" Les Hollandais sont fiers de leurs vedettes et les grands attaquants occupent une place à part au gotha de leur football. Je note quand même l'oubli d'un immense joueur : Simon Tahamata. Le temps l'a relégué au second plan de l'histoire du football néerlandais et c'est aussi dommage qu'injuste. Né en 1956, Simon était un joueur unique qui s'est totalement révélé en Belgique (Standard de 1980 à 84) après son écolage et ses premiers pas en D1 hollandaise à l'Ajax Amsterdam où Tomislav Ivic avait beaucoup cru en lui. A ...

" Les Hollandais sont fiers de leurs vedettes et les grands attaquants occupent une place à part au gotha de leur football. Je note quand même l'oubli d'un immense joueur : Simon Tahamata. Le temps l'a relégué au second plan de l'histoire du football néerlandais et c'est aussi dommage qu'injuste. Né en 1956, Simon était un joueur unique qui s'est totalement révélé en Belgique (Standard de 1980 à 84) après son écolage et ses premiers pas en D1 hollandaise à l'Ajax Amsterdam où Tomislav Ivic avait beaucoup cru en lui. A mon avis, Simon ne se sentait pas totalement à l'aise dans l'univers ajacide. Il avait besoin d'être soutenu, de jouer avec de vrais copains. C'est exactement ce qu'il trouva au Standard avec en prime une amitié pour la vie partagée avec Jos Daerden. Le joueur avait trouvé son milieu idéal, l'homme aussi : Simon se mit à évoquer ses racines moluquoise et à exprimer une personnalité attachante et intéressante. Sur le terrain, il était imprévisible, intenable et pouvait faire basculer le cours d'un match à lui tout seul. Pour moi, Tahamata est le meilleur joueur étranger de l'histoire du Standard. Il n'a décroché que 22 caps en équipe nationale des Pays-Bas. C'est trop peu au regard de son talent. Je ne dis pas que Simon était l'égal d'un Robbie Rensenbrink mais, à sa façon, il n'en était pas loin. Le Liégeois était plus collectif que la star des Mauves. Rensenbrink ne se repliait jamais : ce travail-là, c'était pour les autres. Je me souviens de matches extraordinaires de l'attaquant de poche de Sclessin. Ce fut le cas d'un incroyable Seraing-Standard disputé le dimanche 25 mars 1984. Je coachais les Métallos qui fonçaient vers l'Europe. Jean-Pierre Delmotte l'évoque dans un de ses livres : Seraing s'envole. Il y avait... 17.000 spectateurs (!) au Pairay. A 4-2, la cause était entendue. Les buts d' Henri Bernardi, Nico Claesen, Jules Bocandé et Juan-Carlos Oblitas nous avaient mis sur le velours. Le derby était dans la poche. Simon déclencha alors son turbo, grilla notre défense, multiplia raids et dribbles, émergea même dans le trafic aérien. Et le score passa de 4-2 à 4-5. Ce fut un cauchemar pour Seraing mais le public avait probablement assisté au plus grand match de la carrière de Tahamata... Plus tard, en 1989, j'ai eu la joie de l'entraîner durant quelques mois au Beerschot. Petit Trot y faisait la pluie et le beau temps avec son inséparable Grand Galop, Jos Daerden, bien sûr. Tahamata a mis un terme à sa carrière en D1 à 40 ans : que dire de plus ?"l né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing).propos recueillis par pierre bilic