Il y a une semaine, en marge du jury Sport/Foot Magazine-BeTV réuni pour l'article de couverture " Qui va gagner la Ligue des Champions ?", Sunday Oliseh parlait du foot belge : " Il y a du talent et des possibilités en Belgique. D'ailleurs, c'est pour ça que je suis venu m'installer ici ( NDLR : il vit à Baelen et coache le RCS Verviers en D3). Mais on a un défaut : on persiste à commettre toujours les mêmes erreurs. Prenez les Diables Rouges. Dans le noyau, plusieurs joueurs évoluent dans des grands championnats mais on a du mal à voir cette puissance sur le terrain. "
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Il y a une semaine, en marge du jury Sport/Foot Magazine-BeTV réuni pour l'article de couverture " Qui va gagner la Ligue des Champions ?", Sunday Oliseh parlait du foot belge : " Il y a du talent et des possibilités en Belgique. D'ailleurs, c'est pour ça que je suis venu m'installer ici ( NDLR : il vit à Baelen et coache le RCS Verviers en D3). Mais on a un défaut : on persiste à commettre toujours les mêmes erreurs. Prenez les Diables Rouges. Dans le noyau, plusieurs joueurs évoluent dans des grands championnats mais on a du mal à voir cette puissance sur le terrain. " Le Nigérian n'alla pas plus loin. Ce n'était ni le moment, ni l'endroit. Mais devait-il expliciter son point de vue ? Ce milieu de terrain physique et athlétique, arrivé en Belgique en 1990 à 16 ans au RFC Liège, connut un destin magique (Reggiana, Cologne, Ajax, Juventus, Borussia Dortmund, Bochum). Il termina abruptement son parcours à Genk en 2004-2005, à 30 ans seulement, avec 40 sélections pour son pays (champion olympique 96 et Mondiaux 94 et 98), un titre des Pays-Bas et d'Allemagne et deux coupes hollandaises... Oliseh n'est pas le seul à se demander pourquoi les Diables manquent de rendement au moment où Logan Bailly vient de s'ajouter, à Mönchengladbach, au bataillon de Diables expatriés qui font s'écarquiller bien des yeux. Certains trouvent la fantastique génération actuelle encore jeune, mais ça ne veut rien dire. Démonstration par l'absurde : le Standard s'est troué à Braga dès la blessure de Steven Defour, son capitaine de 20 ans ! C'est plutôt en protégeant indûment le trouillard René Vandereycken au lieu de confier au constructif Jean-François de Sart les commandes de l'équipe olympique et des Diables (c'était quasiment la même équipe), que la Belgique a perdu beaucoup de temps. Mais c'est une erreur inévitable quand on n'a pas de politique sportive conquérante. Il faut espérer que les coups de boutoir de plus en plus nombreux portés à la tête de la fédération provoquent un électrochoc. Et ici, on parle non seulement du remplacement de feu Antoine Van Hove par Philippe Collin à la tête de la commission technique fédérale (les Diables Rouges renaîtront seulement s'ils sont plus offensifs), mais aussi du coup de tonnerre d'il y a dix jours qui fit dire (et rire) : " L'Union belge c'est du caca. " Car, non seulement incapable de faire taire les réclamations incessantes d'entraîneurs et de dirigeants à l'égard de son corps arbitral, l'Union Belge dérapa encore un peu plus quand elle évalua l'Affaire Louis Derwa. L'avocat bruxellois, également manager général du club de Tubize, était monté sur le terrain en plein match contre Genk en fin d'année dernière pour protester auprès de l'arbitre. Me Derwa voulait faire cesser les chants des " supporters " limbourgeois " Les Wallons c'est du caca. " Sur le principe, il avait raison : les arbitres ont le devoir d'interrompre une partie quand des " supporters " dépassent les bornes en matière de racisme, insultes, xénophobie, etc. Mais il avait tort de monter sur le terrain et devra être sanctionné. Pire : l'Union Belge déclara que la chanson susmentionnée n'avait pas " dépassé les limites de la tolérance ". Donc qu'il n'y avait pas de quoi fouetter un chat et qu'il s'agissait de simple folklore propre au football. Comment peut-on déclarer cela alors qu'il est prévu dans les règlements d'agir à cet égard ? Les réactions des hommes politiques ne se sont pas fait attendre. Depuis les cercles francophones, bien évidemment, mais jusqu'au ministre de l'Intérieur qui a tancé l'Union Belge et obligé à prendre ses responsabilités. Bien joué ! Reste à voir si l'Union Belge, si bien habituée à ne pas les prendre, saisira l'importance de la situation. Si on accepte qu'une communauté soit insultée, on ne parviendra certainement pas à contrer le racisme. Comme lors du match de Verviers contre Turnhout il y a dix jours, par exemple. L'Union Belge sait-elle qu'on est en 2009 ? PAR JOHN BAETE