Suite à son 1-3 au Bayern, il ne fait désormais plus de doute que Dortmund succédera à l'équipe bavaroise au palmarès de la Bundesliga. Indépendamment des Munichois, relégués à 16 unités des Jaune et Noir après cette défaite, on ne voit pas comment leurs plus proches poursuivants, le Bayer Leverkusen et Hanovre 96, pourraient résorber un retard à peine moins abyssal sur les leaders du championnat. Outre-Rhin, bien peu s'attendaient, au départ de cette campagne, à pareil parcours de la part des troupes du coach Jürgen Klopp. Certes, l'équipe avait suivi une courbe ascendante ces dernières années, passant de la 13e place en 2007-2008 à la 6e au printemps suivant, avant de grimper encore d'un échelon en fin d'exercice passé. Mais vu la jeunesse de l'effectif (avec une moyenne d'âge de 24 ans à peine) la plupart des observateurs s'attendaient plutôt à une rentrée dans le rang. Fâcheuse erreur car les pensionnaires du Signal-Iduna Park ont d'emblée tenu la dragée haute aux meilleurs. Et, parmi le blé...

Suite à son 1-3 au Bayern, il ne fait désormais plus de doute que Dortmund succédera à l'équipe bavaroise au palmarès de la Bundesliga. Indépendamment des Munichois, relégués à 16 unités des Jaune et Noir après cette défaite, on ne voit pas comment leurs plus proches poursuivants, le Bayer Leverkusen et Hanovre 96, pourraient résorber un retard à peine moins abyssal sur les leaders du championnat. Outre-Rhin, bien peu s'attendaient, au départ de cette campagne, à pareil parcours de la part des troupes du coach Jürgen Klopp. Certes, l'équipe avait suivi une courbe ascendante ces dernières années, passant de la 13e place en 2007-2008 à la 6e au printemps suivant, avant de grimper encore d'un échelon en fin d'exercice passé. Mais vu la jeunesse de l'effectif (avec une moyenne d'âge de 24 ans à peine) la plupart des observateurs s'attendaient plutôt à une rentrée dans le rang. Fâcheuse erreur car les pensionnaires du Signal-Iduna Park ont d'emblée tenu la dragée haute aux meilleurs. Et, parmi le blé en herbe, un rookie a éclaboussé les terrains de son talent : le médian offensif Mario Götze (18 ans, 1m73 pour 67 kg). " C'est la révélation de l'année, au même titre que Thomas Müller en 2010 ou Mesut Özil un an plus tôt ", observe notre collègue Manfred Münchrath de l'hebdomadaire sportif Der Kicker. " A cette nuance près que, pour moi, Götze est promis à un avenir encore plus prometteur que les deux autres. C'est peut-être osé vu que ce duo a déjà rang de valeur sûre au sein de la Mannschaft, mais je n'ai jamais vu un teenager aussi fort chez nous depuis l'entame du millénaire. J'ai eu la chance d'assister à ses premières évolutions en équipe-fanion fin 2009. Ce jour-là, face à Mainz, il était parvenu à montrer davantage en l'espace de quelques minutes seulement que le titulaire, Jakub Blaszczykowski. Par après, chaque fois qu'il a été amené à relayer le Polonais, la différence sautait aux yeux. Dès lors, il était écrit quelque part que le passage de témoin ne tarderait pas, malgré un compteur affichant une demi-douzaine d'années d'expérience en plus en faveur de l'ancien joueur du Wisla Cracovie. Bizarrement, cette différence ne s'est à aucun moment vérifiée dans les faits tout au long de la saison. Au contraire, vu l'aisance du gamin, on avait plutôt l'impression qu'il jouait là depuis toujours. " Spectateur attentif, à l' Allianz Arena, du match entre le champion sortant et son successeur plus que probable, Mattias Sammer, DT des équipes représentatives allemandes et ancien coach des Borussen entre 2000 et 2004 ne tarit pas d'éloges non plus sur le joueur. " Ce qui m'épate surtout, chez lui, c'est sa constance ", dit-il. " Il était déjà régulier en équipes de jeunes à Dortmund et il l'est resté au plus haut niveau. Cette uniformité explique pourquoi il a toujours assumé le rôle de capitaine dans les diverses sélections d'âge par lesquelles il a transité, des U15 aux U21. Je n'exclus pas qu'il devienne un jour le plus jeune leader de la Mannschaft. Son entrée en matière lors des joutes amicales face à la Suède d'abord, fin 2010, et récemment contre l'Italie, en appelle immanquablement d'autres. C'est un garçon qui a tout pour réussir : une technique au-dessus de la moyenne, une précision de métronome et un feeling de tous les instants ". " Le 4-2-3-1 en vigueur au Borussia est également taillé sur mesure pour lui ", observe Tamas Hajnal, actif à Dortmund depuis 2008 après avoir porté entre 2004 et 2006 les couleurs de Saint-Trond. " Les deux récupérateurs Nuri Sahin et Sven Bender permettent au trio formé de Kevin Grosskreutz, Robert Lewandowski et Götze de seconder efficacement notre attaquant le plus avancé, Lucas Barrios. Les hommes de couloir occupent des postes-clés car ils fournissent un travail inlassable entre les lignes. Les statistiques prouvent que Grosskreutz est le plus remuant avec 13,6 kilomètres parcourus par match. Mais Götze est à peine moins performant avec ses 12,5 km. Un ancien, comme moi, se dit parfois qu'il devrait apprendre à doser ses efforts, en raison de sa verdeur mais il est le contre-exemple parfait, car plus la saison avance, plus il est fringant. " Avec cinq joueurs du Borussia dans le noyau A, jeunes de surcroît ( Marcel Schmelzer a 23 ans, Grosskreutz 22, Mats Hummels et Bender 21 et Götze 18), la Mannschaft peut résolument voir venir. Mais en ira-t-il de même pour le Borussia ? Münchrath ne se veut pas aussi affirmatif. " L'avantage du club, c'est d'avoir fixé tous ces joueurs pour quelques années encore, puisque les contrats viennent à expiration entre 2013 pour les plus âgés et 2016 pour les plus jeunes ", explique-t-il. Götze est une exception car il est lié jusqu'en 2014. En dépit de son statut d'étoile naissante, il est déjà fort courtisé. Le Real Madrid, satisfait d'Özil, est sur les rangs. Manchester Unitd aussi. Les Red Devils ont fait une offre de 12 millions d'euros qui a été refusée lors du récent mercato. Mais quand ils ont une idée en tête, ils savent se montrer persévérants et convaincants. Aussi ai-je bien peur que les mois de Götze sont comptés au Borussia. " PAR BRUNO GOVERS - PHOTO: PROSHOTS C'est la révélation de l'année, au même titre que Thomas Müller en 2010 et Mesut Özil en 2009