COACH Vladimir Petkovic (BIH)

Depuis que vous avez relayé Ottmar Hitzfeld en 2014, la Suisse a grimpé à la sixième place du classement FIFA. Comment avez-vous fait ?
...

Depuis que vous avez relayé Ottmar Hitzfeld en 2014, la Suisse a grimpé à la sixième place du classement FIFA. Comment avez-vous fait ? VLADIMIR PETKOVIC : La recette est simple et sans secret : nous nous sommes concentrés sur le match suivant, en gardant les pieds sur terre. Nous n'avons jamais brûlé les étapes, sachant que le prochain adversaire était le plus difficile. Naturellement, nous profitons d'une bonne levée, d'un mix parfait de talent individuel et d'expérience. Nous avons entamé chaque joute avec la volonté de la dominer. L'animation, l'improvisation et un football par moments remarquables sont votre marque de fabrique. Est-ce dû à vos origines yougoslaves ? PETKOVIC : J'essaie d'adapter un système du passé au présent. Ma devise est : travailler dur aujourd'hui pour être meilleur demain. Mon équipe l'a bien comprise. Que pensez-vous du tirage ? PETKOVIC : Rencontrer d'emblée le Brésil n'est pas plus mal. Il n'est pas seulement le favori de notre groupe mais aussi un des principaux à la victoire finale. C'est toujours un adversaire difficile, que nous pourrons bannir de nos pensées après ce premier match. Nous aurons encore à jouer contre la Serbie et le Costa Rica, qui ne sont pas faciles. Certains joueurs sont-ils blessés ou en méforme ? PETKOVIC : J'ai rencontré beaucoup d'internationaux et je leur ai parlé, ainsi qu'à leur entraîneur et à leur directeur sportif. Je sais ce qu'ils ont vécu. Blessures, méformes, ambitions de titre ou soucis de maintien : j'ai dû tenir compte de tout ça. J'ai retrouvé les joueurs en mars, après un break de quatre mois. Ils devaient encore beaucoup travailler pour leur club mais ils ont repris le fil tout de suite et une fois dans la dernière ligne droite avant la Coupe du Monde, ils n'avaient plus de soucis dans leur club et ont baigné dans une autre ambiance. Que pensez-vous de l'introduction du VAR au Mondial ? PETKOVIC : Je suis partisan des outils techniques qui peuvent aider l'arbitre et ses assistants car il devient de plus en plus difficile, voire impossible, de prendre la bonne décision en une fraction de seconde. Encore faut-il utiliser le VAR intelligemment. Outre le Brésil, qui sont les favoris ? PETKOVIC : Les mêmes noms reviennent à chaque tournoi mais il est difficile d'effectuer un bon pronostic. À ce niveau, tout se joue sur des détails. Une question hypothétique pour terminer. Que préférez-vous : développer un beau football et être éliminé en quarts de finale ou aller plus loin en jouant moins bien ? PETKOVIC : Je ne connais aucun entraîneur qui signerait pour une défaite ou une élimination précoce. Donc, moi non plus. Nous entamons chaque rencontre avec la volonté de la remporter. Journaliste au Berner Zeitung " Les Suisses sont retombés de haut, du jour au lendemain ! On jouait notre dernier match éliminatoire au Portugal et on avait tout gagné jusque-là. On avait commencé en battant les Portugais chez nous, quelques semaines après leur victoire à l'EURO. Ce soir-là, ils s'alignaient sans Cristiano Ronaldo, mais quand même, c'était un exploit. Tout au long de ces éliminatoires, on a cru qu'il ne pourrait rien nous arriver. Jusqu'au déplacement au Portugal, où toute l'équipe est passée à côté de son sujet. On a fini à la deuxième place, à la différence de buts, et si on est passés en barrages contre l'Irlande du Nord, on sait qu'on le doit à un penalty généreux. Maintenant, on ne sait pas trop ce qu'on peut attendre en Russie. On commencera contre le Brésil. On s'accroche à l'espoir que les favoris ont régulièrement du mal à entrer dans le tournoi. Ce sera peut-être notre chance. Le but est d'aller au deuxième tour, en sachant que la Serbie a aussi des arguments. Si on passe, la logique voudrait qu'on affronte l'Allemagne en huitièmes... Les internationaux suisses sont dans les meilleurs championnats, il y en a un paquet en Allemagne et en Italie, mais pour nous, tout dépend toujours de la forme de deux joueurs : Granit Xhaka et XherdanShaqiri. S'ils ne sont pas au top, ça devient compliqué, quel que soit l'adversaire. " À 26 ans, ce médian central est encore un bleu dans la sélection suisse. Il a disputé son premier match international en mars de l'année dernière. Et jusqu'ici, il n'a encore joué qu'un seul match officiel dans sa totalité. Mais on considère dans son pays qu'il peut être la rising star, notamment parce qu'il sort d'une saison pleine en Serie A avec Bergame. Il est en Italie depuis deux ans et il s'y est adapté à la vitesse de l'éclair. Après trois mois là-bas, il étonnait en accordant une première interview en italien. C'est un marathonien organisateur : il court en moyenne une douzaine de kilomètres par match et son coach l'a qualifié de " superbe chef d'orchestre. " À part ça, il est surnommé Iceman parce qu'il reste calme en toutes circonstances, il a imposé sa house music dans le vestiaire de l'Atalanta et il avale régulièrement des portions XXL de polenta. Remo Freuler jubile en repensant à ceux qui n'ont pas cru en lui : sa première expérience dans un grand club, Grasshopper, avait été un petit fiasco et il avait été remballé dans son club formateur. Fin mars, la Suisse a atomisé le Panama, adversaire des Belges au premier tour, sur ce score de tennis. C'était 3-0 après 33 minutes, 4-0 à la mi-temps. " C'est la décision de la tête, pas celle du coeur " : c'est par cette formule que l'attaquant suisse de Wolfsburg, Admir Mehmedi, a justifié son forfait pour la Coupe du Monde. L'avant aux 58 matches internationaux est insuffisamment rétabli d'une blessure au pied. En barrages, ils ont vaincu l'Irlande du Nord. Dans ces deux matches, un seul but a été marqué... sur un penalty fort contesté. En qualifications, les Suisses ont réalisé le parcours presque parfait : 27 points sur 30. Ils ont subi leur seule défaite contre le Portugal sur le score de 2-0. C'est leur différence de but moins favorable qui les a privés de la première place. La Suisse est versée dans le groupe du Brésil et veut croire à l'exploit : les Helvètes ont remporté le dernier match qu'ils ont disputé contre la Seleçao. C'était en 2013 et le seul but du match était un own-goal de Dani Alves.