Vous êtes un peu le seul Français que le public est content de revoir...
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Vous êtes un peu le seul Français que le public est content de revoir... On m'interpelle souvent sur le sujet mais j'essaie de faire fi de cette animosité. J'ai trouvé très stupides les polémiques qui ont été alimentées sur les réseaux sociaux. Quand je suis à la RTBF, je ne suis ni Français, ni Belge. Je suis de retour parce que j'ai bien travaillé. Si le public est content de me revoir tant mieux mais ma nationalité importe peu. Avant le Mondial, vous aviez pour ambition de rendre le foot plus intelligent. Vous estimez avoir réussi votre pari ? En un mois, c'est un peu difficile mais, peut-être que, durant la Coupe du monde, le foot a été rendu plus intelligible. Un Mondial, c'est 64 matches et mon plus grand défi était de m'adresser à tous ces gens qui n'étaient pas forcément des spécialistes. J'aime blaguer et faire des références à ma génération mais le public retiendra peut-être que ma présence a contribué à rajeunir un peu le plateau. On est souvent habitué à voir des personnes plus âgées dans ce type d'émission et pas un jeune de 26 ans. Je ne porte pas de costume, je parle vite (même si j'ai progressé dans ce domaine), je n'ai pas le même vocabulaire et je suis conscient que ces éléments ont pu déplaire. Je poursuivrai ce même objectif d'intelligibilité en Europa League, surtout que le public est plus ciblé. Je vais pouvoir développer d'autres facettes en parlant davantage de tactique. Je suis un féru d'analyse et je serai plus pointu qu'au Mondial, même si je laisserai le gros du travail à Alex Teklak, qui est un expert en la matière. Le soir du titre de la France, vous étiez en plateau : comment l'avez-vous vécu ? Quand j'ai signé mon contrat avec la RTBF, je me suis posé deux questions. Que se passera-t-il s'il y a un France-Belgique et si la France remporte le Mondial ? Finalement, j'ai vécu les deux situations ! Ne pas être en France a enlevé un peu de joie mais je me suis nourri d'images fournies à gauche et à droite par des potes. Cette petite pointe de déception a été atténuée par le fait que j'avais la chance d'exercer mon métier en tant que journaliste. Après l'émission, j'aurais pu partir comme un voleur. Mais la RTBF organisait une fête pour célébrer la fin du tournoi et j'ai fait coup double. C'était intense car j'étais enfant en 1998 et j'ai vécu les finales perdues de 2006 (Mondial) et de 2016 (EURO). C'est la première fois que je pouvais fêter un titre en picolant ! (il rit)