Footballeur Pro de l'Année

1. ARUNA DINDANE
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1. ARUNA DINDANESef Vergoossen : " Si la désignation du Footballeur Pro de l'Année s'était déroulée fin décembre passé, sa première place n'aurait pas souffert la moindre discussion. Car tant à l'occasion du deuxième tour de la campagne 2002-03 que lors des matches aller de cette saison, l'Ivoirien aura été d'une valeur inestimable pour Anderlecht. Ces derniers mois, il est toutefois rentré dans le rang, contrairement à VincentKompany, qui, lui, a livré des matches exemplaires tout au long de la saison 2003-04. Il n'en reste pas moins qu'Aruna est un beau vainqueur. Depuis trois ans, il n'a eu de cesse d'étoffer son registre, couplant à ses qualités de passeur un sens du but de plus en plus aiguisé. L'Ivoirien n'est pas un marqueur né comme Nenad Jestrovic, mais à l'image d'un Moumou Dagano, que j'ai eu sous mes ordres au Racing Genk, c'est un joueur qui a indéniablement progressé à la finition grâce à un travail ciblé. Son but contre Mons : un superbe effort physique ponctué par un geste d'une grande finesse technique, il n'aurait pas été en mesure de le marquer voici deux ans. Tout n'est évidemment pas encore parfait au niveau de la conclusion, dans la mesure où Dindane gâche encore trop de chances réelles. Mais à force de persévérance, il devrait parvenir à gommer cette petite lacune, auquel cas il sera prêt à se défendre chez un ténor européen ". 2. VINCENT KOMPANY" A l'époque où j'étais encore coach à Roda JC Kerkrade, je suivais régulièrement les évolutions du Sporting, tant au niveau de la Première que des Réserves ou des jeunes. C'est ce qui m'avait incité à plaider, auprès de mes dirigeants, la cause d'éléments comme Yannis Anastasiou et Tom Soetaers. Je me souviens aussi qu'en classes d'âge, un footballeur dominait alors tout son monde : Vincent. Mais les responsables sportifs des Mauves avaient de la suite dans les idées puisque je me heurtai à une fin de non-recevoir. Depuis, le néo-international belge a indéniablement confirmé les belles dispositions qu'il avait fait entrevoir durant son adolescence, même s'il évolue aujourd'hui au centre de la défense alors que je l'avais toujours vu à l'£uvre au médian défensif. Dans un rôle comme dans l'autre, le Belgo-Congolais possède toutes les qualités requises : physique, technique, puissance, détente, anticipation. A son âge et dans ces attributions, il n'y a sans doute pas meilleur que lui en Europe. Il aurait cependant tort d'effectuer, dans l'immédiat, le grand saut vers un club du top hors frontières. Si Dindane a encore besoin d'une année pour arriver à pleine maturité, Kompany ne sera fin prêt que dans deux ans. De toute façon, à 18 printemps fraîchement sonnés, il a tout le temps ". 3. LUIGI PIERONI" Son nom figurait lui aussi sur mes tablettes au moment où, au Racing Genk, il a fallu se pencher sur la succession du duo d'attaque formé de Wesley Sonck et Dagano. En définitive, le club s'est prononcé pour Paul Kpaka et Cédric Roussel alors que le Liégeois a trouvé chaussure à son pied à Mouscron. Je pensais qu'il éprouverait des difficultés à s'imposer aux côtés de valeurs sûres telles que Mbo Mpenza et Marcin Zewlakow. Mais il a d'emblée saisi sa chance suite à l'indisponibilité de l'attaquant polonais. Au même titre que Jestrovic lors de ses premiers pas au Canonnier, Pieroni a également su transformer en or tous les ballons qu'il touchait à ses débuts. Du coup, il était lancé, avec toutes les conséquences heureuses que l'on sait entre-temps : le statut de meilleur réalisateur de la compétition, une entrée en matière chez les Diables Rouges, et cette troisième place au Footballeur Pro de l'Année. Pieroni se doit de confirmer à la faveur d'une deuxième saison qui s'annonce beaucoup plus difficile, surtout dans le chef d'un attaquant comme lui. Non seulement, il sera surveillé de plus près mais on attendra également de lui qu'il se réalise au niveau de l'équipe nationale, où l'on est manifestement en panne de buteurs. Or, les premières évolutions du Mouscronnois en sélection ont prouvé que le décalage est important entre un excellent joueur de club et un international confirmé. A cet égard, 2004-2005 sera la saison de vérité pour lui. A ce moment-là seulement, on verra ce qu'il a réellement dans le ventre ". 1. VINCENT KOMPANY" Il n'aurait pas fait tache comme Footballeur Pro et Jeune Pro de l'Année. L'écart vis-à-vis du second, Jonathan Walasiak, est d'ailleurs suffisamment éloquent à ce sujet. A juste titre car pour une promesse, sujette généralement à des sautes de forme, l'Anderlechtois a réalisé une saison des plus constantes, à un très haut niveau de surcroît. L'année prochaine, il devra veiller à gommer les petites imperfections qui ont entaché occasionnellement son jeu lors des rendez-vous majeurs : en Ligue des Champions, où il a commis l'une ou l'autre erreur de placement au Celtic Glasgow, notamment, ou encore avec les Diables Rouges où il s'est fait piéger par moments. Comme sur l'accélération de Zinédine Zidane qui a valu à l'équipe de France de s'imposer contre la Belgique. Mais il va de soi qu'il s'agit là du gratin mondial et que le Sportingman mérite une certaine indulgence, compte tenu de son jeune âge ". 2. JONATHAN WALASIAK" A l'instar de son club, le Standard, il est irrésistible dans un bon jour. Comme à Anderlecht, où il avait livré un match phénoménal avec les Rouches. Mais lorsque ses partenaires n'éprouvent pas leurs meilleures sensations, il plonge le plus souvent lui aussi. Cette versatilité-là, en revanche, je ne l'ai pas vérifiée chez un autre élément qui joue dans le même secteur que lui mais qui, paradoxalement, ne fait pas partie des nominés : Grégory Dufer. Eu égard à la constance affichée par le Carolo depuis le début de la saison dans un contexte extrêmement difficile, je trouve logique qu'il ait supplanté Jonathan Walasiak chez les Diables Rouges. Non sans succès d'ailleurs car après une entrée au jeu pour le moins remarquée contre l'Allemagne, le flanc droit des Zèbres a pleinement confirmé face à la Turquie. Pied droit, pied gauche, accélération, frappe, sens du but : tout comme Walasiak, Dufer mérite sa place aux premières loges en Belgique. Je comprends qu'Anderlecht et le Club Brugeois soient intéressés... " 3. JONATHAN BLONDEL" Il est revenu à temps d'Angleterre, qu'il avait choisi de rallier à l'âge de 17 ans à peine, autrement dit beaucoup trop tôt. A défaut d'y trouver son bonheur sur le terrain, il a quand même appris à se battre à Tottenham Hotspurs, car j'avoue ne plus reconnaître aujourd'hui l'élément qui rechignait à se faire violence à Mouscron avant son départ aux Iles. Ses dispositions, couplées à une combativité jamais prise en défaut, expliquent pourquoi il a logiquement supplanté un autre élément au profil sensiblement similaire au sien : Alin Stoica, tombé dans les oubliettes aujourd'hui. Avec Blondel, Bruges a pourvu son entrejeu de la petite touche technique qui lui manquait par moments. Si la direction brugeoise, et Marc Degryse en particulier, se prononcent pour un même apport ailleurs sur l'échiquier, il ne fait pas de doute que le Club aura une équipe all-round susceptible de s'éveiller à nouveau aux plus hautes ambitions ". 1. HUGO BROOS" En règle générale, c'est le coach du club champion qui enlève la palme... A raison, car après un deuxième tour mené tambour battant la saison passée, Hugo Broos a confirmé au cours d'une saison qui s'assimile, pour le Sporting, à celle des records : plus de 75 % des points en moyenne, meilleure attaque, meilleure défense, etc. Son mérite est d'autant plus grand qu'il a dû effectuer des choix cornéliens : Walter Baseggio ou Pär Zetterberg, Besnik Hasi ou Yves Vanderhaeghe, Vincent Kompany ou Glen De Boeck et j'en passe. Il a su imposer ses conceptions à tout le monde et c'est tout à son honneur ". 2. JAN CEULEMANS" Le nombre de voix qui le sépare du lauréat est encore plus ténu que celui qui distance le Jeune Pro de son second. C'est assez dire si son travail, dans une équipe peu médiatisée, est apprécié. Non seulement par les votants mais aussi par l'équipe dirigeante de Westerlo elle-même, qui lui a proposé un nouveau contrat de longue durée. A l'image de ce qu'il était au temps de sa splendeur comme joueur, le Caje va à l'essentiel, sans s'embarrasser de fioritures. Il en résulte un jeu simple, plaisant et direct qui ne subit aucune modification majeure selon qu'il est dispensé à domicile ou en déplacement. Jan Ceulemans a aussi cette faculté extraordinaire de flairer la bonne affaire et de lui permettre de s'épanouir dans le contexte de sa formation. Je songe tout particulièrement aux attaquants, puisqu'à la suite de Toni Brogno, il a à présent permis au Nigérian Tosin Dosunmu de se réaliser complètement. S'il y a un coach qui a réellement tiré la quintessence de son groupe cette saison, c'est lui davantage qu'un autre. Et, au risque d'en surprendre plus d'un, je citerai dans sa foulée le nom de Peter Balette, que j'ai l'avantage de bien connaître. Tout le monde s'accordait à dire, en début de saison, qu'il n'avait aucune chance de s'en sortir compte tenu de la valeur limitée de son effectif à Heusden-Zolder. Aussi, l'homme peut être fier d'avoir entretenu le suspense jusqu'à l'ultime journée et ce, en déployant toujours un football positif de surcroît ". 3. GEORGES LEEKENS" C'est un organisateur-né qui, comme nul autre, parvient à mettre très rapidement sa phalange sur les bons rails. Quelques jours à peine avant l'ouverture du championnat, son effectif présentait encore des hiatus terribles, en particulier dans le secteur défensif. In extremis, il lui a fallu imbriquer deux joueurs au sein de cette division : Stephen Laybutt et Samir Beloufa. En dépit de leurs manques de repères, ces deux garçons, venus d'horizons différents, se sont d'emblée trouvés les yeux fermés. Et ce qui est d'application pour eux est tout aussi valable pour Luigi Pieroni, dont j'ai déjà parlé. Seul quelqu'un qui est maître de son art parvient à un résultat aussi rapide. C'était le cas de Trond Sollied à La Gantoise d'abord, puis au Club Brugeois, ainsi que d' Emilio Ferrera au RWDM et lors de sa première saison lierroise. L'entraîneur des Hurlus est donc à sa place dans ce tiercé ". 1. FREDERIC HERPOEL" J'ai hésité au moment où j'ai appris que sa tête était mise à prix, à La Gantoise, pour 100.000 euros à peine par le passé. C'était peu pour un gardien de son talent. A Genk, je disposais cependant déjà de Jan Moons, dont j'étais satisfait, et au même titre que mes dirigeants, j'estimais qu'il valait mieux débourser ses sous à d'autres fins. Je n'ai jamais regretté cette option, car Jantje a pleinement répondu à l'attente au cours de cette saison difficile pour le Racing. Une appréciation identique est toutefois d'application aussi pour le portier des Buffalos qui aura été, de très loin, le joueur le plus régulier des siens cette saison. Pour moi, Frédéric Herpoel est, sans conteste, le meilleur keeper belge du moment. Mais s'il veut continuer à progresser au cours des années à venir, il doit impérativement changer d'horizon. Chez les Diables Rouges, on sent qu'il lui manque des matches au sommet pour faire l'unanimité autour de ses prestations. Pourtant, il a le potentiel, c'est sûr ". 2. BARRY COPA" Sur sa ligne, le gardien ivoirien de Beveren est imbattable. Mais, dans les sorties, il y a encore pas mal de déchet chez lui. Sans doute son style spectaculaire et ses arrêts réflexes prodigieux ont-ils frappé les imaginations. Personnellement, je préfère la sobriété d'un Dany Verlinden ou d'un Daniel Zitka. Sans oublier Bertrand Laquait à Charleroi. Il est étonnant de ne pas le retrouver parmi le top trois. Au même titre que le Louviérois Silvio Proto d'ailleurs ". 3. LUCIANO DA SILVA" A l'instar de l'ultime rempart du Freethiel, c'est un showman. Autrefois, ses frasques n'étaient pas toujours sans conséquences pour ses couleurs. A présent, il s'est bonifié, même s'il n'est toujours pas fiable à 100 %, loin s'en faut. Sa désignation est surprenante également ". 1. JOHAN VERBIST" Je me suis emporté une fois contre lui : à l'occasion du match Genk-Standard, car j'estimais qu'il était beaucoup trop laxiste par rapport à l'attitude des Liégeois, qui n'en finissaient pas de gagner du temps. Au coup de sifflet final, je me suis toutefois empressé de m'excuser car ce n'était qu'un tout petit détail au regard d'une prestation d'ensemble de très bonne facture. Chaque fois que je l'ai vu à l'£uvre, il n'y a jamais eu grand-chose à redire concernant sa manière d'arbitrer. Un jugement qui ne peut hélas pas être élargi à tout le monde dans cette corporation. Aussi, son statut de numéro 1 me paraît-il justifié ". 2. FRANK DE BLEECKERE" Autant il a été crédité d'excellentes notes sur le plan international, autant son arbitrage a suscité les commentaires les plus divers en Belgique. Je me demande dans quelle mesure les implications de l'ex-numéro 1 hors frontières ne l'ont pas amené à prendre un tant soit peu à la légère ses matches au sein de notre compétition. S'il veut retrouver sa place au sommet de la hiérarchie, Frank De Bleeckere devra se remettre en question chaque semaine, en tout cas ". 3. JOHNY VER EECKE" Au même titre que Johan Verbist, il fait partie de la nouvelle vague qui a à la fois supplanté De Bleeckere mais aussi d'autres anciens comme Paul Allaerts, non repris dans ce classement, ou encore Eric Blareau et Amand Ancion, qui quittent le milieu à présent. Pour le futur, je m'attends à d'autres progressions. Comme celle de Serge Gumienny qui est lui aussi promis à un bel avenir d'après moi ". Bruno Govers