Vous êtes revenu habiter dans la région liégeoise alors que vous jouez à Charleroi. Pourquoi?
...

Vous êtes revenu habiter dans la région liégeoise alors que vous jouez à Charleroi. Pourquoi?Ronald Foguenne (31 ans): J'ai vécu cinq ans à Gand, dont quatre avec Christine. Charleroi m'a proposé une maison mais nous voulions revenir près de nos parents, pour Loïc. Loin de nos familles, nous étions coincés avec notre fils de deux ans et demi, car nous n'aimons pas le confier à des étrangers. Vous n'avez guère de loisirs?Non, surtout que nous devons aménager notre nouvelle maison. En fait, nous avons cherché à louer mais nous voulions un bâtiment ultramoderne. Ce n'était pas évident. Puis ma mère a trouvé cette maison, dont le gros-oeuvre était achevé. Elle nous a plu et nous l'avons achetée. Je passe donc les trois quarts de mes loisirs à régler les problèmes relatifs à la maison. Heureusement, mon beau-père s'y connaît et son aide est précieuse car je ne sais rien faire. C'est frustrant car au moindre problème, je dois appeler quelqu'un. C'est Christine qui manie le tournevis et le marteau!Quand Loïc aura-t-il un petit frère ou une petite soeur?C'est prévu. Mon frère et moi sommes nés à quatre ans d'intervalle. Nous n'avions rien en commun. Christine et moi pensions donc avoir un second rapidement. Elle le désire mais moi, je suis refroidi. Je pensais qu'un bébé, jusqu'à deux ans, ça mangeait et ça dormait. Mais il a eu quelques allergies et il est hypertonique: durant mon avant-dernière saison à La Gantoise, j'étais à plat. Même si on retardait l'heure de son coucher, à 5h30, il était éveillé. Ça use, à la longue.Avez-vous des principes d'éducation?J'aimerais qu'il soit sportif mais il fera ce qu'il voudra. Je veux éviter les rapports de force père-fils mais je dois parfois hausser le ton. Christine lui explique plusieurs fois ce qu'il ne peut pas faire et pourquoi. Elle se fâche moins vite. Il commence à comprendre qu'il y a des limites à ne pas dépasser. Il mange dans sa chaise et ne pleure jamais au lit. D'ailleurs, il dort mieux depuis qu'il marche et qu'il se dépense. Nous aimerions qu'il soit bien éduqué mais, en même temps, nous voulons développer avec lui une relation de complicité.Pratiquez-vous d'autres sports?En vacances, du tennis et du volley, bien que cette année, ayant été opéré en avril, j'ai dû brider mon enthousiasme. Pendant la saison, je n'en ai pas l'occasion. En Turquie, où nous sommes allés pour la troisième fois de suite, je joue plusieurs heures au tennis et j'enchaîne avec un match de volley. Pendant l'année, nous avons peu de loisirs mais quand c'est possible, nous entreprenons quelque chose à trois. Loïc vient de découvrir le Monde Sauvage, pas loin d'ici.Vous regardez beaucoup la télévision?Oui, car j'y ai été habitué chez moi. Christine, elle, ne l'allume que pour un film. Je regarde les émissions sportives mais aussi les journaux.Qu'est-ce qui vous heurte le plus?Beaucoup de choses! Pendant une demi-heure, on n'apprend que des horreurs. Il se passe des choses inadmissibles mais ce qui me choque le plus, c'est d'apprendre qu'un milliardaire s'offre un voyage sur le Lune. S'il a trop d'argent, qu'il le distribue aux pauvres! C'est comme ce couple qui s'est marié au fond de l'océan, sur le Titanic. Je ne supporte pas les dépenses farfelues. Nous ne nous privons de rien mais nous n'achetons que ce dont nous avons besoin. Personnellement, quand j'ai besoin de quelque chose, je descends en ville et ça me prend une demi-heure à tout casser. Je sais ce que je veux. D'ailleurs, la maison absorbe beaucoup d'argent pour le moment et je préfère un repas au restaurant à un nouveau pantalon!Vous tenez à travailler.Christine Cabay (27 ans): J'ai arrêté pendant six mois à la naissance de Loïc mais je ne me plaisais pas à la maison. J'ai toujours travaillé. A Gand, j'ai d'abord dû apprendre le néerlandais, en travaillant comme hôtesse, puis j'ai trouvé un emploi de comptable. Tout se faisait en néerlandais! Loïc allait à la crèche et je regrette qu'il soit privé de ce bilinguisme. Je travaille maintenant à la maison-mère d'Intermarché. Les journées sont longues. Ronald et moi ne nous voyons guère, mais nous y sommes habitués. Toutefois, je serai contente quand sa carrière sera achevée! Vous n'aimez pas le football?Pas du tout! Mon père s'y intéressait, ce qui me fâchait parce que le samedi, il mettait Match 1 et interrompait mon film. L'émission ne passait pas encore en boucle et nous n'avions pas de vidéo. Je demande à Ronald combien de temps il a joué, quel est le résultat, c'est tout. Il apprécie de ne pas reparler de son boulot une fois qu'il passe la porte. Il comprend que je n'aime pas son sport. Une fois, il était suspendu et il en a profité pour m'expliquer, pendant la première mi-temps, les règles. Puis je lui ai demandé quelle était son équipe. Il n'a plus insisté... En fait, ce qui me pèse, c'est que nous sommes privés des week-ends, sauf s'il joue le vendredi soir. Quels sont vos hobbies?Le cinéma et le restau. J'aime les films d'action et de suspense. Le dernier fimm que nous ayions vu est Capitaine Corelli. Un film d'amour. Depuis la naissance de Loïc, il nous est difficile de sortir: il faut que les grands-parents puissent le garder, que nous soyions tous les deux libres et frais, ça fait beaucoup de paramètres! Comment vous êtes-vous connus?Oh, pendant nos humanités sportives. Non, ne riez pas, j'étais sportive. Puis j'ai arrêté. Pourquoi? Par manque de temps, sans doute. Je ne sais pas vraiment. Nous avions des stages communs. La combinaison foot-études n'était pas évidente pour Ronald et il a doublé deux fois. Nous nous connaissons depuis dix ans et demi.Comment définiriez-vous votre relation?Nous sommes complémentaires. Nous savons ce que chacun attend de l'autre. Nous communiquons. Nous prenons les décisions ensemble. La maison en est un bel exemple: nous avons les mêmes goûts. Nous avons chacun notre travail mais quand nous revenons, chacun sait ce qu'il a à faire.Vous cohabitez depuis six ans, vous n'avez pas songé à vous marier?Jamais. Nous ne sommes pas croyants. Nous n'en voyons donc pas l'utilité. Nous le ferions s'il y avait une seule bonne raison. Nous avons pris les dispositions nécessaires chez le notaire.L'avenir de Ronald vous préoccupe-t-il?Il commence à y penser. Je ne m'inquiète pas. J'espère qu'il arrêtera le football, pour que nous ayions les mêmes horaires, que nous puissions passer les week-ends ou au moins un jour par semaine ensemble mais il fera son choix lui-même.Quels sont vos loisirs?C'est moi qui bricole! Je suis plus manuelle que lui. En fait, je n'ai pas le temps d'avoir des loisirs. A dix heures, je suis au lit, vidée. Je n'arrête pas pendant la journée.Vous vous rattrapez en vacances...Nous nous redécouvrons! Nous avons toujours emmené Loïc. La première fois, il avait trois mois et demi. Quand je change de travail, je demande si je peux prendre mes vacances en juin! C'est très important pour nous. Nous avons déjà entamé le décompte pour les prochaines. C'est la seule période pendant laquelle nous sommes tout le temps ensemble. Nous recherchons le soleil. Nos destinations dépendent du catalogue du Club Med. Nous sommes allés en Tunisie, à Ténériffe et trois fois en Turquie. Le Club propose des activités pour toute la famille et il a une garderie pour les enfants dès quatre mois. Sinon, il faut attendre l'âge de deux ans. Au Club, Loïc a ses activités, je le reprends vers quatre heures pour aller à la piscine. Sinon, ce serait un dépaysement mais pas des vacances. Nous aimons visiter la région dans laquelle nous nous trouvons. Nous sommes déjà partis trois jours en safari en Tunisie, avec le guide du Routard. Avec Loïc, c'est plus difficile. Pendant que Ronald joue au tennis, je suis à la piscine. J'aime les sports aquatiques et... mon transat.Aimez-vous le shopping?Oui mais ça se limite à deux sorties par an pour m'habiller. Au début, j'ai travaillé dans une boutique de prêt-à-porter. J'aime flâner, comparer les modèles, les prix, mais je n'en ai pas le temps. Quand j'y vais, c'est sans les hommes!Pascale Piérard