Il vit pour le football. Il soigne son corps d'1m78 et le démontre tous les jours dans les installations du Camp Nou. C'est une force de la nature qui n'avait jamais imaginé qu'un jour, il serait le leader d'un vestiaire comme celui des blaugranas. Il aime ce qu'il fait. Le caractère de " Puyi " est contagieux pour le vestiaire et les spectateurs le reconnaissent comme l'une des figures emblématiques du FC Barcelone, ces dix dernières années : une équipe qui a écrit des pages d'histoire.
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Il vit pour le football. Il soigne son corps d'1m78 et le démontre tous les jours dans les installations du Camp Nou. C'est une force de la nature qui n'avait jamais imaginé qu'un jour, il serait le leader d'un vestiaire comme celui des blaugranas. Il aime ce qu'il fait. Le caractère de " Puyi " est contagieux pour le vestiaire et les spectateurs le reconnaissent comme l'une des figures emblématiques du FC Barcelone, ces dix dernières années : une équipe qui a écrit des pages d'histoire. Après avoir soulevé la " coupe aux grandes oreilles ", le 17 mai 2006 en finale de la Ligue des Champions contre Arsenal, il s'est remis à l'ouvrage. Rééditer une saison aussi pleine que l'an passé sera difficile. Pour la Ligue des Champions, c'est même déjà mission impossible, puisque le Barça a été éliminé par Liverpool. " La saison dernière, on avait remporté trois trophées ", se souvient Carles Puyol (28 ans). " On avait remporté la Liga, la Ligue des Champions et la Supercoupe d'Espagne. On avait démarré la nouvelle saison en essayant de faire aussi bien. Faire mieux, c'était quasi utopique ". La Ligue des Champions conquise à Paris restera comme le plus grand moment de sa carrière : " Remporter la C1, c'est toujours très spécial, mais je garde un souvenir particulier de tous les trophées que j'ai inscrits à mon palmarès. Lorsque j'ai débuté en équipe Première du FC Barcelone, on est resté cinq ans sans rien gagner. Après ces années de disette, chaque succès est apprécié à sa juste valeur ". Puyol garde toujours confiance en son équipe, qui s'est révélée très performante au cours des dernières saisons, mais quelles furent les clefs du succès ? Pour le défenseur international (54 matches), il n'y a pas le moindre doute. " Notre groupe est très uni et il règne beaucoup de sérénité dans le club. Tout est bien réglé, et c'est très important pour les joueurs. On forme une grande équipe, mais je ne parle pas uniquement des joueurs : j'englobe également toutes les personnes qui nous entourent : le staff technique, les kinés, les responsables du matériel. On est solidaires dans les bons et les mauvais moments ". Puyol sait à quel point cette union est nécessaire lorsqu'on veut remporter des succès. En tant que capitaine, il est le leader dans le vestiaire : " C'est une lourde responsabilité, mais je l'assume avec beaucoup de plaisir et avec l'intention de remplir ma tâche le mieux possible. Je suis aussi très bien aidé, je me sens soutenu ". Jamais il n'aurait pensé diriger un jour le navire blaugrana... ou devenir le meilleur défenseur de la dernière LC, succédant ainsi à John Terry, de Chelsea. Lorsqu'il était petit, il n'avait même jamais imaginé porter un jour ce maillot : " En fait, je suis en train de réaliser un rêve et j'essaie d'en profiter un maximum ". C'est que Puyol, comme il le reconnaît, a commencé à jouer au football fort tard : " A partir de là, je ne pouvais raisonnablement pas envisager ce que j'ai réalisé aujourd'hui ". Puyol est l'un des joueurs les plus appréciés par les spectateurs du Camp Nou. Il en est conscient. " Les supporters m'ont toujours soutenu, dans les bons comme les mauvais moments, et je leur en suis reconnaissant ". C'est ce soutien qui lui a permis de traverser la période douloureuse qui a suivi l'enterrement de son père, en novembre dernier, tué dans un accident du travail, écrasé par un engin réparant une route... " Ce fut vraiment une période très difficile pour moi. On ne s'imagine pas à quel point cela fait mal, jusqu'à ce qu'on ait vécu soi-même ce genre de situation. Mais tout le monde m'a aidé : au sein du club, mais aussi des personnes extérieures. J'ai reçu des marques de sympathies de tous les coins du monde, et cela m'a donné le courage de lutter pour franchir ce cap. Je n'ai pas pu remercier tout le monde, car ils étaient trop nombreux, mais qu'ils sachent que tous ces messages m'ont fait très plaisir. Je savais que j'avais beaucoup d'amis, mais pas à ce point-là. Je n'oublierai pas tout ce que les gens ont fait pour moi ". Malgré tout, Puyol ne peut nier que, cette saison, le Barça s'est montré beaucoup plus irrégulier. " Je crois qu'il ne faut pas sous-estimer la difficulté de la Liga. D'autres équipes ont également connu des problèmes ". Il évoque également la difficulté d'une saison post-Mondial, sans parler du Championnat du Monde des clubs, disputé à Tokyo. " Mais je ne veux pas chercher d'excuses. On doit travailler et regarder devant, c'est tout ". Puyi reconnaît également que la tournée intercontinentale réalisée pendant l'été a perturbé la préparation de l'équipe. L'obligation de disputer la Supercoupe d'Espagne et la Supercoupe d'Europe (perdue contre le FC Séville à Monaco) a également perturbé les entraînements : " On n'a pas pu réaliser un travail foncier trop lourd, car on en aurait payé les conséquences durant ces matches ". La déception engendrée par la défaite, en finale du Championnat du Monde des clubs au Japon, a un peu affecté le moral : " On était parti là-bas avec beaucoup d'enthousiasme et avec l'ambition d'écrire une page d'histoire. On a échoué et on était tous très déçus ". De toute évidence, les absences pour blessures de Samuel Eto'o et de Lionel Messi ont négativement influencé le rendement de l'équipe au cours des derniers mois de 2006 : " Le FC Barcelone possède une très grande équipe et un noyau suffisamment étoffé, mais lorsqu'on perd deux des meilleurs joueurs du monde, même un club comme le nôtre en souffre ". L'irrégularité du FC Barcelone a soulevé des critiques. Au point que certains ont été jusqu'à affirmer qu'un cycle s'était achevé. Puyol, habitué durant toute sa carrière à accueillir les éloges comme les critiques, estime qu'il faut respecter toutes les opinions mais n'est pas d'accord avec les points de vue les plus pessimistes. " Notre cycle n'est pas achevé ", assure-t-il. " Cette équipe a encore faim de victoires. Si certaines personnes pensent le contraire, il faut leur prouver sur le terrain qu'elles ont tort ". Ronaldinho fut l'une des principales cibles des critiques. Puyol défend son compagnon bec et ongles : " Je ne comprends pas qu'on puisse le siffler. C'est un footballeur très inventif. Il connaît, comme tout le monde, des bons jours et des moins bons jours, mais son envie est toujours intacte ". Certains regrettent Mark van Bommel et Henrik Larsson. Le Suédois, en particulier, aurait été bien utile en l'absence d'Eto'o et de Messi, mais le capitaine catalan refuse d'évoquer les joueurs qui sont partis. Il défend son équipage actuel : " Les joueurs qui nous ont quittés étaient de grande qualité, mais ceux qui sont arrivés, comme Gianluca Zambrotta et Lilian Thuram, sont également très bons. Ce sont des défenseurs impressionnants et ils apportent beaucoup à l'équipe. Dans le registre offensif, Eidur Gudjohnsen et Javier Saviola ont été, à certains moments décisifs ". En ce qui concerne son entraîneur Frank Rijkaard, Puyol refuse de croire qu'il pourrait quitter le navire en fin de saison : " J'espère qu'il restera encore de nombreuses années. Il nous a beaucoup aidés, nous les joueurs et tous les Barcelonais. C'est un bon entraîneur, qui a aussi de grandes qualités humaines. Je suis optimiste sur ses chances de rester. Je suis conscient de la difficulté qu'il y a à être entraîneur du Barça. Rijkaard est très important pour l'équipe ". Certains parlent déjà d'un renouvellement de l'équipe pour la saison prochaine, avec l'arrivée de nouveaux cracks : " Je pense que nous en avons déjà beaucoup dans l'équipe. En outre, ils sont jeunes et ont encore tout l'avenir devant eux. Je ne suis pas contre l'arrivée d'autres grands footballeurs, mais ce sera difficile d'en trouver de meilleurs que ceux que nous avons déjà. Je ne suis pas inquiet en entendant les rumeurs de départ de Deco et de Ronaldinho. Je ne pense pas qu'ils partiront à court terme. Ils ont encore beaucoup à donner au club. J'espère qu'ils resteront, pour le bien du club mais aussi pour leur bonheur à eux, car je crois qu'ils sont heureux ici ". En ce qui concerne Puyol, il n'a jamais caché son admiration pour Milan : " C'est une équipe qui me plaît. Le championnat d'Italie m'attire également, mais c'est encore au Barça que je me sens le plus heureux. En outre, j'ai ma famille près de moi ". Puyol ne considère pas que l'éternel rival madrilène est aussi mal loti qu'on le dit et est persuadé qu'il n'a pas encore dit son dernier mot : " Le Real Madrid luttera avec nous jusqu'au bout. Avec d'autres équipes, d'ailleurs. La Liga est passionnante cette saison, beaucoup d'équipes se tiennent de près ". En ce qui concerne la Ligue des Champions : " Le problème, c'est qu'on peut être éliminé sur un seul jour sans ". C'est ce qui était arrivé lors du match à domicile contre Liverpool. Et depuis le début des années 90, aucun club n'est parvenu à remporter la C1 deux années de suite : " Je ne vois pas un favori clair pour l'édition actuelle. Peut-être Chelsea, mais Liverpool me paraît être une équipe bien organisée également. Arsenal me plaisait beaucoup aussi, mais les Gunners ne sont plus en lice ". Le capitaine blaugrana dispute sa huitième saison au FC Barcelone : " Mes débuts furent laborieux, mais actuellement, je goûte chaque instant avec délectation. J'espère encore jouer jusqu'à 35 ans. Je suis encore sous contrat pour cette saison et les trois suivantes. Après, on verra. J'ai l'intention de continuer, mais il faudra voir quel sera mon état de forme à ce moment et si le club aura encore envie de me garder ". Une chose semble claire pour lui : lorsque le moment de raccrocher les crampons sera venu, il ne songera pas à une reconversion comme entraîneur : " C'est un métier très difficile. Lorsque tout va mal, c'est toujours l'entraîneur qui paie les pots cassés. Mais seuls les imbéciles ne changent jamais d'avis. Aujourd'hui, j'affirme que je ne m'installerai pas sur le petit banc, mais dans quatre ou cinq ans, je répondrai peut-être différemment ". Actuellement, ses regards sont surtout portés sur sa famille : " Ma fiancée Agnés a déjà fait beaucoup de sacrifices. Il sera temps, lorsque j'aurai raccroché, de lui accorder un peu de temps ". Si Puyol est un joueur important au FC Barcelone, il l'est tout autant en équipe nationale. Malgré les mauvais résultats des derniers mois, il est optimiste en ce qui concerne l'avenir de la seleccion. " Je pense qu'on se qualifiera malgré tout pour le Championnat d'Europe. L'équipe va progresser ". Il apporte aussi un soutien inconditionnel à Luis Aragonés. Il ne pense pas qu'il s'est trompé en continuant, alors qu'il avait annoncé qu'il démissionnerait après la Coupe du Monde : " On doit être à fond derrière lui ". Pour Puyol, la seleccion se compose toujours d'excellents joueurs et l'ambiance est très bonne, mais il ne cache pas que la déception est toujours grande après une phase finale d'un grand tournoi : " C'est dur de penser que l'on n'a jamais rien gagné ". En passant en revue les derniers échecs, il essaie de relativiser et ne fait pas un drame de l'élimination face à la France, lors de la dernière Coupe du Monde en huitièmes (1-3). " Après tout, ce résultat entre dans une certaine logique. La déception la plus cruelle fut enregistrée lors de l'Euro 2004, au Portugal. De nombreux Espagnols étaient venus nous encourager dans ce pays voisin. Ne pas franchir le premier tour, cela, c'était un véritable échec ". par alfredo martinez (esm) - photo: pro shots