Mardi dernier, à l'occasion d'une joute amicale au FC Liège, Frédéric Tilmant prit à son compte les deux buts de ses couleurs, permettant à La Louvière d'obtenir un draw contre les Principautaires. En championnat, le Hennuyer a fait mieux encore puisque après huit journées, il a rang de meilleur réalisateur des siens, conjointement avec Emmanuel Kenmogne: trois goals. Un total appréciable pour un attaquant qui, depuis le début de la saison, a dû se contenter d'un rôle de joker.
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Mardi dernier, à l'occasion d'une joute amicale au FC Liège, Frédéric Tilmant prit à son compte les deux buts de ses couleurs, permettant à La Louvière d'obtenir un draw contre les Principautaires. En championnat, le Hennuyer a fait mieux encore puisque après huit journées, il a rang de meilleur réalisateur des siens, conjointement avec Emmanuel Kenmogne: trois goals. Un total appréciable pour un attaquant qui, depuis le début de la saison, a dû se contenter d'un rôle de joker.Frédéric Tilmant: Ce statut n'est pas vraiment neuf pour moi, dans la mesure où, sous les ordres de Marc Grosjean, j'avais souvent été réduit aussi à une fonction de simple remplaçant. A l'époque, cet épisode était toutefois plus dur à vivre que maintenant car j'avais le sentiment de valoir davantage qu'une place sur le banc de touche. De nos jours, c'est différent. J'ai 33 ans bien sonnés et je dois composer avec la concurrence de trois garçons - Manaseh Ishiaku, Emmanuel Kenmogne et Ode Thompson - qui accusent au bas mot une dizaine d'années de moins que moi. Dès lors, je comprends aisément que je ne fasse pas toujours figure de priorité, même si je suis très agréablement surpris par mon niveau en ce début de saison. En vérité, j'ai toujours été un low starter. J''atteins mon rythme de croisière en hiver, au moment où les terrains sont lourds et les adversaires quelque peu émoussés. Cette fois, c'est différent. J'ai une condition d'enfer, qui résulte plus que probablement du travail foncier que j'ai accompli à l'intersaison avec l'un de mes amis, Eric Van Overwael, grand adepte de jogging. En sa compagnie, je n'ai pas lésiné sur la dépense physique, en trottinant journellement une quinzaine de kilomètres. Bien m'en a pris car je ne me suis jamais senti aussi affûté qu'aujourd'hui. Cette question, je me la pose parfois aussi. Et, jadis, j'y ai d'ailleurs confronté Marc Grosjean. Celui-ci était cependant d'avis que je possédais la qualité, très précieuse et rare, selon lui, de pouvoir inverser comme nul autre le cours des événements en montant sur la pelouse lors des ultimes péripéties d'une rencontre. Et, à l'analyse, c'est vrai que j'ai plus d'une fois contribué à renverser complètement la vapeur après mon entrée au jeu, non seulement sous ses ordres mais aussi, cette saison. Je n'en veux pour preuve que mon but égalisateur au Lierse, dans les arrêts de jeu, alors que je me trouvais encore dans le dug-out à 20 minutes du terme de la partie. Ou encore mon goal à Lommel, à deux minutes de la fin, après que j'ai vécu en spectateur la première période. Ceci dit, ma troisième réalisation constitue évidemment le contre-exemple parfait puisque j'ai scoré contre Bruges après une bonne vingtaine de minutes à peine. Aurais-je été plus performant si j'étais resté sur la pelouse jusqu'au bout, ce soir-là, ou en d'autres circonstances? Franchement, je ne le sais pas. Je suis bien obligé de reconnaître que je ressens toujours une forte poussée d'adrénaline quand je m'échauffe le long de la ligne de touche et que le public scande mon nom sur l'air des lampions. A ce moment-là, j'ai les crocs. Sans jeu de mots, je pénètre alors sur la pelouse avec une faim de loup (il sourit).Montrer l'exempleC'est bel et bien ainsi, en tout cas, que je conçois ma mission aujourd'hui. Outre ma production personnelle, qui demeure malgré tout importante dans le chef d'un attaquant comme moi, je veux avoir également valeur exemplative. J'ai à coeur que les autres s'inspirent de mon attitude sur le terrain. Et, sans vouloir me pousser du col, je pense pouvoir dire qu'ils y sont réceptifs. A force d'encouragements, Alex Bryssinck, qui traversait un petit creux ces derniers temps, s'est complètement métamorphosé, au point que je me reconnais tout à fait en lui avec son tempérament accrocheur. Dans un même ordre d'idées, je crois avoir été utile aussi à Emmanuel Kenmogne. Le Camerounais, lui aussi, avait connu une petite période de flottement avec pour conséquence son statut de réserviste contre Beveren. Je lui ai dit qu'il devait veiller à être aussi déterminant que moi dès son introduction au jeu. Et le résultat ne s'est pas fait attendre puisque quelques minutes à peine après sa montée, il trouva l'ouverture avant de nous mettre complètement à l'abri à quelques secondes du coup de sifflet final. Cet état d'esprit, je ne suis pas le seul à l'insuffler. Tous les anciens, Domenico Olivieri, Thierry Siquet ou Georges Arts gratifient les jeunes de leurs précieux conseils. Et c'est justement parce que ceux-ci écoutent que nous n'avons jamais souffert d'un manque d'application au cours de nos divers matches. Au contraire, ce zèle-là nous a plus d'une fois permis de faire la différence.Avec une moyenne d'un but par match, aucun club n'a été aussi peu prolifique que La Louvière parmi les 13 premiers classés de l'élite. De quoi apporter de l'eau au moulin de ceux qui reprochent à son entraîneur, Ariel Jacobs, une méthode trop attentiste. Quel est votre point de vue à ce propos?15 joueurs ont été recrutés cet été. D'une campagne à l'autre, le coach s'est vu forcé de repartir quasiment de zéro. Dans ces conditions, il me paraît logique de privilégier de bonnes fondations. Or, avec un passif de neuf buts seulement, nous avons pour le moment la troisième meilleure défense du pays derrière Bruges et le Lierse. C'est une fameuse référence, en ce sens que nous avons quand même joué jusqu'ici contre cinq équipes classées parmi les six premiers: Bruges, le Lierse, St-Trond, Lokeren et Genk. Quant au GBA, on ne peut décemment, non plus, le considérer comme un sans-grade. Nous n'avons rencontré qu'à deux reprises un adversaire théoriquement à notre portée: Lommel et Beveren. Et, par deux fois, nous avons enlevé la totalité de l'enjeu. Les deux prochains matches nous opposeront à nouveau à des formations de la seconde moitié du tableau: Westerlo et Malines. Après une parenthèse contre le Standard et La Gantoise, nous aborderons une nouvelle séquence intéressante avec l'Antwerp, Mouscron et Charleroi avant de recevoir Anderlecht. A ce moment-là, je suis prêt à parier que nous serons installés dans le ventre mou de la D1 et qu'après avoir jeté les bases d'une assise solide, Ariel Jacobs mettra tout en oeuvre pour peaufiner la touche purement footballistique de l'équipe.Un naturel optimisteJ'ai toujours été d'un naturel optimiste, cette saison comme par le passé. Une fois seulement, ces dernières années, j'ai redouté le pire: au moment où nous avions été battus 0-2 par Harelbeke, il y a deux ans, et que nous nous retrouvions avec un maigre total de 9 points sur 63 après 21 journées. A présent, nous avons déjà atteint ce chiffre après huit journées à peine. Dans ces conditions, je ne vois vraiment pas pourquoi il faudrait se faire du souci. J'en suis certain: la lutte pour le maintien ne nous concernera absolument pas cette saison.Vous en êtes à votre dixième campagne à La Louvière, où vous avez tout connu: la D3, la montée en D2 en 1994 et l'accession parmi l'élite en 2000. A quoi peut encore bien aspirer un vieux Loup comme vous?Je me souviens qu'à mon arrivée au club, en 1991, j'avais déjà été confronté à cette interrogation. Et certains avaient crié au fou en m'entendant déclarer, à l'époque, que mon voeu le plus cher consistait à rejoindre un jour la D1 avec La Louvière. Pourtant, ces faits se sont bel et bien vérifiés en l'an 2000. Aujourd'hui, je caresse encore deux rêves, mais je ne sais trop si je les vivrai encore comme joueur, dans la mesure où il ne me reste plus qu'un an de contrat après cette saison. Le premier, c'est d'être tout simplement européen avec les Loups. Il s'agirait là, pour moi, d'une formidable apothéose de ma carrière, je ne le cache pas. Le deuxième, c'est de jouer dans un stade du Tivoli new look. J'y crois, car d'après ce que j'ai pu comprendre, la première phase des travaux de modernisation va être entreprise en mars prochain. Personnellement, je suis convaincu que si les Loups pouvaient évoluer dans une enceinte vraiment conçue pour le football, ils deviendraient des giant-killers. Un peu à l'image du GBA aujourd'hui, dont le stade olympique, suite à la suppression de sa piste d'athlétisme - comparable à la nôtre- et au rapprochement des tribunes par rapport à l'aire de jeu, est devenu un bastion inexpugnable. Le jour où il en sera ainsi au Tivoli, les Loups feront peur à tout le monde, sans exception, c'est sûr. Bruno Govers"Mes concurrents ont dix ans de moins que moi""Je rêve d'évoluer dans un Tivoli new look"