Un écusson qui fait ostensiblement écho au Sporting carolo, un hommage hédoniste à la légende locale Georget Bertoncello et même un voisin aigri qui s'amuserait, selon la légende, à crever les ballons qui atterriraient par maladresse dans son pré carré. La carte d'identité de la Jeunesse Sportive Taminoise renvoie une certaine idée du foot d'en bas dans la région de Charleroi. Celle d'un club sans histoire, mais hier encore moqué pour son immobilisme. Loin de l'image déclinée aujourd'hui par une saison menée en boulet de canon en tête de sa série en P1 namuroise.
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Un écusson qui fait ostensiblement écho au Sporting carolo, un hommage hédoniste à la légende locale Georget Bertoncello et même un voisin aigri qui s'amuserait, selon la légende, à crever les ballons qui atterriraient par maladresse dans son pré carré. La carte d'identité de la Jeunesse Sportive Taminoise renvoie une certaine idée du foot d'en bas dans la région de Charleroi. Celle d'un club sans histoire, mais hier encore moqué pour son immobilisme. Loin de l'image déclinée aujourd'hui par une saison menée en boulet de canon en tête de sa série en P1 namuroise. Descendu l'an dernier en première provinciale, le club devrait ainsi d'ici peu être l'un des tout premiers à fêter la montée. " Autour de la mi-mars, au vu du rythme qui est le nôtre actuellement ", concède sans fausse modestie le nouveau président Ludovic Morici, cet entrepreneur carolo actif dans l'industrie, la construction et l'immobilier. Il y a un peu moins d'un an, c'est lui qui est à l'initiative du rapprochement entre son ancien club de Jemeppe-sur-Sambre et la Jeunesse Tamines. Concrètement, on ne parle pas ici de fusion. Si la Jeunesse Tamines a bien absorbé les jeunes de Jemeppe, l'équipe première des Chimistes est toujours bien active en P4 cette saison. Adieu par contre Jésus Roman, ancien président de Tamines qui, désireux de prendre du recul, aura trouvé en Morici, un successeur ambitieux. Et dans un journaliste un brin curieux l'incitant attendu. " En septembre 2018, j'ai reçu un appel d'un reporter de la Nouvelle Gazette me demandant s'il était bien vrai que j'allais reprendre Tamines. Il n'en était rien, mais ça m'a donné une idée ", avoue, flegmatique, Morici. Sept mois plus tard, le jumelage était acté. De quoi redonner des couleurs à un club qui en manquait cruellement ces dernières saisons. " Cela faisait quelques années que le club ronronnait un peu, c'est vrai ", concède Carmelo Bellia, suiveur attentif du quotidien de son club d'adoption depuis près de vingt ans. " La fin de l'ère de Jésus Roman a été longue. L'école des jeunes s'était petit à petit dégradée. Le club avait besoin de renouveau. " Un vent de fraîcheur aujourd'hui symbolisé par les arrivées de garçons à la réputation déjà bien nourries dans la région. Pino Rossini (33 ans, ex-Utrecht, Malines, Courtrai, Zulte Waregem, Saint-Trond et Charleroi) et Jonathan Bourdon (39 ans, ex-Westerlo, Roulers et Couillet) pour ses visages les plus familiers. Eux ont connu la D1 et font encore profiter l'assistance de leurs meilleurs restes. " Avec Rossini, tu joues à dix pendant la majorité du match, mais bon, il peut aussi te péter un but à tout moment ", avoue cet autre suiveur attentif des Alloux. Une garantie d'opportunisme qui facture déjà seize roses cette saison et participe au cavalier seul du club taminois en P1. Pas une surprise pour une équipe bâtie sur les cendres des ambitions jemeppoises et avec le carnet d'adresse de Jean-Claude Baudart, ancien entraîneur de l'UR Namur, arrivé avec quelques-uns de ses maillons les plus forts du côté de Sambreville. De quoi offrir quelques belles perspectives d'avenir au club de la banlieue-est de Charleroi, qui rêve de devenir un acteur majeur en D3 amateur dès l'an prochain avant de viser à moyen terme la montée en D2 amateur. Très loin décidément de l'ère Jésus Roman. " Il faut se souvenir qu'en 2015, le club avait été jusqu'à laisser volontairement échapper la montée en division 2 au profit de Coxyde parce que le président de l'époque refusait de se mettre dans le rouge financièrement ", compte encore Carmelo Bellia. " Jésus Roman a toujours su garder les pieds sur terre. " On dit son successeur autrement plus gourmand. Et puisqu'à Tamines, comme ailleurs, l'appétit vient en mangeant, et vous ne trouverez personne jusqu'ici pour s'en plaindre. De là où il est, Berto valide certainement le concept.