On a souvent prétendu que Gert Steegmans n'était pas capable de rouler sous pression. Au Tour 2008, le Limbourgeois s'est débarrassé de cette étiquette. Sur les Champs-Elysées, le sprinter avait magistralement exploité son ultime chance de s'adjuger une étape, sauvant ainsi le Tour de Quick-Step.
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On a souvent prétendu que Gert Steegmans n'était pas capable de rouler sous pression. Au Tour 2008, le Limbourgeois s'est débarrassé de cette étiquette. Sur les Champs-Elysées, le sprinter avait magistralement exploité son ultime chance de s'adjuger une étape, sauvant ainsi le Tour de Quick-Step. Durant ce même Tour de France, on avait appris que Steegmans allait rejoindre les Russes de Katusha, le début de son aventure étrangère. Deux ans plus tard, il semble que le coureur, douteur devant l'Eternel, ne puisse s'épanouir à l'étranger. 2009 a été une année perdue. Des problèmes de dos ont ruiné ses projets printaniers puis il s'est disputé avec la direction d'équipe, suite à son refus de signer une clause antidopage draconienne. A la mi-saison, il était sans emploi. Repêché par RadioShack, Steegmans a retrouvé Dirk Demol, son ancien directeur d'équipe chez Quick-Step. Son nouvel environnement et l'aura de Lance Armstrong ont semblé avoir un effet positif sur Steggels jusqu'à ce qu'un coup de vent ne le catapulte de son vélo, dans le prologue de Paris-Nice. Résultat : une fracture de la clavicule. Depuis, Steegmans est sur une voie de garage. Il n'a plus remporté de course internationale depuis février 2009. Or, un sprinter trop longtemps stérile perd la confiance de ses coéquipiers. " Ils font de leur mieux mais j'ai besoin de la confiance que Quick-Step avait en moi en route vers les Champs-Elysées ", a déjà remarqué le Monégasque d'adoption. La finale du dernier Paris-Tours, justement, a cruellement révélé l'absence de confiance de l'équipe en son leader. En repassant les images du sprint de la classique automnale, on réalise que Steegmans pouvait viser mieux que la troisième place mais, dans la dernière ligne droite, il n'a pas pu être emmené à bon escient. Ses coéquipiers avaient épuisé leurs dernières forces pour protéger l'échappée de Geoffroy Lequatre, qui avait filé en bafouant les consignes de Steegmans. Steegmans n'était plus heureux dans son environnement américain. Il n'y avait plus guère de perspectives. En outre, Tomas Vaitkus, la locomotive traditionnelle de Steegmans, a rejoint Astana. L'équipe et le coureur étaient d'accord : mieux valait que leurs routes se séparent. Steegmans, qui valait Tom Boonen en catégories d'âge, espère pouvoir reprendre son envol la saison prochaine, grâce à son vieux nid, Quick-Step. A la clôture de ce magazine, il n'avait pas encore paraphé son contrat mais son entourage affirmait qu'il ne restait que quelques formalités à régler. Quoi qu'il en soit, après deux saisons ratées, Steegmans, âgé de trente ans, sera sous pression. Plus que jamais. BENEDICT VANCLOOSTER