Consultants qui sont entraîneur, agent de joueurs ou directeur technique. Rédaction sportive qui exporte ses membres sur plusieurs chaînes. La presse audio-visuelle belge est-elle frappée par une confusion des genres ? Benoît Grevisse, directeur de l'Ecole de journalisme de Louvain-la-Neuve et spécialiste des questions déontologiques, répond.
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Consultants qui sont entraîneur, agent de joueurs ou directeur technique. Rédaction sportive qui exporte ses membres sur plusieurs chaînes. La presse audio-visuelle belge est-elle frappée par une confusion des genres ? Benoît Grevisse, directeur de l'Ecole de journalisme de Louvain-la-Neuve et spécialiste des questions déontologiques, répond. C'est un problème qui n'est pas propre à ces consultants : il englobe tout le journalisme sportif ! De par sa nature, celui-ci manque d'indépendance. De grandes compétitions ont été créées par et pour les médias. Comme le Tour de France. Les groupes de presse en donnent un contenu formaté et prévisible, avec des profits évidents à la clé. Cela engendre des comportements qui prêtent à confusion. Des spécialistes affirment même que le journalisme sportif n'existe pas : il se résume à un commentaire d'événements ou un divertissement. En presse écrite, les journalistes écrivent pour plusieurs quotidiens, quitte à employer un pseudo. Ce pluralisme n'est pas négatif. En télé, ces journalistes sont choisis pour leur expertise technique. Et ils gardent leur indépendance. Ce qui n'est pas le cas de tout le monde ! La crise économique a aussi un impact. Les médias réalisent des économies en répartissant différemment leurs moyens plutôt que de se poser des questions essentielles, comme l'investissement dans de nouvelles technologies. Un employeur a toujours le droit de demander une exclusivité. Mais avec un seul employeur, un journaliste a-t-il les moyens de vivre ? Ne va-t-on pas créer une situation illégale, avec des faux indépendants ? Autre problème : l'accès à l'info quand un club boycotte un média. Dans ce cas, un journaliste indépendant qui n'est pas subordonné à un média a plus de chances de recevoir les infos. En apparence oui mais des études dénoncent un monde et des conditions de travail qui sont loin d'être idéales. Et la mobilité reste présente : le marché est plus grand et un journaliste privé de travail retrouvera facilement du boulot sur une autre chaîne.