C'était donc utopique : croire que la Belgique pouvait battre deux fois, dans la même semaine, l'Allemagne, première nation mondiale et championne olympique. La Mannschaft, justement défaite en phase de poule 2-1 lors de l'ouverture magique du tournoi, a été fidèle à sa réputation en finale : solide, déterminée et performante.
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C'était donc utopique : croire que la Belgique pouvait battre deux fois, dans la même semaine, l'Allemagne, première nation mondiale et championne olympique. La Mannschaft, justement défaite en phase de poule 2-1 lors de l'ouverture magique du tournoi, a été fidèle à sa réputation en finale : solide, déterminée et performante. Elle a certes été bousculée mais a su réagir, en deuxième période, pour briser le rêve de 8.000 fans noir-jaune-rouge déchaînés. A l'image de Simon Gougnard, groggy après avoir été tapé hors du match dans un contact terrible au milieu du jeu, les Red Lions ont subi la loi du plus fort dans un sport collectif au plus haut niveau international. " C'est vrai, mais je souligne également que cette apothéose s'est jouée sur des petits détails ", insistait le coach Marc Lammers. " Il y a eu le retrait de Simon qui nous a offert moins de possibilités de changements dans l'entrejeu. Il y a eu l'une ou l'autre décision arbitrale qui n'a pas joué en notre faveur, notamment un Penalty Corner non sifflé qui semblait pourtant évident pour tout le stade. Il y a eu aussi une frappe terrible de Sébastien Dockier sur la transversale à 1-2... " Le tacticien néerlandais n'était toutefois nullement amer une petite heure après avoir vu l'Allemagne brandir fièrement la Coupe d'Europe, préférant se retourner sur l'énorme coup de pub effectué par les Red Lions et les Red Panthers. " Au-delà de notre réussite sportive qui est réelle, ma plus grande satisfaction, cette semaine, est d'avoir vu le hockey se présenter sous son meilleur jour aux yeux du grand public. Les matchs ont été diffusés en direct sur de grandes chaînes de télé et les autres médias belges étaient également massivement présents à Boom. C'est tout bon pour le sport. Et ce public... Que dire ? Je suis juste fier même si je suis Néerlandais ! Les raisons de cet incroyable enthousiasme ? J'ai appris qu'en Belgique, en matière de sports collectifs, il y a peu d'équipes qui s'illustrent au plus haut niveau international. Et puis, l'accueil d'un championnat d'Europe n'est pas donné à tout le monde même si aux Pays-Bas, on a en déjà organisé 100.000 ! Et que le public est sans doute trop habitué, voire blasé... " Un corps abîmé et un moral atteint par 9 années d'intenses efforts et émotions avec les Red Lions, Jérôme Dekeyzer (29 ans) a annoncé sa retraite à l'issue de la finale face à l'Allemagne. " Il n'y a pas de plus beau moment pour arrêter devant ce merveilleux public ", confiait le Bruxellois du Braxgata, qui a participé à 2 Jeux Olympiques (Pékin et Londres). Son camarade de club Xavier Reckinger (29), autre élément emblématique de l'équipe nationale belge (vice-capitaine), avait également laissé entendre qu'il pourrait tirer sa révérence après Boom mais, dimanche soir, il dribblait les pronostics en " se donnant le temps de la réflexion ". Car c'est surtout un horaire de dingue - Xavier forme les jeunes au Braxgata - qui était le plus difficile à gérer, ces derniers mois, pour le défenseur anversois. La demi-finale était l'objectif et il a été atteint. Mais c'est l'image d'un groupe de joueuses et un staff en pleurs que l'on gardera du dernier débriefing de l'EuroHockey des Red Panthers. Point de médaille au bout d'une " petite " finale face aux Pays-Bas (1-3). Et de justes regrets : devant des décisions arbitrales contestables (but annulé de Jill Boon, multiples cartes vertes non adressées aux pros " Oranje ") ; après une prestation collective une nouvelle fois dense. Flash-back en demi : à 90 secondes près, le jeune groupe du coach PascalKina s'ouvrait le chemin de sa finale européenne en matant les Allemandes. 2-2 au final et effondrement dans des shoot-outs dramatiques (0-2). " Nous pouvons être fières de notre parcours ", positivait l'exemplaire capitaine Charlotte De Vos. " Que de chemin parcouru ces dernières années, notamment physiquement... " Complètement vidées nerveusement, les Red Panthers attendront quelques jours avant de mesurer l'impact de leur Euro réussi. " Là, il est trop tôt ", soupirait Emilie Sinia, enseignante en éducation physique quand elle ne se met pas au service de l'équipe nationale de hockey. " Nous n'avons même plus la force de faire la fête. Ce sera pour plus tard... " Le temps de la remobilisation ne tardera pas pour ces filles qui, à l'image de la talentueuse Barbara Nelen (KHC Dragons) ou de l'irréprochable Anouk Raes (Pingouin) va vivre, c'est évident, de grands moments dans le futur. Les Red Panthers font désormais partie des meilleures nations de la planète et c'est avec un objectif de médaille qu'elles devront envisager la World Cup à la Haye (2014) et les Jeux olympiques de Rio (2016). Avec PascalKina toujours à la direction d'un staff soudé ? " C'est une bonne question ", nous confiait le Gantois, énigmatique après sa dernière conférence de presse de l'EuroHockey de Boom. Ce coach charismatique a toujours assumé ses décisions, comme celle de quitter les Boys et Champions en titre du Watducks en plein " boum "... Et comme celle d'avoir écarté Sofie Gierts, multiple meilleure joueuse et attaquante du championnat de Belgique, pour écrire une belle histoire avec des Red Panthers, dont il n'a cessé de louer la disponibilité, l'état d'esprit, l'envie d'avancer. Au moins Boom aura servi pour tourner définitivement le dos à l' " affaire Gierts ", dont une certaine presse non initiée s'est généreusement emparée pour créer une ambiance un rien malsaine et ridicule autour des Red Panthers. A l'époque, c'est le potentiel de progression d'un jeune noyau qui avait été préféré aux qualités évidentes d'un seul élément, fût-il expérimenté.PAR ALEXANDRE CHARLIER- PHOTO: IMAGEGLOBE" Que dire ? Je suis juste fier même si je suis Néerlandais ! " Marc Lammers