Le début de cette nouvelle saison de Premier League a livré beaucoup d'enseignements. Déjà des certitudes en forme de chiffres, dont la plupart ont l'odeur de la livre. Des incertitudes aussi, qui elles, ont l'odeur du ballon. Ou encore le poids du passé pour base de réflexion. Il y a une évidence qui regroupe tout cela. L'élite anglaise croule sous l'argent : elle risque de s'en étouffer.
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Le début de cette nouvelle saison de Premier League a livré beaucoup d'enseignements. Déjà des certitudes en forme de chiffres, dont la plupart ont l'odeur de la livre. Des incertitudes aussi, qui elles, ont l'odeur du ballon. Ou encore le poids du passé pour base de réflexion. Il y a une évidence qui regroupe tout cela. L'élite anglaise croule sous l'argent : elle risque de s'en étouffer. Une étude vient de démontrer que 18 des 20 clubs n'ont plus besoin des recettes guichets pour être viables. Les droits TV suffisent pour garantir la viabilité des clubs. Les recettes générées le jour du match ne représentent plus que 20 % des revenus. Donc, le foot est maintenant d'abord conçu pour les supporters cathodiques. Pour la grand-messe devant l'autel nommé téléviseur. Une religion où les chips, la bière et les paris ont remplacé le pain, le vin et l'ostie. Pari dangereux. Si le foot anglais s'est vendu si cher, c'est aussi (et surtout) grâce à ses stades remplis de supporters uniques. Véritables écrins dédiés à l'amour, à la joie, à la fidélité. Enfin, ça c'était avant. Depuis quelques saisons, nous qui avons la chance d'aller renifler l'odeur du bonheur en Angleterre, on a de plus en plus l'impression d'avoir une narine qui se bouche à l'approche des stades. Surtout des grands clubs. C'est plus comme avant. Les supporters touristes d'un jour prennent de plus en plus de place. L'âme séculaire surfe dangereusement sur une lame de fond qui risque de faire des dégâts. D'ailleurs, à l'image d'Arsenal, la saison dernière, les stades ne se remplissent plus d'office. Sans ses supporters, les vrais, au bord des pelouses, le foot n'a plus de raison d'être. Le foot ne doit pas devenir virtuel. Jamais. Par contre, Old Trafford nous a rassurés lors de l'ouverture. Il a retrouvé cette voix aux accents " fergusoniens ". Celui de la conquête. Avec une tendance. Dans le conflit qui oppose José Mourinho et ses dirigeants, les fans ont pris fait et cause pour l'ex-Special One. Mourinho voulait des joueurs encore et encore. Il ne les a pas eus. Il s'en est beaucoup plaint. Son patron au quotidien, Ed Woodward, lui a rappelé qu'il lui en avait offert pour pratiquement 500 millions d'euros lors de deux mercatos précédents. Bonne remarque. Et il ne dit pas, - mais il le pense certainement -, que Mourinho, qui a toujours été champion lors de sa 2e saison dans un club, ne l'a pas été avec Man United. Que José rentre dans sa 3e qui n'a jamais été synonyme de titre de champion pour lui. Elle rime plutôt avec chaos... Pour se rassurer, les fans des Red Devils se tourneront donc vers leur merveilleux passé : chaque fois que Manchester United a terminé 2e, il a été champion la saison d'après. Mourinho s'est toujours placé au-dessus de ses clubs. Là, il a intérêt à lui laisser un peu de place. Notamment celle de l'histoire. Une histoire remise à l'honneur par le pays d'où tout a commencé. On arrête les transferts entrants avant le début du championnat. Merci, retour de la dignité sportive qui balaie ainsi l'indécence prise par le foot business. Le foot et son incertitude au-dessus de tout. Formidable. Cela dit, l'histoire fait aussi un peu de place aux bienfaits du présent. Là aussi pour la bonne cause. Pas de VAR mais bien la " goal line technology ". Et, dès la première journée, elle prouve son indispensable utilité. Le but de notre Jan Vertonghen national à Newcastle est validé. Le ballon est rentré de 9...millimètres. Même Steve Austin ne l'aurait pas vu. Bien vu. Justice est faite, pas de contestation possible. Les arbitres disent merci. Nous aussi. Autre innovation : sur leurs bancs, les coaches peuvent regarder sur téléphone ou tablette les actions du match. Pendant son déroulement. Histoire de voir ce qui va ou pas. Dans son équipe ou chez l'adversaire. Pas question de brandir son téléphone sous le nez du 4e arbitre pour se plaindre d'une décision arbitrable. On se réjouit de voir les effets. Mais le premier reflet de ce début de saison, c'est que l'Angleterre est plus que jamais la terre du foot.