Voilà deux ans que Christophe Grégoire a quitté le foyer familial de Nandrin pour s'établir dans la Cité des Hurlus. "Seul, à 200 kilomètres, dans une ville où je ne connaissais personne, ce n'était pas évident au départ", se souvient-il. "Mais j'ai d'emblée établi de bons contacts avec les joueurs. Je me retrouvais souvent en compagnie de Steve Dugardein et Giovanni Seynhaeve. Aujourd'hui, il y a toujours des moments où la famille et les amis me manquent, mais je me suis habitué à cette petite ville de 50.000 habitants, très calme. Parfois trop calme. Mouscron, ce n'est pas Liège. Il ne se passe pas grand-chose. A la limite, c'est presque un gros village. Tout se sait vite, mais cela ne me dérange pas: je n'ai rien à cacher. A partir du moment où je me comporte normalement, je ne vois pas d'inconvénient à ce q...

Voilà deux ans que Christophe Grégoire a quitté le foyer familial de Nandrin pour s'établir dans la Cité des Hurlus. "Seul, à 200 kilomètres, dans une ville où je ne connaissais personne, ce n'était pas évident au départ", se souvient-il. "Mais j'ai d'emblée établi de bons contacts avec les joueurs. Je me retrouvais souvent en compagnie de Steve Dugardein et Giovanni Seynhaeve. Aujourd'hui, il y a toujours des moments où la famille et les amis me manquent, mais je me suis habitué à cette petite ville de 50.000 habitants, très calme. Parfois trop calme. Mouscron, ce n'est pas Liège. Il ne se passe pas grand-chose. A la limite, c'est presque un gros village. Tout se sait vite, mais cela ne me dérange pas: je n'ai rien à cacher. A partir du moment où je me comporte normalement, je ne vois pas d'inconvénient à ce que l'on m'aperçoive en train de flâner dans les rues piétonnières. Les gens sont accueillants, et même lorsqu'ils me reconnaissent, ils ne m'importunent pas. Pour faire du shopping, je me rends souvent à Lille. Ce n'est pas très loin. A part cela, je me repose dans mon appartement, je surfe sur Internet ou je promène mon chien. Ma copine me rejoint en général le week-end. Elle est originaire de Valence, dans le sud de la France. Avec le TGV, cela va vite: trois heures à peine jusqu'à Lille. Nous nous connaissons depuis une dizaine d'années. Elle fait des études en marketing. J'aime le tennis, mais je n'ai pas encore eu l'occasion d'en pratiquer cette saison. Au niveau footballistique, je n'ai jamais regretté d'avoir opté pour Mouscron. Si j'étais parti à La Louvière, j'aurais peut-être joué plus tôt en D1, sans être prêt. A Mouscron, on m'a laissé le temps de mûrir pendant un an, et aujourd'hui, j'éclos. L'entraîneur du noyau B, Geert Broeckaert, a souvent tapé sur le même clou. J'ai souffert, car le rythme des entraînements n'avait aucune commune mesure avec ce que j'avais connu précédemment. J'ai parfois dû puiser dans mes réserves. Le travail a porté ses fruits. Je ne me suis cependant pas transformé de fond en comble comme certains le prétendent. La confiance est pour beaucoup dans ma réussite. J'ai toujours été capable de réaliser les gestes techniques que je réussis aujourd'hui, mais je n'osais pas les tenter. J'ai resigné jusqu'en 2007. Le fait de me proposer un contrat de longue durée est une belle marque d'estime de la part de l'entraîneur. Je pense encore souvent à la saison dernière, lorsque je répétais mes gammes en Réserve. Je sais d'où je viens et je sais que je pourrais très vite y retourner si je me laisse aller. Hugo Broos est disposé à faire confiance aux jeunes, mais il faut lui montrer quelque chose à l'entraînement avant de recevoir sa chance. Certains s'impatientent et se découragent. J'ai su m'accrocher. Mouscron m'a offert la chance de jouer en D1 et je ne peux pas l'oublier. Je suis très bien au Canonnier et je ne vois pas pourquoi j'irais voir ailleurs. Il n'y a pas, en Belgique, des masses de clubs qui disposent d'un tel encadrement et de telles infrastructures. Tout est réuni pour qu'on puisse travailler dans les meilleures conditions. J'ai de bons contacts avec les supporters. Aucun club ne m'a encore demandé de devenir son parrain, mais je reçois régulièrement des e-mails. C'est assez sympa. Entre joueurs, on s'entend bien. Certains ont plus d'atomes crochus avec d'autres, mais c'est ainsi partout. Liège restera cependant ma ville. Cela ne changera pas, c'est là que j'ai mes racines. J'envisage d'ailleurs d'acheter une maison dans la Cité Ardente. Si je ne l'utilise pas, je la louerai, ce n'est pas perdu comme investissement. Mon frère, Sébastien, joue en Réserve au Standard. Pour ma part, quand j'étais gosse, j'étais supporter d'... Anderlecht. Comme mon père. C'est au Parc Astrid que j'ai été voir mes premiers matches. Souvent, on allait voir Anderlecht-Standard, pour contenter tous les membres de la famille, mais je me souviens aussi de matches acharnés entre Anderlecht et Malines, dans le temps. Je prenais place dans la tribune assise. La seule fois où j'ai essayé les places debout, j'ai failli me faire écraser. Je n'y suis plus jamais retourné. Mes parents ont été importants dans ma carrière. Lorsque j'étais plus jeune, ils m'ont conduit partout. Ils m'ont toujours encouragé lorsque cela allait mal et s'attachent aujourd'hui à me garder les pieds sur terre. Je leur dois beaucoup".