"Maxime n'est pas facile à joindre. " Philippe Huon, son entraîneur au Tennis Club de Quimperlé (France), nous avait prévenu. Plusieurs coups de fil, deux messages sur sa page Facebook, il aura finalement fallu l'aide salvatrice de l'administrateur de cette dernière pour parvenir à obtenir ses coordonnées via son oncle. Deux appels dans le vent, un SMS et une réponse : " Je suis à Antalya en Turquie mais le Wi-fi est mauvais. ". On s'est finalement arrangé pour se parler.
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"Maxime n'est pas facile à joindre. " Philippe Huon, son entraîneur au Tennis Club de Quimperlé (France), nous avait prévenu. Plusieurs coups de fil, deux messages sur sa page Facebook, il aura finalement fallu l'aide salvatrice de l'administrateur de cette dernière pour parvenir à obtenir ses coordonnées via son oncle. Deux appels dans le vent, un SMS et une réponse : " Je suis à Antalya en Turquie mais le Wi-fi est mauvais. ". On s'est finalement arrangé pour se parler. La débrouille Maxime Authom, 26 ans, tennisman professionnel connaît bien.Le Louviérois traîne ses guêtres, ses raquettes et ses baskets sur le circuit professionnel depuis 2005. Une vraie vie de businessman où le joueur doit jongler entre les vols, les hôtels, les papiers avant d'en faire de même avec la petite balle jaune. 265e à l'ATP, Maxime ne joue, en effet, ni dans la même cour ni sur les mêmes courts que Nadal, Federer, Djokovic et toutes les stars de la planète tennistique. Le joueur participe la plupart du temps à des tournois Challenger ou aux Futures où le prize money n'est évidemment pas le même qu'un tournoi ATP. Une demi-finale dans un tournoi Future ne lui rapporte par exemple " que " 280 euros net. Une somme qui ne couvre même pas ses frais. " Tous les gens pensent qu'on a la même vie qu'un top 10 alors que les prize money sont totalement différents... Après, bien figurer dans les gros tournois c'est sûr, c'est autre chose. On ne joue pas chaque semaine et on ne gagne pas à chaque fois. Les mois peuvent être durs, même si ce n'est pas l'usine bien sûr, on ne vit pas comme des princes... ". Ses frais de déplacement restent, en effet, très élevés car le tennis, faut-il le rappeler est un sport qui se joue sur cinq continents. L'hébergement est, en général, pris en compte par l'organisation mais pas toujours. " On ne dort pas toutes les nuits dans des 5 étoiles cela je vous le dis ", plaisante-t-il.Maxime doit aussi compter la nourriture et un entraîneur qui le suit pratiquement partout : l'ancien tennisman belge Pim Van Mele. Inutile de dire que Maxime n'a ni kiné, ni attaché de presse, ni préparateur mental dans son entourage. Heureusement pour lui, le Wallon peut compter sur des aides de l'association francophone de tennis (AFT), de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de l'Adeps via un contrat de sportif de haut niveau. " Sans cela ce serait beaucoup plus compliqué... ", assure-t-il. Les conditions de jeu ne sont pas non plus toujours optimales. Oubliez la belle terre battue du central à Roland-Garros ou l'herbe impeccable du gazon de Wimbledon. " Dans des petits tournois, les lignes ne sont pas droites ou les terrains très mauvais mais quand on veut des points il faut le faire... " Des points, Maxime Authom en a vraiment besoin en ce moment. Après avoir culminé à la 143e place en février, il se retrouve après une série de défaites à la 265e place au classement ATP malgré sa victoire récente au Future de Rodez fin octobre. " Je fais des tournois Future car je n'ai pas gagné beaucoup de matchs cette année et vu que j'ai besoin de points on a décidé de faire de plus petits tournois ", précise-t-il. " Je veuxretrouver les victoires donc des points et donc de la confiance. "La confiance, justement, et la constance feraient la différence entre un top 100, 200 et même 300. Le niveau de jeu ne serait pas si différent. " Ça se joue au mental ! Après quand on passe le top 30 et après top 10 c'est un autre sport !" Maxime a joué quelques joueurs de ce calibre. Parmi eux, l'ancien 8e joueur mondial Radek Stepanek, le Français Benoît Paire (26e à l'ATP) ou encore le Tchèque LukasRosol (43e à l'ATP). Mais son plus beau souvenir restera sa première qualification en grand chelem à l'US Open en 2012 au 1er tour contre l'Allemand Bjorn Phau après avoir gagné trois matchs pour s'extraire des qualifications. Maxime a été battu. Dommage. Car en cas de victoire, il aurait affronté Roger Federer, son idole. " Cela je ne l'aurais jamais imaginé il y a quelques années... C'était magique l'US Open. Il n' y a pas vraiment de différence, un match reste un match mais on joue pour faire les plus gros tournois du monde donc la pression est plus forte surtout quand on n'a jamais joué de tournois du grand chelem... ". Des moments de doute Maxime en a déjà connus. Il n'oublie pas que 18 mois avant sa qualification pour le tableau final du grand chelem américain il était seulement 881e joueur mondial. Lorsqu'il a enchaîné les pépins cette année l'idée d'arrêter l'a pourtant effleuré. " J'étais énervé et déçu mais au fond de moi je ne le pensais pas. Quand on ne gagne pas un match pendant des mois on pense à beaucoup de choses... Et c'est très difficile mentalement. Quand j'étais petit, je ne voulais pas forcément devenir professionnel, je jouais plus pour le plaisir donc je n'y pensais pas. C'est sûr que c'est une vie plus difficile que ce que les gens imaginent mais j'aime cette vie, j'aime les tournois donc tant que j'arriverais à vivre de ma passion je continuerais... " A Antalya, le jour même, Maxime s'est qualifié pour les 1/4 de finale en battant le jeune Thaïlandais de 18 ans Wishaya Trongcharoenchaikul en deux sets (7-6 ; 6-2). Ce n'est pas encore Roger Federer mais peut-être unpremier pas vers un nouveau grand chelem et un nouveau rêve. ?PAR JACQUES BESNARD - PHOTOS: IMAGEGLOBEUne demi-finale dans un tournoi Future ne lui rapporte par exemple " que " 280 euros net.