À l'arrivée sur le parking, Xavier sifflote de bonne humeur. Il fait beau, c'est jeudi et il sait que l'entraînement du lendemain est remplacé par un team building au Karting des Fagnes voisin. À l'approche des vestiaires, la sérénité du joueur offensif se ramasse un petit coup droit. " C'est quoi tous ces plots ? ", s'effraie-t-il les yeux rivés sur la horde d'accessoires colorés qui parsèment son terrain de jeu. La réponse ne tarde pas à tomber de la bouche de son entraîneur. " Aujourd'hui, c'est entraînement finition ", explique Olivier Defresne.

© EMILIEN HOFMAN

Porte-plots en main, le jeune quinqua affiche le même regard noir mais rassurant que le sélectionneur national Roberto Martinez. " Pour le moment, c'est à chaque fois devant le but que l'on pèche avant d'être puni derrière. Pendant que mes attaquants s'essaieront à la frappe, mon assistant travaillera les duels avec les défenseurs à travers une forme de match. " Couvin-Mariembourg vient de débuter sa deuxième saison en Division 2 amateurs. Ça serait dommage de la gâcher à cause d'une panne offensive.

Proximité française

Dans la buvette qui surplombe la tribune, la télévision diffuse un vieil épisode mal doublé de la série Les Experts : Miami. Personnage bien bâti, Michel est en pleine réorganisation de son bar. " On a reçu deux nouveaux frigos - bien assez grands pour contenir plusieurs bacs - donc je réfléchis à la meilleure disposition possible. En match, je reste quoi qu'il se passe à la pompe et ceux qui m'aident sont chacun d'un côté, c'est plus facile. "

Michel a connu Olivier Defresne lorsqu'ils évoluaient chez les jeunes du Sporting Charleroi. Aujourd'hui, son fils joue en U17 à Couvin-Mariembourg et Michel ouvre un maximum la buvette pour faire savoir aux supporters qu'ils sont les bienvenus en semaine lors des entraînements. " Je tenais un bar dans le temps et ça me manquait ", justifie-t-il. " J'ai un bon contact avec les gens, malgré ma carrure de grand et gros bonhomme ( il sourit). "

Sur le terrain, les joueurs font ressentir leur amour pour le ballon dès l'échauffement. Le T2 Jean Ferreira doit du coup régulièrement ordonner que le cuir reste au sol. " Je n'oserais pas dire mon âge ", lance-t-il avant d'enchaîner dans la même seconde. " Soixante-et-onze. " Originaire de Prix-lès-Mézières, dans les Ardennes françaises, Jean est le nouvel adjoint du club.

" C'est l'occasion pour moi d'occuper mon quotidien de retraité. Et puis je retrouve un peu le même niveau que ce que j'ai connu à Prix, qui évolue en CFA. " C'est notamment à son initiative que plusieurs joueurs français font désormais partie de l'effectif fagnard. " La majorité de nos gars vivent dans un périmètre d'une vingtaine de kilomètres, que ce soit en Belgique ou en France. " Une proximité que le comité s'est juré de respecter après son expérience de la saison dernière où, dans l'urgence, le club avait transféré des joueurs habitant loin du Stade du Roi Soleil. " Se taper Couvin en plein hiver après le boulot quand on habite La Louvière ou Bruxelles, c'est de la folie ", juge Olivier Defresne. " Cet été, on a voulu travailler beaucoup plus local. Du coup, il y a une grosse présence à l'entraînement et plus aucun problème de retard. "

Ce qui devait être une séance de karting s'est mué en exercices spécifiques pour les attaquants et les défenseurs lors de notre visite à Couvin-Mariembourg, le tout sus le regard avisé d'Olivier Defresne, le T1., EMILIEN HOFMAN
Ce qui devait être une séance de karting s'est mué en exercices spécifiques pour les attaquants et les défenseurs lors de notre visite à Couvin-Mariembourg, le tout sus le regard avisé d'Olivier Defresne, le T1. © EMILIEN HOFMAN

Meilleur namurois ?

La séance se déroule dans une ambiance bon enfant : pendant une petite demi-heure, les défenseurs travaillent leur physique et les attaquants se mettent en confiance en enchaînant les frappes. Un fameux marathon pour le gardien, Vincent Eugène, tatouage sur le mollet, qui résiste avec bravoure à ce déferlement de ballons. Couvin-Mariembourg dispute sa septième saison consécutive à l'échelon national. Une performance que les Fagnards avaient déjà réalisée au début du XXe siècle... avec le même Olivier Defresne aux commandes. Aujourd'hui, le club veut se stabiliser en D2 amateurs et pourquoi pas devenir le premier cercle namurois. " Ça ne me trotte pas encore dans la tête ", tempère le coach. " D'abord le maintien ! " Un discours que ne renierait pas Guy Roux.

Ce qui devait être une séance de karting s'est mué en exercices spécifiques pour les attaquants et les défenseurs lors de notre visite à Couvin-Mariembourg, le tout sus le regard avisé d'Olivier Defresne, le T1., EMILIEN HOFMAN
Ce qui devait être une séance de karting s'est mué en exercices spécifiques pour les attaquants et les défenseurs lors de notre visite à Couvin-Mariembourg, le tout sus le regard avisé d'Olivier Defresne, le T1. © EMILIEN HOFMAN
Dans la buvette, Michel, lui, s'occupe de la mise au(x) verre(s) dans un club qui veut être le meilleur de sa province en D2 amateurs., EMILIEN HOFMAN
Dans la buvette, Michel, lui, s'occupe de la mise au(x) verre(s) dans un club qui veut être le meilleur de sa province en D2 amateurs. © EMILIEN HOFMAN
© EMILIEN HOFMAN
© EMILIEN HOFMAN
À l'arrivée sur le parking, Xavier sifflote de bonne humeur. Il fait beau, c'est jeudi et il sait que l'entraînement du lendemain est remplacé par un team building au Karting des Fagnes voisin. À l'approche des vestiaires, la sérénité du joueur offensif se ramasse un petit coup droit. " C'est quoi tous ces plots ? ", s'effraie-t-il les yeux rivés sur la horde d'accessoires colorés qui parsèment son terrain de jeu. La réponse ne tarde pas à tomber de la bouche de son entraîneur. " Aujourd'hui, c'est entraînement finition ", explique Olivier Defresne. Porte-plots en main, le jeune quinqua affiche le même regard noir mais rassurant que le sélectionneur national Roberto Martinez. " Pour le moment, c'est à chaque fois devant le but que l'on pèche avant d'être puni derrière. Pendant que mes attaquants s'essaieront à la frappe, mon assistant travaillera les duels avec les défenseurs à travers une forme de match. " Couvin-Mariembourg vient de débuter sa deuxième saison en Division 2 amateurs. Ça serait dommage de la gâcher à cause d'une panne offensive. Dans la buvette qui surplombe la tribune, la télévision diffuse un vieil épisode mal doublé de la série Les Experts : Miami. Personnage bien bâti, Michel est en pleine réorganisation de son bar. " On a reçu deux nouveaux frigos - bien assez grands pour contenir plusieurs bacs - donc je réfléchis à la meilleure disposition possible. En match, je reste quoi qu'il se passe à la pompe et ceux qui m'aident sont chacun d'un côté, c'est plus facile. " Michel a connu Olivier Defresne lorsqu'ils évoluaient chez les jeunes du Sporting Charleroi. Aujourd'hui, son fils joue en U17 à Couvin-Mariembourg et Michel ouvre un maximum la buvette pour faire savoir aux supporters qu'ils sont les bienvenus en semaine lors des entraînements. " Je tenais un bar dans le temps et ça me manquait ", justifie-t-il. " J'ai un bon contact avec les gens, malgré ma carrure de grand et gros bonhomme ( il sourit). " Sur le terrain, les joueurs font ressentir leur amour pour le ballon dès l'échauffement. Le T2 Jean Ferreira doit du coup régulièrement ordonner que le cuir reste au sol. " Je n'oserais pas dire mon âge ", lance-t-il avant d'enchaîner dans la même seconde. " Soixante-et-onze. " Originaire de Prix-lès-Mézières, dans les Ardennes françaises, Jean est le nouvel adjoint du club. " C'est l'occasion pour moi d'occuper mon quotidien de retraité. Et puis je retrouve un peu le même niveau que ce que j'ai connu à Prix, qui évolue en CFA. " C'est notamment à son initiative que plusieurs joueurs français font désormais partie de l'effectif fagnard. " La majorité de nos gars vivent dans un périmètre d'une vingtaine de kilomètres, que ce soit en Belgique ou en France. " Une proximité que le comité s'est juré de respecter après son expérience de la saison dernière où, dans l'urgence, le club avait transféré des joueurs habitant loin du Stade du Roi Soleil. " Se taper Couvin en plein hiver après le boulot quand on habite La Louvière ou Bruxelles, c'est de la folie ", juge Olivier Defresne. " Cet été, on a voulu travailler beaucoup plus local. Du coup, il y a une grosse présence à l'entraînement et plus aucun problème de retard. " La séance se déroule dans une ambiance bon enfant : pendant une petite demi-heure, les défenseurs travaillent leur physique et les attaquants se mettent en confiance en enchaînant les frappes. Un fameux marathon pour le gardien, Vincent Eugène, tatouage sur le mollet, qui résiste avec bravoure à ce déferlement de ballons. Couvin-Mariembourg dispute sa septième saison consécutive à l'échelon national. Une performance que les Fagnards avaient déjà réalisée au début du XXe siècle... avec le même Olivier Defresne aux commandes. Aujourd'hui, le club veut se stabiliser en D2 amateurs et pourquoi pas devenir le premier cercle namurois. " Ça ne me trotte pas encore dans la tête ", tempère le coach. " D'abord le maintien ! " Un discours que ne renierait pas Guy Roux.