Samedi soir à Sclessin, le néo-coach mouscronnois Lorenzo Staelens a avoué devant la presse avoir été terriblement nerveux jusqu'à l'heure du match: "Comme joueur, on s'occupe de toi. On te masse, tu t'équipes, tu t'échauffes et le temps passe. Comme coach, tu es seul dans ton coin et le temps paraît très long. Une fois que le match avait commencé, j'étais beaucoup mieux dans ma peau".
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Samedi soir à Sclessin, le néo-coach mouscronnois Lorenzo Staelens a avoué devant la presse avoir été terriblement nerveux jusqu'à l'heure du match: "Comme joueur, on s'occupe de toi. On te masse, tu t'équipes, tu t'échauffes et le temps passe. Comme coach, tu es seul dans ton coin et le temps paraît très long. Une fois que le match avait commencé, j'étais beaucoup mieux dans ma peau". "Moi, c'était l'inverse", l'a interrompu Bob-ze-Coach. "C'était pendant le match que j'étais très mal". Eclat de rire général. L'humour de RobertWaseige fait toujours mouche. C'est génial de pouvoir retomber sur ses pattes comme ça et de désamorcer une reprise de championnat très dure pour les Rouches. Oui, le Standard a débuté en évoluant comme le Standard de la saison passée. Surtout, donc, en envoyant des longs ballons vers le pauvre Lukunku qui tentait de les dévier. Mais quand il touchait le cuir de ses nattes, vers qui allait-il? Evidemment, le match aurait pu basculer en première mi-temps si le grand avant-centre avait transformé le penalty justement accordé par le bon arbitre Verbist. Et juste avant la mi-temps, Vandendriessche a prouvé en quelques interventions qu'il avait décidément bien sa place dans le groupe des Diables Rouges. Mais pour les Rouches, les occasions réelles s'étaient envolées et on connaît la suite: l'entrée magique de Bakadal et les Hurlus qui quittent le terrain en rigolant du bon tour joué aux Liégeois. On imagine que le président mouscronnois Jean-Pierre Detremmerie (tenu à l'écart par les dirigeants de Sclessin dans un nouvel épisode d'une guéguerre aussi persistante qu'absolument navrante) est tombé de son tabouret en hurlant de plaisir dans le local des Hurlus où il suivait le match sur Canal+.En résumant: le Standard a eu la malchance de ne pas marquer le premier. C'est ça l'axiome de base du foot! Mais, il ne fallait pas s'appeler Raymond Goethals pour remarquer que Mouscron -au moins- avait bien plus essayé de jouer au football pendant toute la partie. Staelens, comme il l'avait promis, n'avait rien changé au 4-4-2 de Hugo Broos...sauf qu'il avait (du fait des circonstances aussi) fait confiance à des jeunes. Comme coach, Staelens a l'air d'être comme joueur : il ne dit pas grand-chose, mais il fait ce qu'il dit. Donc, il y eut pas mal de ballons croisés devant la défense fébrile des Liégeois. Des une-deux aussi (grâce à un très bon Mbo Mpenza et un Grégoire qui s'améliorait à mesure que le temps passait) et une patience confiante dans la recherche de la construction. Le Standard, lui, avait obtenu des occasions en jouant un kick and rush peu en rapport avec ce qu'on attendait de lui et a continué de la même manière en espérant de nouvelles occasions qui ne vinrent jamais...Pourtant, à la théorie, Bob-ze-Coach avait insisté pour que ses gaillards jouent le ballon dans les pieds et pas dans les airs. Sur le terrain, les Rouches avaient tout oublié et Waseige a eu l'air de chanter Malbrough. Il y a forcément quelque chose qui foire quand Moreira finit par devoir quitter le terrain parce qu'il n'est pas venu au ballon. Mais il a le droit d'être écoeuré. Ce n'est pas avec des longs ballons qu'un joueur pareil pourra être exploité. Alors, nervosité de début de championnat? On veut le croire parce que ce Standard-là - à moins de réaliser toutes ses occasions (ce qui est impossible) - ne vaut pas les espoirs qu'il a fait naître: une défense fébrile, un entrejeu dominé et une attaque en manque de réussite. Pas évident de gagner comme ça. Mais le potentiel est là, ainsi que la passion. Disons que les Liégeois ont été aussi impatients que les Hurlus placides. Pourtant, c'est à Mouscron que l'on comptait le plus de gamins...comme Bevan Fransman, un Sud-Africain qui jouait en D2 de son pays il y a quelques semaines encore... John Baete