Hitzfeld prétend qu'actuellement, il n'a pas très envie de devenir coach fédéral. Mais il a son idée au sujet d'une équipe nationale bien bancale.
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Hitzfeld prétend qu'actuellement, il n'a pas très envie de devenir coach fédéral. Mais il a son idée au sujet d'une équipe nationale bien bancale.Ottmar Hitzfeld: Non, avec le 1-5 face à l'Angleterre et le 0-0 face à la Finlande, joueurs et entraîneur ont touché le fond. A long terme, cela ne peut qu'être bénéfique. Tout le monde s'est remis en question et a cherché à voir ce qui pouvait être amélioré. Les matches de barrage face à l'Ukraine ont clairement démontré que la Mannschaft était sortie plus forte de la crise. Rudi Völler doit laisser passer ces petites tempêtes. De telles rumeurs me sont pénibles car je suis toujours cité parmi les candidats au poste de coach fédéral. Mais je suis encore sous contrat avec le Bayern jusqu'en 2004 et j'y travaille avec beaucoup d'entrain.Le Bayern ne peut aligner que des étrangersLorsqu'il était entraîneur, Franz n'a jamais raté un entraînement. Cela ne va pas. Il faut maintenir le contact avec les joueurs, sentir le pouls de l'équipe.La frontière entre la confiance en soi et l'arrogance est très étroite. Nous voulons être les meilleurs et nous ne le cachons pas. Evidemment, plus on reçoit de louanges, plus la pression est forte car il faut répondre à l'attente.C'est lourd à supporter et nous avons besoin de cette confiance en nous pour survivre. C'est ce qui nous protège. Si nous nous mettions à douter, nous ne pourrions plus répondre à l'attente. Le doute n'est jamais qu'un alibi pour une équipe. Au Bayern, il n'y a pas d'issues de secours. Même une épidémie de blessés ne nous sert pas d'excuse. Il y a une grande différence entre une équipe qui veut gagner et une équipe qui doit gagner. Nous devons gagner et nous le savons.Bien souvent, un entraîneur n'a pas le temps de réfléchir profondément. Il doit donc faire confiance à son instinct. Heureusement, je me suis confectionné de bons signaux d'alarme. Mais dans ces moments-là, un entraîneur doit être froid. Souvenez-vous de l'entraînement où Bixente Lizarazu a giflé Lotthar Matthäus. Ce dernier voulait tout laisser là et rentrer chez lui. J'ai donc dû le convaincre que nous ne pouvions pas nous permettre de malaise et qu'il porterait préjudice à l'équipe s'il continuait à se sentir injurié. Lizarazu s'est excusé et les deux joueurs ont continué à s'entraîner. Les gens s'inquiètent parfois... Nous nous sommes fixés pour objectif de transférer un maximum de joueurs locaux au cours des prochaines saisons. Le Bayern est le porte-drapeau du football allemand. Si le meilleur club du pays n'aligne que des étrangers, l'équipe nationale en souffrira.Chez nous, chaque joueur progresse à l'entraînement. Celui qui mord sur sa chique réussit. Des types comme Carsten Jancker ou Alexander Zickler ont songé à nous quitter car ils ne jouent pas toujours, mais ils ont réfléchi et se sont rendu compte qu'ailleurs, ils perdraient peut-être cette mentalité de gagneur acquise au Bayern. Tactique: dix ans de somnolenceIl faudrait qu'à partir de la saison prochaine, chaque équipe inscrive neuf joueurs allemands sur la feuille de match. Cela nous aiderait à préparer une nouvelle génération. Peut-être qu'après la qualification pour la Coupe du Monde, on pense que ce n'est plus nécessaire. Ce serait une erreur regrettable. Il en va de l'avenir du football allemand.Si la Coupe du Monde 2006 n'avait pas lieu en Allemagne, ce ne serait pas tellement important. Mais le monde va nous regarder et chacun doit apporter sa pierre à l'édifice.Non, les problèmes sont d'un autre ordre. Des joueurs comme Michael Ballack et Sebastien Deisler ne sont pas aussi mûrs que Stefan Effenberg. La crise de l'équipe nationale est également la conséquence d'une évolution fatale : sur le plan tactique, le football allemand a somnolé pendant dix ans. On s'en est trop longtemps tenu au système avec un libero.Nous devons nous fixer pour objectif de donner un maximum de chances aux jeunes. Cela comporte évidemment des limites. Le Bayern ne peut pas se permettre de lancer quatre jeunes en espérant qu'on lui en sera reconnaissant à l'avenir. Quant à l'entraîneur, il serait viré avant l'hiver!Maik Grossekathöfer, Jorg Kramer, Copyright Der Spiegel,"Nous n'avons jamais d'excuse. Même pas une épidémie de blessés"