Au moment où la Chine se prépare à disputer son premier mondial, paradoxalement, c'est de football féminin dont on parle le plus au pied de la Grande Muraille. Ainsi l'objectif de l'entraîneur, Bora Milutinovic, et bien entendu des joueurs, comme le capitaine Fan Zhiyi, est de devenir aussi populaires que Sun Wen. Quinze millions de femmes pratiquent le football en Chine et son niveau, ...

Au moment où la Chine se prépare à disputer son premier mondial, paradoxalement, c'est de football féminin dont on parle le plus au pied de la Grande Muraille. Ainsi l'objectif de l'entraîneur, Bora Milutinovic, et bien entendu des joueurs, comme le capitaine Fan Zhiyi, est de devenir aussi populaires que Sun Wen. Quinze millions de femmes pratiquent le football en Chine et son niveau, si l'on se réfère à l'élite mondiale, est supérieur à celui des hommes. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que les responsables féminins expliquent que ce sont elles qui ont ouvert la voie aux hommes. Ce qui, selon elles, n'est pas impensable dans une société à tradition communiste où le rôle de la femme a toujours été considéré comme aussi important que celui de l'homme. A Pasadena, en 1999, la Chine a été battue aux tirs au but en finale de la Coupe du Monde par les Etats-Unis. Mais la vedette de cette rencontre fut Sun Wen, meilleure réalisatrice et meilleure joueuse de la compétition. Cette jeune femme de 28 ans a même été primée par la FIFA qui l'a désignée Meilleure Joueuse du Siècle via un sondage Internet qui, chez les hommes, avait vu la désignation de Diego Maradona. Depuis lors, Sun Wen a immigré aux Etats-Unis où elle rentabilise son talent sous les couleurs d'Atlanta Beat. Menue, cette jeune fille de Shangai est licenciée en lettres et jouit dans son pays de la même popularité qu'un Zinedine Zidane. Elle écrit des poésies, joue de plusieurs instruments, tourne de nombreux spots publicitaires, chante au karaoke et présente des talk-shows à la télévision. La Chine, qui organisera la Coupe du Monde 2003, possède un championnat féminin identique au masculin avec deux divisions de douze équipes. La plus grande partie de ces sportives sont employées par les clubs eux-mêmes ou les sociétés qui les sponsorisent, les autres sont universitaires. Les rencontres ont lieu dans les mêmes installations que celles des hommes et l'assistance moyenne à Pékin est de 5.000 spectateurs. Quant à la presse, elle n'a pas hésité à se servir des succès de ces dames pour illustrer la puissance du pays et à présenter la Chine comme une grande puissance mondiale du football. Une campagne qui aura certainement marqué l'équipe masculine.