"Au départ, j'étais réticent à l'idée de rejoindre le RWDM", se souvient-il. "Avec un seul et maigre petit point en l'espace des cinq premières rencontres, l'avenir de ce nouveau venu en D1 ne me disait rien qui vaille. Mais Gert Doumen, qui avait été mon coéquipier au stade du Phénix, m'incita à effectuer ce pas, convaincu que Molenbeek finirait par redresser la barre. Je l'ai écouté et je ne m'en repens nullement aujourd'hui".
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"Au départ, j'étais réticent à l'idée de rejoindre le RWDM", se souvient-il. "Avec un seul et maigre petit point en l'espace des cinq premières rencontres, l'avenir de ce nouveau venu en D1 ne me disait rien qui vaille. Mais Gert Doumen, qui avait été mon coéquipier au stade du Phénix, m'incita à effectuer ce pas, convaincu que Molenbeek finirait par redresser la barre. Je l'ai écouté et je ne m'en repens nullement aujourd'hui". Véritable bon à tout faire au Limbourg, où il fut utilisé tour à tour comme avant, soutien d'attaque, flanc droit et même arrière latéral, à l'époque où les Bleu et Blanc étaient drivés par Aimé Anthuenis, Mike Okoth Origi ne faisait subitement plus figure d'incontournable, cette saison, après que Sef Vergoossen eut repris en mains les rênes du Racing Genk. Or, à 34 ans, le goal-getter africain s'estimait encore trop utile pour prendre sagement place sur le banc: "Je n'en veux nullement au coach hollandais. Dès son arrivée, il m'a fait comprendre que ses priorités allaient au tandem composé de Moumouni Dagano et Wesley Sonck en pointe et que, dans son système de jeu, il n'y avait pas de place pour un élément axial offensif, comme à l'époque où Thordur Gudjonsson et moi-même nous nous relayions. Dans la mesure où Thomas Chatelle et Kevin Vanbeuren constituent le futur sur le flanc compte tenu de leur jeune âge, il a bien fallu que je me range au point de vue du coach". PivotA Molenbeek, Mike Okoth Origi s'est d'emblée glissé dans le rôle qui, selon ses propres dires, lui convient le mieux: celui d'attaquant en retrait. A Genk, il avait jadis joué ses meilleurs matches dans cette attribution, en soutien de la redoutable paire formée de Souleymane Oulare et de Branko Strupar. Une position en embuscade qui lui avait permis de faire mouche à 20 reprises en trois campagnes. Aujourd'hui, le Kényan, qui a toujours gardé son coup de patte décisif, s'est mué également en pourvoyeur attitré de celui ou de ceux qui meublent la division offensive: Alexandre Kolotilko, Ivica Jarakovic ou Ricardo Magro. "Je me sens à nouveau utile et performant et c'est là l'essentiel à mes yeux", dit-il. "Depuis la reprise en main de l'effectif par EmilioFerrera, j'ai l'impression d'être revenu plusieurs années en arrière, au moment où j'occupais un rôle-clé dans l'acheminement des ballons vers l'avant. Comme au Racing Genk, je joue souvent en déviations, de la tête, sur les longs services à suivre. Et lorsqu'on m'alerte dans les pieds, je peux donner libre cours à mes sensations comme pivot. Je suis taillé sur mesure pour cela et c'est pourquoi je n'ai pas encore regretté un seul instant le choix que j'ai effectué". Si, d'un point de vue footballistique, Mike Okoth Origi se sent comme un poisson dans l'eau chez les rouge-blanc-noir, il n'en déplore pas moins les soubresauts extra-sportifs qui ont déjà plus d'une fois émaillé le quotidien du club cette saison. Et qui l'ont forcé au même titre que ses partenaires, à observer à deux reprises un mouvement de grève. Un vent de fronde qu'il avait déjà connu, par le passé, au RC Harelbeke."Un club sympathique et familial, à l'image du RWDM", souligne-t-il. "Hélas, les problèmes d'argent auront été à la bse de sa culbute en D2, tout en hypothéquant sérieusement son devenir à présent. J'ose espérer que Molenbeek ne suivra pas le même chemin. Mais j'ai quand même des craintes concernant les semaines et mois à venir. Il me reste un an de contrat ici et je ne cache pas que j'aspire à une certaine stabilité. Et quand j'entends qu'outre Alex Kolotilko et Ibrahim Kargbo, même l'entraîneur est en partance, je me fais quand même du souci. Tout cela ne présage rien de bon. Je me console en me disant que ce que j'ai eu, on ne me l'enlèvera plus". "Je suis un privilégié"Au crépuscule de sa carrière, Mike Okoth Origi n'est pas peu fier du chemin qu'il a accompli. Contrairement à la plupart des autres nations africaines, le Kenya n'a pas de véritable tradition en football. La preuve: quatre footballeurs seulement ont le statut de pro et évoluent régulièrement à un niveau plus haut niveau que celui de leur pays. Hormis notre homme, il y a Evans Valdo Nyabaro au IK Start, en Norvège, Samuel Omollo à Mohun Bagan, en Indonésie et Musa Otieno à Santos, en Afrique du Sud. "J'ai conscience d'être un privilégié, en ce sens que je suis le seul Kényan à avoir un véritable palmarès", souligne celui qui remporta la coupe avec le Racing Genk en 1998 et le titre de champion la saison suivante. "Mon seul regret, c'est de ne pas avoir accédé avec ce club en Ligue des Champions. Aujourd'hui encore, cette élimination contre le Teatanic Maribor me reste en travers de la gorge. En deux matches, nous avions perdu le fruit du labeur d'une année. C'était réellement du gâchis".Avec la sélection représentative kényane, il est habitué à faire de la figuration tant au niveau de la CAN que de la Coupe du Monde: "L'année passée, en préqualifications pour l'épreuve asiatique, nous avons été battus par le Malawi, c'est tout dire. Et en éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations 2002, nous avions dû logiquement nous incliner devant les deux favoris du groupe, le Maroc et la Tunisie. Même si nous n'avions pas démérité face aux Aigles de Carthage: 0-0 à Nairobi et 1-0 à Tunis. Vu l'opposition, je serais surpris que les Diables Rouges ne remportent pas un succès éclatant face aux Tunisiens au Japon".Bruno Govers,"La Belgique doit battre pas la Tunisie"