Pour la troisième année consécutive, depuis que le coach monténégrin Savo Vucevic est à la tête de l'équipe, Charleroi disputera (ces 1er et 8 février) les huitièmes de finale de la Coupe ULEB, la deuxième compétition européenne en importance derrière l'Euroligue. Les deux années précédentes, c'est à ce stade-là de l'épreuve que les Spirous avaient trébuché. Cette fois, il semble toutefois que leurs chances de franchir le cap soient plus grandes. D'abord, parce que l'équipe a emmagasiné de l'expérience. Ensuite, et surtout, parce qu'elle a terminé en position de meilleur deuxième, tous groupes confondus, ce qui lui offre le double avantage de disputer le match retour au Spiroudôme face à un adversaire, les Bulgares de l'Academic Sofia, à priori moins redoutable que ne l'étaient les Espagnols de la Joventut Badalona et de l'Estudiantes Madrid, en 2003 et 2004.
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Pour la troisième année consécutive, depuis que le coach monténégrin Savo Vucevic est à la tête de l'équipe, Charleroi disputera (ces 1er et 8 février) les huitièmes de finale de la Coupe ULEB, la deuxième compétition européenne en importance derrière l'Euroligue. Les deux années précédentes, c'est à ce stade-là de l'épreuve que les Spirous avaient trébuché. Cette fois, il semble toutefois que leurs chances de franchir le cap soient plus grandes. D'abord, parce que l'équipe a emmagasiné de l'expérience. Ensuite, et surtout, parce qu'elle a terminé en position de meilleur deuxième, tous groupes confondus, ce qui lui offre le double avantage de disputer le match retour au Spiroudôme face à un adversaire, les Bulgares de l'Academic Sofia, à priori moins redoutable que ne l'étaient les Espagnols de la Joventut Badalona et de l'Estudiantes Madrid, en 2003 et 2004. Savo Vucevic : Bien sûr. C'est l'exemple type d'un club moyen qui remporte une coupe européenne. Du coup, sur les 42 équipes inscrites au départ de la Coupe ULEB cette saison, la moitié s'est imaginé : pourquoi ne pourrions-nous pas imiter cet exemple ? Mais l'histoire ne se répète pas toujours. L'Hapoël Jérusalem était peut-être une exception qui confirme la règle. Ce n'est pas uniquement une question de budget. Certes, l'argent aide. Mais il n'offre aucune garantie. Regardez Berlin : le club allemand s'appuie sur un budget de huit millions d'euros et une expérience de sept années consécutives en Euroligue, mais se trouve aujourd'hui éliminé de la Coupe ULEB. Pour réussir, il faut beaucoup travailler et développer un esprit. Charleroi est sur la bonne voie. On a des ambitions européennes, mais on affiche aussi une sérénité par rapport à ces ambitions. Dans notre poule, on a remporté trois victoires à l'extérieur (sur cinq déplacements). Au PAOK Salonique, on a très bien joué aussi. Il n'y a qu'à Podgorica qu'on est passé à côté de notre sujet. On s'est rendu là-bas durant une période où les problèmes étaient légion. Pour atteindre les sommets, on doit encore mieux équilibrer l'équipe. On demeure un peu faibles sur certains postes. A la distribution, notamment. Il manque également un deuxième joueur d'impact, derrière Marcus Faison. Et un point de fixation en plus dans la raquette, pour aider André Riddick. Car David Frigout est blessé depuis le début de la saison et Tunji Awojobi a aussi loupé beaucoup de matches. On vient d'engager Dzenan Rahinic pour épauler André Riddick, et jusqu'à présent il donne satisfaction. Mais on a perdu Didier M'Benga durant l'été et ce départ est ardu à compenser. La saison dernière, DJ débutait à Charleroi et n'avait pas encore donné la pleine mesure de son talent. Mais, cette saison, il devait exploser. Je ne tiens pas à m'étendre sur le sujet. Je me dois d'assumer le choix du club. Et je me refuse à condamner un joueur qui n'a pas encore retrouvé la pleine possession de ses moyens. Lorsqu'il était sur le terrain, avant sa blessure, il accomplissait correctement son boulot. Et il faisait jouer les autres aussi. Que voulez-vous insinuer ? Que je travaille mal ? Il y a différents types de blessures. A Charleroi, on joue 80 matches par saison, comme en NBA. A ce rythme, le risque de blessures augmente, et c'est ce qui est arrivé à Kris Sergeant par exemple. On a joué de malchance dans le cas de Damir Milacic, qui a été victime d'une appendicite alors qu'il était à peine arrivé. Ce qui m'a davantage embêté, ce sont les blessures de longue durée qui ont perturbé l'équipe la saison dernière : Ron Ellis a été victime d'une usure, Predrag Savovic et Scooter Barry souffraient de blessures antérieures. Cela s'est répété cette saison, avec David Frigout. Au moment où ces joueurs ont signé leur contrat, on aurait sans doute dû les soumettre à un check-up complet, comme cela se fait dans les clubs de football. Grâce à l'expérience européenne, on a appris à remporter des matches importants. C'est un avantage. Mais je regrette de ne pas avoir pu bénéficier d'une période de préparation digne de ce nom, alors que la saison s'annonce très longue. J'ai récupéré mes internationaux deux semaines avant le début du championnat. En septembre, je me suis parfois retrouvé avec trois ou à quatre joueurs à l'entraînement. A peine avait-on commencé le championnat qu'on nous a obligés, avec la Coupe de Belgique, à jouer quatre matches par semaine : samedi, mardi, jeudi, samedi. La mauvaise période qu'on a traversée, avec les défaites à Liège et à Podgorica, était une conséquence de ce programme démentiel. Jouer 80 matches par saison, sans préparation et avec une nouvelle équipe, ce n'est pas évident. Il faut que les joueurs apprennent à se connaître, qu'ils s'imprègnent de mon système de jeu. Lorsqu'on a gagné le premier match contre Mons avec un écart de 35 points, certains ont pensé que tout était déjà au point, mais pour rester performant dans la continuité, un travail de fond est nécessaire. Qu'on n'a pas encore eu l'occasion d'effectuer. Bien sûr. On part favori, comme les années antérieures, et on assume ce statut. Mais si on se relâche, on peut être battu n'importe où : à Bree, à Liège, à Mons, à Ostende, à Pepinster, à Anvers. Le championnat de Belgique progresse d'année en année. La compétition est d'un très bon niveau : il y a de très bons joueurs, de très bonnes équipes et, de plus en plus, de très belles salles. Aujourd'hui, je suis très fier de travailler en Belgique. Des collègues, qui n'ont pas encore travaillé dans ce pays, demeurent sans doute sceptiques. Et il est encore difficile de convaincre les meilleurs joueurs européens de signer dans un club belge. Mais c'est aussi l'un des rôles de Charleroi : montrer aux yeux de l'Europe que le basket belge est devenu un produit de qualité. Hélas, oui. Mais, lorsqu'on affiche des ambitions européennes et qu'on évolue chaque semaine devant 6 ou 7.000 spectateurs, comme c'est le cas au Spiroudôme, il faut à la fois gagner et offrir du spectacle. Ce n'est pas toujours possible, uniquement avec des joueurs du cru. Si Charleroi réalise des résultats sur la scène européenne, cela peut susciter des vocations. Mais rien ne tombera du ciel. Il faut un travail de détection, puis de formation. Valoriser la fonction de formateur. Placer les meilleurs entraîneurs à la tête des équipes de jeunes, comme cela se fait dans l'ex-Yougoslavie. C'est un travail de longue haleine. Daniel Devos" Placer LES MEILLEURS COACHES chez les jeunes "