COACH - Ottmar Hitzfeld

Notamment parce que nous sommes parvenus à intégrer dans l'équipe les immigrés, qui représentent 20 % de la population. Sans ces footballeurs immigrés, qui forment environ la moitié de l'équipe, la Suisse n'aurait pas de formation représentative. Pour moi, le respect des autres est l'essentiel. Nul n'est plus important que l'équipe. Gokhan Inler, qui est né en Turquie, est mon capitaine depuis 2010, notamment parce qu'il a veillé à ce que les étrangers puissent s'intégrer.
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Notamment parce que nous sommes parvenus à intégrer dans l'équipe les immigrés, qui représentent 20 % de la population. Sans ces footballeurs immigrés, qui forment environ la moitié de l'équipe, la Suisse n'aurait pas de formation représentative. Pour moi, le respect des autres est l'essentiel. Nul n'est plus important que l'équipe. Gokhan Inler, qui est né en Turquie, est mon capitaine depuis 2010, notamment parce qu'il a veillé à ce que les étrangers puissent s'intégrer. Le principal problème est que les jeunes partent trop tôt à l'étranger. Ils s'y retrouvent sur le banc, ce qui freine leur progression. L'étape logique pour un footballeur suisse est d'émerger en Super League, de devenir international puis seulement de partir à l'étranger. Nous avons tenté de les en convaincre mais quand vous avez la possibilité de gagner cinq ou dix fois plus, la tentation est vraiment très forte. La FIFA devrait modifier son règlement, qui stipule que les jeunes peuvent choisir leur pays tant qu'ils n'ont pas joué en équipe nationale. Il me semble plus logique d'instaurer une limite d'âge, 18 ans par exemple, et d'obliger les joueurs qui ont été formés ici pendant des années ou qui ont évolué avec nos équipes d'âge d'opter pour la Suisse. J'ai 65 ans, j'ai été sélectionneur de la Suisse pendant six ans, ce qui est long. L'histoire a été belle. Pendant 45 ans, j'ai joué et entraîné. Maintenant, je veux mener une vie dénuée de pression. Le monde du football porte une lourde responsabilité car on peut transmettre respect et fair-play par l'intermédiaire du jeu. Le football n'a guère changé mais l'argent joue un rôle de plus en plus important. Après la Coupe du Monde, qui constitue un grand moment pour tout entraîneur, je tirerai ma révérence. En espérant avoir atteint le deuxième tour.Bon à savoirXherdan Shaqiri dispute son deuxième Mondial au Brésil. Il a joué douze minutes en Afrique du Sud, dans le dernier match de poule, contre le Honduras. Il est né en 1991 au Kosovo mais sa famille a fui en Suisse un an plus tard. Il a grandi dans une famille de quatre enfants, très pauvre. Parfois, la famille n'avait pas de quoi se chauffer. Il admirait Ronaldo (le Brésilien) et a imité sa coiffure pendant la Coupe du Monde 2002. Il a toujours été supporter du FC Barcelone, le meilleur club du monde et l'exemple à suivre, selon lui. Il retourne au Kosovo au moins deux fois par an et s'estime toujours Kosovar à 50 %. Il a la double nationalité. Il a remporté le triplé avec le Bayern la saison passée : titre, Coupe et Ligue des Champions. Il est musulman et prie toujours avant un match. Il a plusieurs surnoms : le Nain magicien et le Messi des Alpes. Son favori, c'est XS : ses initiales mais aussi une référence à sa petite taille (1m69). Il est un grand fan de Jean-Claude Van Damme, son acteur favori avec Leonardo Di Caprio. " Sans ses immigrés, la Suisse n'aurait pas d'équipe. "