine dorsale mais se séparant de toute une série de joueurs qui, soit à cause de leur rendement ou d'une anatomie capricieuse, n'entraient plus dans les plans pour cette saison.
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Cela fait maintenant trois semaines que Mons a repris le collier. Corsetés par un petit budget et marqués par les expériences du passé, les Hennuyers ne veulent pas galvauder la deuxième chance qui leur est offerte d'évoluer au plus haut niveau. Une fois la montée acquise, les dirigeants se sont attelés à faire le ménage, conservant une épine dorsale mais se séparant de toute une série de joueurs qui, soit à cause de leur rendement ou d'une anatomie capricieuse, n'entraient plus dans les plans pour cette saison. Pas moins de huit joueurs sont partis. Pour les remplacer, Mons, qui doit se refaire un nom et une crédibilité sur le marché des transferts, a choisi d'exploiter le filon des tests. Depuis trois semaines, plus d'une quinzaine de joueurs sont venus égayer les séances d'entraînement de José Riga. Certains avec succès, d'autres pas. Chronique d'une semaine de test chargée. Frédéric Jay sert désormais de référence pour les nouveaux venus. Arrivé dès la reprise pour montrer l'étendue de son talent durant une semaine, ce défenseur français est finalement resté dix jours avant d'émerger et de signer un contrat d'un an. Il est le premier et le seul à s'être tiré d'affaire parmi la première levée de tests venus des quatre coins de la planète. Parmi ces nombreuses arrivées figurent notamment un Brésilien, plusieurs Argentins, un Kényan et plusieurs Français. " On les garde quelques jours pour avoir un bon aperçu ", explique Riga, " On préfère aussi les évaluer après un match et c'est pour cette raison que l'on a concocté un programme corsé car il vaut mieux juger ces tests dans des rencontres sérieuses. Quand ils arrivent, on essaie d'être honnête et réaliste. On leur explique ce qu'on attend exactement d'eux et quand ils partent, on leur dit ce qui a motivé notre décision ". Pourtant, le même modus vivendi n'est pas adopté pour tout le monde. " Pour certains, on arrive à tirer des enseignements plus rapidement que pour d'autres. Et puis, il y a des joueurs qui ont plus de facilité à rester dans la durée. Il faut voir leur programme. On essaie toujours de veiller à ne pas les priver d'une autre occasion. Quand on aimerait bien que le joueur reste un peu plus longtemps et qu'il en a la possibilité, on n'hésite pas à lui demander. C'est pour cette raison que quelques éléments sont demeurés plus d'une semaine ", ajoute Riga. Riga qualifie l'acquisition de Jay comme une très bonne affaire. Défenseur central, ce Français de 29 ans a été formé à Auxerre où il a évolué de 13 à 26 ans avant de partir six mois à Rennes en 2002-2003 et de descendre d'un échelon à Grenoble où il joua deux années. Recalé en début de saison passée, il est resté au chômage durant un an : " Je suis retourné m'entraîner avec le centre de formation d'Auxerre et la CFA2. J'ai essayé de conserver ma condition. Mentalement, ce n'est pas évident tous les jours mais cela permet de se remettre en question. Le plus dur est de rester toute la journée sans rien faire. Il faut se donner un cadre de travail. Moi, j'ai commencé à passer mes diplômes d'entraîneur ". Jay n'a pas été sollicité pendant toute une année : " Je n'ai passé qu'un test. En Ecosse, à Hearts of Midlothian. Le manager George Burley me voulait mais pas le président lituanien. Je suis donc rentré chez moi. Cela ne me dérangeait pas du tout de partir à l'étranger. J'arrivais à un moment où je voulais découvrir autre chose. Je m'étais fixé jusqu'au mois d'août pour trouver un club. Sinon, j'arrêtais le football professionnel. Jusqu'au jour où mon manager m'a contacté. J'étais en vacances. C'était un vendredi et il me demandait de me rendre pour dimanche soir à Mons. Je n'ai pas hésité une seconde. Un employé du club est venu me chercher à la gare le dimanche soir et le lundi, j'étais présent à la reprise des entraînements. Je ne me suis pas posé de question. Je n'étais pas spécialement stressé. Je me disais qu'après tout, il s'agissait d'une bonne préparation et que cela me permettait de retrouver le rythme. De plus, je connaissais Eric Rabésandratana, Cédric Berthelin et Emmanuel Coquelet, qui ont évolué en France. Je n'ai pas été surpris par le rythme. J'avais effectué du bon travail. Ce fut plus dur de retrouver les automatismes. Les jours avançaient mais je ne me posais pas davantage de questions. Ce n'était que du bonus pour moi. Si cela échouait, il suffisait de me dire qu'une semaine de test, ce n'est pas plus dur qu'un an sans rien. A la fin de ma semaine initiale, on m'a demandé de prolonger et cela ne m'a pas dérangé. Au contraire ! Puis, quelques jours plus tard, on m'a proposé un contrat ". Parmi l'arrivage du jour, deux Argentins et deux Français. L'Argentin Islas pourrait être la perle rare que les dirigeants montois tentent de dénicher pour leur ligne offensive. Son curriculum vitae est impressionnant puisqu'il a joué à Boca Juniors et au Nacional Montevideo, en Uruguay. " On a affaire à un centre-avant réputé qui dispose d'une belle carte de visite ", explique le directeur technique Jean-Paul Colonval. " Après l'avoir vu sur cassette, contact fut pris avec ses managers. Notre fax précise bien que nous voulons le tester plusieurs jours mais quand il arriva en Belgique, il ne désira pas effectuer quelques jours d'entraînement. Ses managers lui avaient dit qu'il n'avait plus qu'à passer la visite médicale et signer son contrat. Il expliqua alors qu'il ne peut pas se permettre de passer deux jours ici sans aucune garantie. Il a fait un décrassage puis il a regardé les autres. Il ne voulait pas prendre le risque de se blesser. Mais nous sommes comme saint Thomas, on voulait le voir sur le terrain et tester sa faculté d'intégration ". Le joueur semble pourtant intéresser le comité directeur qui ne veut pas passer à côté de la montre en or. Alain Lommers, le président Dominique Leone et Geo Vanpyperzeele débarquent à l'entraînement pour étudier le cas. Vanpyperzeele lance même l'idée d'au moins lui faire disputer une séance de tirs au but pour juger sa frappe. Finalement, le joueur est renvoyé au pays, non sans lui avoir demandé au préalable ses exigences financières jugées bien trop gourmandes pour quelqu'un ne désirant pas se frotter à quelques jours de test. Laurent Mohellebi arrive quant à lui d'Istres pour se lancer dans l'aventure montoise. Il sait que cela défile depuis quelques jours mais il se laisse convaincre par les exemples heureux de Jay et d' Hocine Ragued, un jeune du PSG, que le club a décidé de faire signer. A 22 ans, Mohellebi a le profil requis pour taper dans l'£il des recruteurs montois. Depuis le départ de Denis Souza pour Charleroi, Mons ne dispose plus d'arrière gauche spécifique. Or, il s'agit du poste de prédilection du Français. Il rate cependant l'entraînement du matin à cause de son arrivée tardive et ne prend part qu'à la séance de musculation de l'après-midi. Premier entraînement collectif pour Mohellebi. L'occasion de faire connaissance. " Mon agent m'a appelé et m'a dit que Mons cherchait un latéral gauche. J'ai été formé à Monaco et j'ai fait partie de l'équipe de France des - 17 ans vice championne du monde. Puis, j'ai émigré à Istres durant deux ans. J'avais cassé mon contrat car je ne m'y plaisais plus. Il y avait un mauvais état d'esprit. Comme cela faisait un mois et demi que je m'entraînais seul, je n'ai pas hésité à venir à Mons, après m'être renseigné auprès de mon ancien coéquipier, Nicolas Goussé, qui y avait évolué, il y a deux ans. Il m'a dit que le club était bien structuré et qu'il y avait une bonne ambiance ". Pourtant, le gaucher peine sous la chaleur : " Physiquement, je ne suis pas au top. J'ai besoin de m'entraîner et de passer une saison entière comme titulaire. Or, quand on n'a pas le physique, la technique ne suit pas. La période d'attente lors d'un test est toujours stressante. Je suis logé à l'hôtel et j'attends. Ce n'est pas facile d'être ici tout seul, d'autant plus que ma femme est enceinte ". Mohellebi n'a prévu de rester à Mons qu'une semaine. " Je n'ai pas de planning de tests car je ne fonctionne pas de cette manière. Je prends les essais un par un sinon cela risque de me perturber. Cependant, si vendredi, on me dit que l'on ne me retient pas, j'activerai d'autres pistes ". Junior, un joueur brésilien, est jugé trop court mais il participe encore à l'entraînement du matin pour faire nombre dans le noyau. Le soir même, le club s'en sépare de même que du joueur kényan. La valse continue. Même Olivier Guilmot, pourtant connu du championnat belge, doit subir le passage du test. Officiellement pour se ren-dre compte de l'état d'esprit du joueur. " Il a manifesté le désir de venir chez nous ", explique Colonval. " Et on veut voir comment il se comporte dans le vestiaire. Notre capitaine, Cédric Berthelin, est très attentif à cela ". En réalité, le test aura servi à remettre le défenseur à sa place. Déjà contacté, il n'a pas donné de signe de vie à Mons pendant un mois, n'hésitant pas à tenter sa chance au Brussels avant de revenir à la charge auprès des promus. Après la rencontre amicale contre Mouscron (2-2), où il a joué 45 minutes, le verdict tombe pour Laurent Mohellebi. Il peut faire ses valises. Même sanction pour Frédéric Laurent, arrivé comme lui lundi, en provenance de Dijon. " C'est dommage ", soupire le joueur, " Je crois qu'il s'agit de la partie des tests que je déteste le plus. Quand on arrive, il faut le temps de s'adapter et finalement, ce n'est que quand on commence à avoir ses repères que c'est déjà fini. Cependant, je comprends les dirigeants. Je sais que j'ai encore un long travail physique à entreprendre ". Quant à l'entraîneur José Riga, il s'explique : " On a trouvé les deux Français trop courts sur le plan footballistique mais surtout, ils n'étaient pas préparés physiquement. C'est délicat car on a mis peu de temps pour prendre une décision mais on a besoin de joueurs qui sont capables de répondre présents. Après 45 minutes, on a pu se rendre compte qu'ils étaient émoussés. Jay est resté longtemps sans embauche mais est arrivé en forme. C'est l'exemple parfait de ce que nous recherchons mais on sait que ce ne sera pas possible à chaque tentative ". Feu vert par contre pour Gauthier Diafutua, un attaquant de Cherbourg, testé depuis dix jours. Pourtant, la veille encore, les dirigeants hésitaient : " Il a montré des qualités à l'entraînement mais pas encore en match. C'est pour cette raison que nous voulons encore le voir à l'£uvre contre Mouscron ", expliquait Colonval. Pourtant, Diafutua signe son contrat de deux ans... avant la rencontre. " Il a le profil recherché ", argumente Riga. " Si on tient compte de ses qualités footballistiques et de son jeune âge. C'est un pari pour l'avenir ". Olivier Guilmot se voit également proposer un contrat d'un an. Riga voulait un noyau pourvu à 80 % pour le départ en stage. Il ne le sera pas. " On n'en est plus très loin mais comme on veut des joueurs consistants, cela prend plus de temps. Il faut bien se rendre compte que notre démarche est sensée. On cerne très vite le potentiel d'un joueur mais parfois on préfère prendre le temps. Généralement, le fait qu'un test se prolonge est un signe encourageant. Il a déjà fait le gros du travail. Cependant, je préfère parfois encore le voir quelques jours, travailler au quotidien avec le garçon pour vérifier s'il garde de la motivation, s'il reste discipliné, s'il s'intègre bien au groupe. De cette façon, quand le joueur signe, il sait exactement où il va. Et nous aussi ". Un dernier test intéressant vient rejoindre la longue liste : Sébastien Michalowski, qui a connu la Ligue des Champions avec Lille avant d'émigrer à Montpellier... STÉPHANE VANDE VELDE