Le sommet pourrait être placé sous le signe des retrouvailles entre l'ancien petit prince du Parc Astrid, Alin Stoica, et le public du RSCA. Pourrait...
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Le sommet pourrait être placé sous le signe des retrouvailles entre l'ancien petit prince du Parc Astrid, Alin Stoica, et le public du RSCA. Pourrait... Il y a beaucoup de chance qu'il n'entame pas la rencontre. D'abord parce qu'une frange non négligeable des sympathisants anderlechtois n'a toujours pas digéré la mutation de son ex-idole dans les rangs de l'actuel leader du championnat et que sa présence sur le terrain, en début de partie, pourrait attiser certaines tensions inopportunes. Et puis, Stoica n'a jamais fait réellement figure de priorité au sein de la formation dirigée par l'entraîneur Trond Sollied. Les chiffres l'attestent: un seul match complet en championnat (face à Mouscron le 6 octobre). Pour le reste, des bribes de rencontres (11 au total) oscillant entre un quart d'heure (à nouveau face aux Hurlus, le 9 mars) et 88 minutes de temps de jeu (contre Genk le 9 novembre), avec quatre buts à la clé jusqu'ici. Comme quoi l'artiste ne fait pas vraiment mieux que chez les Mauves où, la saison dernière, il avait participé à 23 matches, à la faveur desquels il avait inscrit six buts et délivré deux passes décisives.Le Roumain s'est-il à nouveau trompé d'histoire d'amour? Raymond Goethals ou Hugo Broos voyaient-ils donc juste en disant, à son propos, que "Stoica, c'est 100% de talent mais 1% de rendement"? Doit-il encore découvrir le club? N'a-t-il pas passé trop de temps à l'infirmerie? Pour en avoir le coeur net, nous avons sondé quelques personnes qui vivent Alin Stoica au quotidien, comme l'entraîneur-adjoint du Club, Kris Van Puyvelde, son compère dans l'entrejeu, Gaétan Englebert, ainsi qu'un ancien du Sporting avec qui il est resté en contact très étroit: Yannis Anastasiou.Van Puyvelde: "Victime de l'éclosion de Ceh""Plusieurs facteurs sont susceptibles d'expliquer pourquoi Stoica n'a toujours pas fait son trou. Tout d'abord, il a dû prendre le train en marche dans la mesure où sa venue au Club ne s'est finalisée que quelques jours avant la clôture de la période des transferts, à un moment où le noyau de Première comptait déjà cinq semaines de préparation. Pour un joueur qui n'avait plus été aligné en compétition depuis le 13 avril, à l'occasion d'un déplacement du RSCA à Mouscron, et qui s'était borné à entretenir gentiment sa condition à Bucarest, le retard était énorme. Personnellement, je pensais de prime abord qu'il aurait besoin de deux mois pour être à nouveau compétitif. A notre grand étonnement, le garçon aura été plus rapidement opérationnel que prévu. C'est la raison pour laquelle, après quatre semaines de travail à peine, il fut introduit une première fois au jeu lors de notre match à domicile contre le FC Malines. En l'espace d'une vingtaine de minutes, il inscrivit un but, expédia un autre ballon sur le montant et fournit une passe décisive à Tim Smolders sur le quatrième et dernier goal. Je pensais qu'il était lancé, d'autant plus qu'il faisait preuve d'énormément d'entrain en semaine. On était très loin, du soi-disant tire-au-flanc d'Anderlecht. Le malheur a voulu qu'il paie la débauche des efforts consentis sous la forme de petits pépins musculaires, qui l'ont contraint à devoir faire l'impasse sur les matches suivants. C'était une période clé pour le Club puisque nous jouions notre place en Ligue des Champions. En définitive, les deux grands artisans de cette qualification auront été Dany Verlinden et Nastja Ceh. Celui-ci avait vraiment éprouvé les pires difficultés à se situer dans l'équipe, la saison passée, et voilà qu'il se révélait déterminant grâce, notamment, à un coup franc d'anthologie. Depuis cette date et compte tenu des résultats probants, on a gardé la même équipe. Et comme les blessures et les suspensions se sont jusqu'à présent comptées sur les doigts d'une main, Alin Stoica a dû se contenter de quelques rentrées au jeu seulement. S'il n'a jamais démérité, ceux qu'il a été appelé à remplacer ne sont jamais, non plus, passés à côté de leur sujet. Une chose est sûre: il n'y a pas grand-chose à redire sur son comportement. Au risque d'en surprendre quelques-uns à Anderlecht, nous n'avons qu'à nous louer de son ardeur au travail. A la limite, je me demande même s'il ne faudrait pas le ménager davantage par moments tant il reste fragile au plan musculaire. Avec un entraînement plus individualisé, sans doute pourrait-on résoudre en partie ce problème. Au même titre qu' Aimé Anthuenis, je suis persuadé, qu'Alin Stoica sera à sa plénitude dès l'instant où il pourra s'entraîner sans bobo pendant plusieurs semaines d'affilée". Englebert: "Il n'a pas encore la culture Club""Le cas d'Alin Stoica n'est pas sans présenter de similitudes avec celui de Nastja Ceh avec qui il est en balance depuis le début de la saison pour le poste de troisième homme dans l'entrejeu aux côtés de Timmy Simons et de moi-même. Le Slovène avait lui aussi éprouvé de la peine à trouver ses marques, l'année passée, non seulement au sein de l'équipe mais également de l'entité elle-même. Et, finalement, il n'en va pas autrement pour le joueur roumain. Tout bien considéré, peu de joueurs ont immédiatement exprimé tout leur potentiel à Bruges. A fortiori quand il s'agit d'étrangers. Le coach-adjoint, René Verheyen, qui a évidemment un vécu comme nul autre dans ce club, observait d'ailleurs à ce propos qu'à l'exception de Jean-Pierre Papin, qui s'était directement senti comme un poisson dans l'eau dans son nouvel entourage brugeois, tous les autres avaient eu besoin d'une année, au moins, pour se familiariser non seulement avec le jeu mais aussi avec les us et coutumes en vigueur ici. Il y a, une culture Club dont il faut pouvoir s'imprégner. Elle se traduit, notamment, par le respect des autres, une adhésion au système et à ses exigences, ainsi que par un altruisme de tous les instants. Les anciens savent parfaitement de quoi il retourne et s'en accommodent fort bien.. Fort de mes quatre années de présence ici, j'ai déjà remarqué que la transition était plus facile pour les Belges, comme un Philippe Clément, venu du Racing Genk ou un Peter Van der Heyden, transfuge de l'Eendracht Alost, que pour un étranger. Pour Andres Mendoza, cet apprentissage est toujours en cours même si le Péruvien est arrivé en même temps que moi en 1999. Il faut y mettre du sien. En s'appliquant sur le terrain et en apprenant la langue, par exemple. Dans ce contexte-là, j'ai l'impression qu'Alin Stoica n'a pas encore faite sienne cette fameuse culture Club. Sur le terrain comme dans la vie de tous les jours, il ne s'est toujours pas fondu dans l'entourage brugeois. Ce n'est pas une question de système mais de bonne volonté. Nastja Ceh l'a bien compris et il s'est amendé. Ce changement a été profitable aussi bien pour lui, qui est devenu titulaire entre-temps, que pour l'équipe, qui a su profiter de sa métamorphose. Car en matière de dévouement, il n'y a plus photo entre le joueur qui la jouait perso la saison passée et celui qui pense a priori au collectif cette année. Reste à souhaiter qu'Alin Stoica suive le même chemin. Dans ce cas, chacun y trouvera une nouvelle fois son compte". Anastasiou: "Il digère mieux sa situation à Bruges""Malgré mon départ à Roda JC Kerkrade il y a près de trois ans déjà, je suis toujours resté en contact étroit avec Alin Stoica, que je rencontre au moins une fois par mois, à Bruxelles, en compagnie d'autres Sportingmen comme Oleg Iachtchouk ou Aleksandar Ilic. J'ai revu le Roumain voici une dizaine de jours à peine et je l'ai trouvé très serein. Certes, il est déçu de ne pas encore faire figure de valeur sûre au Club, comme il l'espérait ardemment en début de saison. Mais il digère mieux cette situation. Chez les Mauves, il était d'avis qu'il devait toujours jouer, entendu que les éléments de sa trempe n'étaient pas légion là-bas. Dans son nouvel entourage, il se rend parfaitement compte que ce n'est pas tant son talent que la perception exacte de son rôle qui pose problème. Sous cet angle-là, Nastja Ceh a un an d'avance sur lui. A la limite, même Sergeï Serebrennikov mesure mieux le rôle qu'il a à remplir sur le terrain. Il est vrai que contrairement à mon ami, il a participé à toute la préparation de l'équipe, ce qui constitue quand même un avantage non négligeable. J'ai cru comprendre que, sur le plan strictement personnel, Alin Stoica reportait tous ses espoirs sur la saison prochaine. A ce moment-là, il entend réellement faire figure d'incontournable au sein du onze de base. En attendant, il savoure quand même la situation actuelle de son équipe, qui est en passe de battre tous les records. Je sais aussi qu'il est avide de revanche en Ligue des Champions. Car, diminué par une blessure en début de saison, il n'avait pas pu apporter, en cette période, tout ce qu'on était en droit d'attendre de lui. Ce n'est que partie remise. Je connais bien le bonhomme: personne ne dissimule aussi bien son ambition que lui. C'est ce qui m'incite à dire qu'il rebondira pleinement la saison prochaine. Et je tiens tous les paris". Bruno Govers"A Bruges, Alin Stoica n'a jamais été un tire-au-flanc" (Kris Van Puyvelde)