Le tirage au sort des matches de barrage de la Coupe Davis, qui se déroulait mercredi dernier au quartier général de la Fédération Internationale de Tennis (FIT), à Londres, a attribué le Maroc comme adversaire aux Belges. Finalement tête de série de ce tirage, la bande à Christophe Rochus évitait ainsi des adversaires aussi coriaces que les Etats-Unis, l'Espagne ou la Grande-Bretagne. Mais parmi les équipes ne bénéficiant pas du statut de tête de série, il restait encore de fameux clients. Et parmi ceux-ci, le Maroc n'est certainement pas le moins dangereux.
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Le tirage au sort des matches de barrage de la Coupe Davis, qui se déroulait mercredi dernier au quartier général de la Fédération Internationale de Tennis (FIT), à Londres, a attribué le Maroc comme adversaire aux Belges. Finalement tête de série de ce tirage, la bande à Christophe Rochus évitait ainsi des adversaires aussi coriaces que les Etats-Unis, l'Espagne ou la Grande-Bretagne. Mais parmi les équipes ne bénéficiant pas du statut de tête de série, il restait encore de fameux clients. Et parmi ceux-ci, le Maroc n'est certainement pas le moins dangereux. La dernière et seule confrontation entre les deux pays s'était déroulée au Maroc -victoire belge quatre à un- en 1979. Comme le stipule le règlement de la Coupe Davis, c'est donc la Belgique qui aura l'avantage d'évoluer à domicile. "Il est certain que le fait de jouer chez nous constitue un fameux avantage", explique Jean-Claude Moretti, chef du team Coupe Davis et directeur sportif de l'Association francophone de tennis. "Mais, pour le reste, ce sera une partie très difficile, parce que nous serons opposés à trois joueurs très costauds : Hicham Arazi, Younes El Aynaoui et Karim Alami". Jean-Claude Moretti aurait préféré jouer contre une autre équipe. "Le meilleur tirage possible, cela aurait été de recevoir l'Inde en Belgique. La Bélarus n'était pas un bon tirage, parce qu'elle possède deux joueurs dans le Top 50: Vladimir Voltchkov, 27e, qui a fait parler de lui à Wimbledon l'an dernier, et Max Mirnyi, 42e. Il y avait aussi l'Equateur, qui n'était pas facile non plus, à cause de Nicolas Lapentti. La Croatie n'aurait pas été mal pour nous. Mais je répète que le Maroc n'est pas la moins forte équipe que l'on pouvait rencontrer. Ce sera une belle rencontre, très ouverte, selon moi". C'est que l'équipe marocaine compte en ses rangs des joueurs difficiles à manoeuvrer. "On connaît bien Younes El Aynaoui, qui, même s'il a chuté au classement ATP, est tout de même un ex-pensionnaire du Top 20, son meilleur classement fut une quinzième place en mai 2000. Il a aussi joué les interclubs en Belgique, au Primerose. Quant à Hicham Arazi, quand il joue bien, c'est quelqu'un qui a un talent fou et une touche de balle extraordinaire. Il s'agit plutôt d'un magicien du tennis, doué, très fort pour les amorties. En fait, ce sont tous des joueurs qui ont eu un classement bien supérieur que leur classement actuel. Arazi a été 25e en février 2000. Donc, lorsqu'ils sont dans un bon jour, ce sont des tennismen de très haut niveau. Younes El Aynaoui est un bon joueur de terre, très solide, doté d'un bon service et surtout d'un grand coup droit, sans doute l'un des meilleurs coups droits du circuit. Enfin, j'avoue que je connais moins bien Karim Alami. Il est plus fort sur surface dure, je pense. C'est un grand garçon, costaud, qui doit bien rentrer dans la balle".Mais tout dépendra de la surface : "Connaissant les qualités intrinsèques des adversaires, il faudra dès lors choisir une surface favorable aux Belges". Les Belges, qui ont l'habitude de demander à jouer sur terre battue, vont-ils faire de même pour la rencontre du mois de septembre? "C'est vrai qu'ils préfèrent souvent la brique pilée, mais nous devons en discuter. Il existe deux options. Premièrement, choisir une surface qui convient bien à nos propres joueurs. Dans ce cas, je pense que les Belges peuvent aussi bien jouer sur terre battue que sur dur. Si on prend les joueurs de simple, par exemple, je crois qu'on peut dire qu'aussi bien les frères Rochus que Xavier Malisse, qui doit logiquement réintégrer l'équipe, peuvent pratiquer un bon tennis sur les deux types de surface. Ils savent s'adapter. La deuxième option consiste à éviter la surface de prédilection de l'équipe adverse". Et à ce niveau, on peut affirmer que les Marocains préfèrent la terre battue. Ils ont disputé toutes leurs dernières rencontres de Coupe Davis sur ce type de surface, et se sont imposés, sauf contre le Brésil. Et lors du premier tour de groupe mondial cette année, sur la brique pilée de Florianopolis, les Brésiliens ont souffert face aux Marocains. Certes, Fernando Meligeni a battu Hicham Arazi, mais ce fut seulement au quatrième set et sur abandon, en raison de crampes. Quant à Gustavo Kuerten, il avait dû batailler ferme pendant près de quatre heures pour venir à bout de Karim Alami. "Il est vrai que les Marocains sont de redoutables joueurs de terre, et particulièrement El Aynaoui et Alami. Donc, ce sera un choix très délicat. Il faudra bien réfléchir. Mais en tout cas, le fait de jouer chez nous sera un avantage considérable".Au-delà de la surface, il faudra également choisir si le match se déroulera à l'extérieur ou à l'intérieur, et dans quelle ville, sachant que c'est au sud du pays d'accueillir la rencontre, étant donné que la dernière rencontre, contre la France, s'est déroulée à Gand. "Si l'on décide d'opter pour la brique, on peut jouer au Primerose, qui est toujours candidat pour accueillir les rencontres de Coupe Davis. Mais il n'est pas sûr que la FIT nous autorise à jouer en plein air, même si, en général, il fait beau en septembre en Belgique. Bien sûr, il peut toujours pleuvoir, mais je crois que ce n'est pas aussi risqué qu'à Pâques, où l'on peut avoir un temps pluvieux et froid, comme lorsque nous avons accueilli les Pays-Bas. Et si l'on joue à l'extérieur, c'est plus facile pour l'organisation. Sinon, vu les travaux qu'il y aura à la Coupole de Charleroi, la rencontre pourrait avoir lieu à Liège, à Fléron exactement. Mais je crois qu'il ne faut pas d'office écarter l'idée d'évoluer à l'extérieur. Vers le 20 septembre, il fait rarement mauvais en Belgique. C'est à discuter avec les joueurs".Des joueurs parmi lesquels on devrait retrouver donc Xavier Malisse, qui a fait amende honorable suite à son mauvais comportement au moment du match de barrage en juillet 2000 contre l'Italie à Venise, et qui s'est remis à la disposition de l'équipe belge à l'occasion de la rencontre Belgique-France en février. "La sélection n'est évidemment pas encore faite - NDLA : on ne sait d'ailleurs pas encore qui sera capitaine de l'équipe de Coupe Davis à ce moment- mais il me semblerait logique que Xavier en fasse partie. Contre la France, nous ne l'avions pas encore repris parce que ses résultats n'étaient pas aussi brillants que maintenant mais il est désormais bien revenu. Il est d'ailleurs deuxième joueur belge (ATP 80) puisqu'il a dépassé Christophe Rochus (ATP 85). Nous tournons la page Venise. Je crois qu'il fait des beaux résultats et qu'il a lui-même tiré un trait sur le passé. Donc, il a à nouveau sa place dans cette équipe". Laurent Gérard