Le Tour de France 2050. Pour la première fois, un coureur de couleur s'adjuge la course la plus importante du monde. Il pose les jalons de son succès à l'Alpe d'Huez, sur les pentes de laquelle les Africains donnent une leçon aux Blancs et pulvérisent le record de Marco Pantani.
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Le Tour de France 2050. Pour la première fois, un coureur de couleur s'adjuge la course la plus importante du monde. Il pose les jalons de son succès à l'Alpe d'Huez, sur les pentes de laquelle les Africains donnent une leçon aux Blancs et pulvérisent le record de Marco Pantani. Est-ce la future réalité qui se pointe à l'horizon ? La semaine dernière, en tout cas, on a écrit une page importante de l'histoire du cyclisme africain. En octroyant une licence WorldTour à la formation australienne GreenEDGE, l'UCI ouvre les portes de la Ligue des Champions cycliste à un Africain noir. Il s'appelle Daniel Teklehaimanot. Agé de 23 ans, il est issu d'une famille de douze enfants. Il a grandi en Erythrée et depuis quelques saisons, il effectue la navette entre Afrique et Europe pour participer à des courses pour Espoirs. Dans le passé, des directeurs d'équipes à l'esprit aventurier ont déjà octroyé des contrats à des coureurs issus de l'Afrique noire. A la fin des années 70, un étudiant rwandais, Paul Tachteris, a fait £uvre de pionnier et a suscité l'admiration dans les kermesses belges. Au début de ce siècle, le Kenyan Duncan Seco a fait son apparition. Mais, à chaque fois, leur couleur de peau a marqué davantage le public que leurs prestations. Teklehaimanot est d'un tout autre calibre. L'Erythréen, qu'on dit taiseux, mesure 1m88 pour 73 kilos. En 2009, il a fait parler de lui en terminant sixième du Tour de l'Avenir, réservé aux Espoirs. Un an plus tard, il a suscité encore plus d'étonnement en animant la finale du Tour des Flandres pours Espoirs. L'ancien spécialiste du VTT a mis à mal le cliché tiré des images du Tour du Burkina Faso, selon lequel les Africains ne sont pas capables de négocier un virage et sont dénués de tout sens tactique. Ce n'est pas un hasard si le premier Noir du WorldTour vient d'Erythrée. L'ancienne province éthiopienne a été une colonie de l'Italie jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale. La Botte y a introduit les bribes d'une culture vélocipédique et la jeune nation est désormais la première nation cycliste d'Afrique. Avec ses routes culminant à 2.500 mètres, ses plaines et son désert venteux à la mer Rouge, l'Erythrée forme les coureurs les plus complets d'Afrique, comme aime à la rappeler la fédération cycliste. De tout le continent noir, c'est l'Afrique de l'Est qui peut se targuer du développement le plus spectaculaire. Les Kenyans et les Ethiopiens sont déjà renommés depuis belle lurette en athlétisme. Les scientifiques supposent qu'ils sont génétiquement prédisposés aux efforts d'endurance. Vont-ils bientôt survoler aussi les pelotons cyclistes ? Cela dépendra des progrès de la culture cycliste locale. Les jeunes possèdent au moins une locomotive, maintenant : Teklehaimanot. BENEDICT VANCLOOSTER