Un an et demi après sa première sélection, le 21 août 2002 en Pologne, JonathanBlondel a re-goûté à l'équipe nationale, cette fois comme titulaire. Il a vécu un match difficile contre l'Allemagne, il le reconnaît lui-même. " On a été dominé et je n'ai pas touché beaucoup de ballons. En réintégrant le giron des Diables Rouges, j'ai déjà atteint l'un des objectifs que je m'étais fixés en signant à Bruges. Mais le principal reste de m'imposer dans mon club ".
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Un an et demi après sa première sélection, le 21 août 2002 en Pologne, JonathanBlondel a re-goûté à l'équipe nationale, cette fois comme titulaire. Il a vécu un match difficile contre l'Allemagne, il le reconnaît lui-même. " On a été dominé et je n'ai pas touché beaucoup de ballons. En réintégrant le giron des Diables Rouges, j'ai déjà atteint l'un des objectifs que je m'étais fixés en signant à Bruges. Mais le principal reste de m'imposer dans mon club ". Jonathan Blondel a déjà séduit le public brugeois : " Cela me fait plaisir, c'est sûr, d'être applaudi lorsque je quitte le terrain. Cela me fait du bien au moral, après les mois difficiles que j'ai vécus en Angleterre ". Par contre, il a été sifflé par le public mouscronnois lorsqu'il est retourné au Canonnier : " J'ai été très étonné, car ce n'est pas l'habitude chez les Hurlus. Généralement, les anciens sont bien accueillis lorsqu'ils reviennent, même avec un autre maillot. Cela dit, ces coups de sifflet ne m'ont pas dérangé. Si mes anciens supporters trouvaient cela amusant, tant mieux pour eux. Moi, j'ai répondu sur le terrain : j'ai inscrit un but et c'est Bruges qui jouera la finale ". Après avoir dû patienter quelques semaines sur le banc, Jona a fait son trou dans l'équipe brugeoise. " En débarquant, j'ai joué quatre rencontres avec la Réserve, puis j'ai pris place à cinq ou six reprises sur le banc de l'équipe Première. C'était normal, car je devais retrouver le rythme de compétition. J'ai débuté à Westerlo, où je m'étais déjà bien débrouillé, et depuis lors, cela va de mieux en mieux. La succession de matches, à raison de deux par semaine û jeudi, puis dimanche û m'a fait le plus grand bien. C'est exactement de cela dont j'avais besoin. Tout le monde m'a bien accueilli et je me suis directement senti à l'aise dans le vestiaire brugeois. Le 4-3-3 brugeois, aussi, m'a directement convenu et je me sens bien à la place de demi gauche que TrondSollied m'a confiée. J'essaye de m'y imposer avec mes qualités propres, qui devraient être complémentaires avec celles de mes équipes. A côté de joueurs costauds et forts de la tête, on a aussi besoin de joueurs plus vifs et plus techniques ". " On a directement vu qu'il savait jouer au football ", reconnaît ChrisVanPuyvelde, l'entraîneur adjoint. " Au début, il a dû apprendre à tenir 90 minutes, mais il a déjà beaucoup progressé dans ce domaine ". AiméAnthuenis apprécie Jonathan Blondel. Il lui avait déjà offert une première sélection lors de son premier match comme sélectionneur fédéral : " Je l'avais vu à l'£uvre, avec JelleVanDamme, lors du Championnat d'Europe des û19 ans et il m'avait directement séduit ". Mais il ne pouvait décemment plus le retenir à partir du moment où il était relégué sur une voie de garage, à Tottenham. Son retour en Belgique, et les quelques matches convaincants qu'il a livrés sous le maillot de Bruges, ont suffi pour qu'il soit rappelé. " On pourrait éventuellement me reprocher d'appeler des jeunes trop tôt en équipe nationale, en fonction des circonstances, mais je ne m'arrête pas à la seule considération de l'âge ", justifie le coach fédéral. " Lorsqu'on s'impose à Bruges, on doit être capable de le faire également en équipe nationale. Je l'ai personnellement suivi lors de deux matches : contre Bordeaux et contre Mouscron. J'ai aussi reçu des rapports très élogieux à son égard, sur base d'autres matches. A chaque fois, il était l'un des meilleurs joueurs de son équipe, sinon le meilleur. Les qualités de Jonathan ? Il maîtrise le ballon grâce à une bonne technique, qu'il peut exploiter tant au centre du terrain que sur le flanc. Il a bien progressé au niveau de la récupération et du caractère. Il a la volonté de s'affirmer et de démontrer que sa petite taille, loin d'être un handicap, peut constituer un atout. Ce n'est pas nécessaire d'être un bodybuilder pour jouer de manière agressive. Le match à Cologne fut difficile pour lui, mais il le fut pour tout le monde. Jonathan doit encore développer certains aspects de son jeu : il doit apprendre à moins forcer et à mieux utiliser son pied droit, par exemple. Mais on ne doit pas oublier qu'il vient à peine de fêter ses 20 ans, samedi dernier. Il est déjà devenu le chouchou du public brugeois. Les spectateurs ne sont pas aveugles. S'ils l'apprécient, c'est qu'ils ont leurs raisons ". On dit déjà de Jonathan Blondel que c'est le nouveau MarcDegryse. " Je n'aime pas ce genre de comparaison ", affirme Degryse, l'actuel directeur sportif de Bruges. " Il y a des points communs, comme la stature et la technique, mais aussi des différences. La première était qu'à son âge, j'étais surtout un attaquant, alors qu'il est déjà un milieu de terrain. Bruges l'a engagé dans une perspective d'avenir. C'est un jeune joueur qui a encore tout le temps de s'aguerrir au cours des quatre ou cinq prochaines années. Il n'empêche que, si on pouvait l'utiliser tout de suite, on n'allait pas s'en priver. Cela dépendait de la confiance que lui accorderait l'entraîneur et de sa faculté à affronter la concurrence. Il s'est très rapidement intégré, à tous les niveaux. Il a déjà démontré d'évidentes qualités footballistiques et aussi une très bonne mentalité : il se montre enthousiaste et volontaire à l'entraînement, ce qui est très apprécié. Néanmoins, il faut rester prudent et éviter de s'enthousiasmer trop tôt. Il ne faut pas d'emblée placer la barre trop haut et attendre trop de lui dès le début. Il a été bien accueilli par les anciens de Bruges, ce qui est une bonne chose. Moi aussi, j'avais pu bénéficier, au début de ma carrière, des précieux conseils de joueurs comme JanCeulemans. Ceux-ci, en retour, apprécient qu'un jeune leur voue du respect. Dans ce cas, l'intégration se passe toujours très bien. Son évolution future dépendra de sa faculté à demeurer les pieds sur terre, après les louanges dont il est l'objet actuellement. Mais je ne nourris pas trop de craintes à cet égard ". SteveDugardein est l'un des joueurs qui, en tant qu'anciens de l'Excelsior Mouscron, avaient accueilli Jonathan Blondel lorsqu'il a fait son apparition dans le noyau A, à 17 ans. Lors du match de Coupe de Belgique au stade Jan Breydel, voici dix jours, il s'est souvent retrouvé dans ses parages. " Surtout en première mi-temps ", précise-t-il. " Je trouve que Jo a surtout évolué tactiquement. Physiquement, il est aussi capable de tenir 90 minutes désormais, ce qui n'était pas nécessairement le cas à l'Excel. Il a appris à mieux doser ses efforts : il court moins, mais à bon escient, ce qui lui permet de garder sa fraîcheur pour des actions décisives. Il ne veut plus jouer à tout prix en un temps, il sait qu'il y a aussi des périodes où il faut conserver le ballon. Sa couverture de balle est meilleure également. Sa vivacité, il l'avait déjà à Mouscron. Son travail défensif, il l'effectuait déjà également. Il progressera encore, car il est encore très jeune. C'est un petit bonhomme dans la fine fleur de l'âge, qui aime s'amuser mais qui demeure toujours très disponible. Je suis toujours resté en contact avec lui, même lorsqu'il était en Angleterre. Depuis qu'il est revenu en Belgique, et qu'il joue dans un autre club, on se téléphone moins souvent ". Beaucoup d'observateurs s'accordent à dire que Jonathan Blondel a progressé en deux ans, footballistiquement et mentalement, malgré le peu de minutes qu'il a jouées en Premier League. Ce n'est pas SergeTrimpont, son manager, qui nous contredira. " Je suis heureux de constater que les gens se rendent compte de son évolution positive. Pendant un an et demi, j'ai effectué un gros travail mental avec Jonathan, car il n'était pas bien dans sa peau à Londres. J'en recueille aujourd'hui les fruits. Je l'ai toujours incité à mordre sur sa chique, en lui expliquant que les mauvais moments qu'il passait lui forgerait un caractère d'acier dont il tirerait profit plus tard. La vie n'est pas toujours drôle, et le football professionnel, c'est parfois la jungle. Aller boire un verre avec les copains après l'entraînement, c'est bien, mais au plus haut niveau, ça ne se passe pas toujours comme cela. Lorsque Jonathan est parti à Tottenham, c'était encore un enfant. En Angleterre, il est devenu un homme. Même sa voix a changé. On l'entend désormais de manière plus audible, lorsqu'il parle. Ce changement de personnalité se ressent aussi sur le terrain. En constatant la manière dont il a abordé certaines rencontres avec Bruges, on se rend compte qu'il a du cran. Lorsqu'il a affronté Mouscron à deux reprises en Coupe de Belgique, il aurait pu craquer sous la pression, mais c'est tout le contraire qui s'est produit. Il a acquis un jeu de tête et une frappe de balle. Il a appris à se faire respecter. Il récupère beaucoup de ballons, désormais. Au cours des derniers mois à Tottenham, il jouait souvent au poste de demi défensif. Cela lui a appris à lire le jeu, à alterner le jeu court et le jeu long. Il a également trouvé un équilibre entre les actions individuelles et les temporisations au niveau du collectif. Il n'est plus uniquement un petit cheval fou : il a progressé au niveau de l'intelligence de jeu ". " Bruges, c'était la meilleure solution pour lui ", poursuit Trimpont. " Le Club lui offrait à la fois la garantie de jouer au top niveau tout en lui permettrant de vivre à nouveau dans sa région, près de sa famille. S'il était parti au Standard, par exemple, il aurait encore été déraciné. Les Brugeois, en contrepartie, ont hérité d'un type de footballeur qui leur manquait : technique, vif, créatif, capable d'apporter de la vitesse et de la profondeur dans l'entrejeu. Jonathan ne sera jamais une armoire à glace, mais il compense sa petite taille par la vitesse et l'agressivité. D'autres joueurs de petite taille ont réussi une très belle carrière : ThomasHässler, par exemple, était encore plus petit que lui. Cela me fait rigoler, lorsqu'on affirme qu'un joueur part trop tôt à l'étranger. Jonathan ne risquait qu'une chose en partant à 18 ans à Tottenham : échouer et... revenir en Belgique, en étant plus fort. Il a finalement gagné beaucoup de temps en partant à Tottenham. Il a fréquenté l'université du football. En un an et demi, il a appris ce qu'il aurait appris ici en trois ans. En affrontant chaque jour à l'entraînement des joueurs comme ChristianZiege, DarrenAnderton ou TeddySheringham, on ne peut pas régresser. Vouloir rester le plus longtemps possible en Belgique, c'est typique de la mentalité belge, très frileuse. A force d'attendre, WalterBaseggio risque de ne jamais partir. Je crains même pour ArunaDindane, un autre de mes poulains, s'il reste trop longtemps à Anderlecht. Il demeurera, à coup sûr, un artiste du championnat de Belgique, mais il risquerait de plafonner. Et qui ne progresse pas recule. Aujourd'hui, il n'est plus question de retransférer Jonathan à court terme. Il restera quelques années à Bruges, mais vers 23-24 ans, son destin le poussera presque à coup sûr vers une nouvelle expérience à l'étranger. Et à ce moment-là, il sera mieux armé. Je trouve qu'une partie de la presse a été dure pour lui à Cologne. D'abord, il ne jouait pas à sa place : Jonathan est un n°10. Il est capable de jouer à gauche, dans un 4-3-3 à la brugeoise, mais pas comme véritable flanc gauche dans un 4-4-2. Et s'il est vrai qu'on l'a peu vu, combien de ballons négociables a-t-il reçus ? Plutôt que d'affirmer que Jonathan a échoué à Tottenham, je dirais que ce sont les Spurs qui ont loupé l'occasion de l'utiliser. Et aujourd'hui, ils s'en mordent les doigts. Lors de ses rares apparitions, il n'a jamais déçu. DavidPleat s'en rend compte, mais un peu tard. Lors du transfert à Bruges, il a tenté sans succès d'inclure une option de ré-achat, donnant la priorité à Tottenham le jour où Jonathan repartirait à l'étranger. Et quand le manager des Spurs passe en Belgique, il revoit, mouchoir à la main, son ancien poulain, qu'il adorait. On a vu Pleat à Tournai, pour Belgique-France Espoirs, puis au stade Jan Breydel, pour Bruges-Bordeaux. C'est touchant, non ?". Daniel Devos" Toujours un des meilleurs de Bruges. SINON LE MEILLEUR " (Aimé Anthuenis)